Votre cheval n’est PAS votre psy

Dans ce dessin de Fanny Ruelle, le cheval s’exprime bien gentiment

Crédits : Fanny Ruelle.

 

Régulièrement, je vois de beaux montages kitschouilles sur Facebook, type : “qui a besoin d’un psy, quand on a un cheval ?“.

Je vous cache pas que ça me fait grincer des dents.

Vous avez du lire probablement une centaine de fois déjà que le cheval est le miroir de l’Homme. Lorsque vous vous regardez dans le miroir, et que vous vous trouvez un peu grassouillet, est-ce que cela fait de votre miroir votre coach sportif ? Non. Se regarder dans un miroir ne va pas faire miraculeusement disparaître des kilos en trop.

Si vous n’aimez pas ce que vous voyez sur votre cheval, c’est parce que votre reflet émotionnel laisse à désirer, tout simplement. Le cheval fait seulement miroir mental, pas psy. Il vous montre ce qui ne va pas, à vous de faire le reste du travail avec des pros formés pour ça.

Savez-vous que les psychologues (humains) sont formés pour accuser le coup de multiples patients, aux pathologies diverses, venant raconter leurs problèmes dans un mélange d’émotions souvent accablantes ? Nous avons tous de l’empathie en nous, à des degrés plus ou moins élevés. C’est un challenge émotionnel très délicat que d’arriver à faire preuve d’empathie – qui nous aide à comprendre l’autre, à conseiller, à communiquer, à aider -, sans se laisser envahir par les émotions négatives des autres.

Les chevaux, en plus d’être des créatures émotionnels par question de survie, devraient donc encaisser, sans filtre, notre propre incapacité à gérer notre émotionnel ?

Je milite pour que les propriétaires travaillent sur eux-mêmes, avant de travailler sur la psychologie de leurs chevaux. C’est exactement le même principe que pour le sport.

Est-ce cohérent d’imposer un entraînement physique au corps d’un autre, tandis que l’on n’a jamais vécu soi-même un entraînement physique ?

Est-ce cohérent de demander à son cheval d’avoir un meilleur self-control, plus de calme, de relaxation, tout en restant réactif, sans monter en pression non plus, sans avoir soi-même fait ce travail en profondeur ?

Cohérence :

  • après avoir suivi un entraînement physique de quelque nature possible (natation, fitness, running ou que sais-je, même à petit niveau et même si c’est occasionnel !), après avoir appris des choses sur la physiologie du corps, on peut se permettre de partager son expérience avec d’autres en offrant des conseils => dans notre cas, en guidant notre cheval.
  • après avoir beaucoup réfléchi sur nos réactions émotionnelles, sur notre façon d’interagir avec les autres dans diverses situations, après avoir travaillé sur soi (en lisant des bouquins, en méditant, en allant voir un psy), après avoir une compréhension bien plus définie de la gestion de notre propre mental et de notre propres émotions, on peut se permettre de partager son expérience avec d’autres en offrant des conseils => dans notre cas, en guidant notre cheval.

Incohérence :

  • sans jamais avoir fait suer notre corps de rêve, sans jamais avoir compris en pratique ce que signifie “proprioception”, sans jamais avoir exploré et dépassé les limites de notre corps… On veut quand même imposer un entraînement physique au corps d’un autre.
  • sans jamais avoir pris du recul sur nos réactions, nos interactions avec les autres, sans jamais avoir effectué de réelle remise en question, sans avoir analysé le paradigme qui anime nos comportements… On exige quand même de Caramel d’être un cheval parfaitement mature et serein en toute circonstances.

Avant de demander quoique ce soit à votre cheval, pensez avant tout à votre capacité à le guider et à le comprendre. Si vous vous sentez mal, n’imposez pas à votre cheval votre instabilité émotionnelle : faites une petite séance de méditation, un exercice d’affirmation ou de visualisation avant de vous rendre à l’écurie… Travaillez en amont sur votre mental.

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3 thoughts on “Votre cheval n’est PAS votre psy

  1. Bonjour,
    Je suis entièrement d’accord avec le fait que le cheval n’est pas un psy. Il permet juste de nous révéler nos incohérences et mettre en lumière parfois nos blocages, nos émotions conscientes ou inconscientes. L’accompagnement du coach ou psy à cet instant pour questionner de façon juste est nécessaire, la personne peut ainsi expérimenter un changement dans son corps physique , émotionnel et énergétique auprès du cheval en cherchant en elle même la ressource/solution nécessaire a la situation vécue en séance avec le cheval ( emotion refaisant surface, blocage face au cheval ..) , permettant ainsi l’action à mettre en oeuvre auprès du cheval, ou en 1er lieu la prise de conscience permettant une action par la suite. Le coach ou psy sera là pour assurer un cadre sécuritaire pour son client et le cheval et pour le questionner sur comment il lui est possible de transposer dans sa vie quotidienne ce qu’il a pu se passer en séance auprès du cheval.
    Dans le travail de développement personnel guidé par le cheval, il s’agit bien de travailler sur soi. Et oui, comme vous le dites, pourquoi vouloir travailler sur son cheval sans travailler sur soi ? Comprendre les messages derrière nos émotions ( frustration, colère, impatience, déception, peur etc…). MERCI pour cet article ☄☄☘☘🌸🌸🌛🌛

  2. Pas faux, mais je nuancerais la chose. Mon cheval “sait m’écouter” (non pas qu’il écoute vraiment, il en a surement rien à foutre d’ailleurs) mais juste parce qu’il ne juge pas, il offre un un pouvoir cathartique très fort. Et moi, je trouve ça très bien. 🙂

    1. Bien sûr, je pense que c’est en grande partie pour ça que la plupart des gens se tournent vers le cheval. Seulement, il y a ceux qui parviennent à utiliser cela sans déteindre sur le cheval, et les autres 🙂

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