[VIDÉO] Vive le mors, vive le sans mors

Mettre un mors ? Retirer le mors ? Ce sujet est difficile à aborder de nos jours tant il a amené son lot de culpabilité et de stress pour beaucoup de cavaliers… Le mors a été mal compris, et le sans mors aussi. Cela fait très longtemps que j’ai envie d’aborder le sujet, car j’ai vite constaté que mors ET sans-mors ont un intérêt extraordinaire pour les chevaux si on comprend bien leur intérêt…

Voici donc une petite vidéo sur le sujet.

Mors ou sans mors ?

Je vais essayer d’être brève et rapide dans cette vidéo sur ce sujet hyper controversé, très à la mode ces dernières années, et on va essayer un petit peu de déconstruire quelques idées reçues sur le mors et sur le sans-mors, tout ça pour montrer qu’il faut parfois avoir un avis nuancé sur les choses, pour bien faire les choses avec son cheval.

Première chose que j’aimerai aborder : il n’y a pas aujourd’hui de réelles preuves scientifiques qui peuvent dire que le mors en lui-même est responsable dans la majorité des cas de douleurs, ou d’inconfort chez le cheval.

Les quelques études qui existent sur le sujet ne sont, à mon sens, absolument pas valables, et je ne suis pas la seule à dire ça. Franchement, ne vous laissez pas « gouroutiser » par des gens qui vont mettre des vidéos avec des images-chocs pour stimuler vos émotions, et pas votre cerveau rationnel.

Méfiez-vous de ça, méfiez-vous de ça, parce que sur le sans-mors, il y a eu tellement de choses de ce type-là qui viennent vous perturber, parce qu’on vous met dans l’émotion, on vous met dans la culpabilité.

Il y a eu également cette étude du Docteur Cook qu’on voit circuler beaucoup. Le Docteur Cook c’est qui ? C’est le créateur du « Bitless ». Donc ce monsieur a une société d’ennasures – déjà il y a un petit conflit d’intérêts ici.

Ensuite, ce que l’on peut voir de plus, c’est que dans ces études-là, il y a une multitude de facteurs qui ne sont pas pris en comptes. D’accord ?

On met le même mors et la même ennasure à tous les chevaux, ce qui déjà en soi est un non-sens, parce que d’un point de vue de l’ergonomie de l’équitation, du [bitfitting], la place du filet et de tout un tas d’autres facteurs, est énorme. Et on l’oublie complètement dans cette étude-là. Mettre la même ennasure à tous les chevaux, sans savoir si ça a été bien [fitté], ou pas, ça n’a pas forcement de sens.

Et ensuite, on ne dit rien sur le filet, qui en soi est extrêmement important dans tout ce qui est [bitfitting]. D’accords ? On ne parle pas de muserolle, on ne parle pas de têtières, on ne parle pas du tout de comment le cheval a été [fitté].

Mettre le même mors dans la bouche de tous les chevaux, c’est pareil, ça n’a aucun sens. Parce que chaque cheval à une bouche complètement différente, et donc aura une réaction forcement différente, et surtout aura une mauvaise réaction si le mors est mal [fitté].

Ce qu’il faut bien se dire, c’est que le mors, c’est comme les selles, dans la plupart des cas aujourd’hui, c’est mal [fitté]. On est souvent face à des chevaux qui ont une selle qui n’est pas adaptée, on est souvent face à des chevaux qui ont un filet et un mors pas adaptés, plus encore aujourd’hui je pense, parce que n’est pas encore autant rentré dans les mœurs que le [Saddle Fitting].

Et que donc faire une étude où on ne sait rien de l’ergonomie du mors et du filet, ça n’a pas de sens. On ne peut pas faire des résultats basés là-dessus, surtout si en fait, finalement, la simple adaptation du filet pourrait changer complètement le confort du cheval.

Deuxième chose : est-ce que le mors et une ennasure c’est la même chose ?

Moi, de mon point de vue, c’est non, ce n’est pas du tout la même chose. Très simplement, si on prend un cheval sur lequel vous voulez tourner à main droite par une rêne toute bête d’ouverture, sur un mors, vous avez donc le mors qui repose sur la langue, puis qui repose sur les bars, et qui vient sur les commissures. Lorsque vous allez mettre une petite pression en ouvrant à droite votre rêne, là ici le cheval va avoir une petite pression au niveau de la commissure vers la droite. Ok, alors évidemment il va y avoir une pression qui va aller sur tout le mors, mais la principale va aller sur la commissure à droite.

Si vous êtes par exemple en Side-Pull, qui est à mon sens la meilleure ennasure pour travailler au contact – en tout cas au contact parce que c’est une muserolle fixe souvent avec des points d’appui qui sont fixes et qui ne sont pas fuyants et qui permettent donc au cheval de comprendre où mettre son contact, ce qui n’est pas le cas des [bitless] et des licols, à mon sens. Et, par exemple, si vous voulez tourner à droite avec cette pull, vous allez avoir une pression qui va être essentiellement sur le côté gauche de la muserolle et qui donc, ne va pas être directement aussi précis sur le côté droit de votre cheval.

Donc au niveau de la latéralité, déjà, on n’a pas exactement la même façon de répartir les pressions lorsqu’on fait une action.

Alors, je ne dis pas qu’il y en a une qui est bien et une qui est mal, je dis juste que c’est différent. C’est monter avec un licol en corde ou monter avec un side-pull, ce n’est pas la même chose, monter avec un mors ou une side-pull ce n’est pas la même chose, monter avec un [inaudible 4m22] ou avec un mors ce n’est pas la même chose. Sinon, je pense que les choses seraient plus simples et on serait moins en train de se disputer comme des malades autour de ces outils-là.

Troisième chose, quelque chose qu’il faut bien garder en tête c’est que, de mon point de vu ultra personnel – encore une fois je ne veux vexer personnes – lorsque vous êtes en mors, c’est un outil qui est très particulier, qui est très délicat, dans le sens où vous avez une quantité de vocabulaire avec un mors.

S’il est bien [fitté], s’il est bien adapté, si le filet est bien adapté, si votre cheval est bien dans ses pieds, si votre cheval est bien au niveau ostéose, si votre cheval a une bonne [selfitté], si vous ne montez pas comme un gros barbare, et que vous avez un petit peu de sensation dans les mains… Si toutes ces conditions sont réunies, lorsque vous montez en mors, vous avez une quantité de vocabulaire qui est extraordinaire, qui est hyper-développé. Parce que vous pouvez arriver à une telle finesse rien que par le fait que vous vous adressez directement à la bouche.

Donc vous pouvez parler aux muqueuses, aux commissures, aux barres, à la langue, vous pouvez avoir une action directe sur la mandibule – ce qui a un effet vraiment pas négligeable en dressage. Je ne sais pas si vous êtes un peu familier avec tout ce qui est [cession] de mâchoire, mais ce genre de travail est vraiment extrêmement intéressant et permet des choses au niveau de la relaxation physique et mentale du cheval qui est assez considérable.

Et donc avec le mors, vous avez cette possibilité de vous adresser directement à tout ça, ce qui vous offre une palette d’intervention qui est, pour moi, énorme.

Lorsqu’on veut aller un peu plus loin en dressage, lorsqu’on est dans la technique – là je parle vraiment d’une équitation qui est technique, une équitation de gymnastique où on veut chercher un peu à venir faire monter le garrot, etc. Quand on travaille dans cette optique-là, quand on est en side-pull uniquement et qu’on ne passe pas du tout par le mors, de mon point de vue on s’enlève, c’est vrai, une certaine palette de vocabulaire.

Après, libre à vous de faire vos pas, encore une fois c’est un choix qui est très personnel, mais je crois qu’en faisant ça on s’en retire une grande quantité de vocabulaire et je trouve ça juste dommage en fait. Je trouve ça juste dommage parce qu’avec une bonne main et un filet bien adapté, on peut permettre au cheval de mieux comprendre beaucoup de choses très vite, et voilà, je trouve ça dommage de s’en passer.

Et c’est pour cela que je suis vraiment du genre à ne pas diaboliser du tout le mors parce que ça apporte. Moi, les élèves que je suis, il n’y a pas un élève à qui j’ai conseillé, j’ai suggéré de mettre le mors – pour travailler en dressage encore une fois – chez qui ça n’a pas apporté quelque chose de positif. Il n’y en a pas un où je me suis dit : ha mince, je n’aurais pas dû faire ça, je n’aurais pas dû mettre le mors, ça crée des problèmes. Jamais.

Et ça, c’est parce que quand je vais le conseiller, c’est parce que j’estime qu’à ce moment-là, le cheval ça peut lui apporter une grande clarté, une grande compréhension, et que je trouve ça du coup très chouette de bénéficier d’un outil qui est super développé, qui est super précis. Peut-être temporairement – rien n’empêche de le retirer après – mais juste pour permettre au cheval de comprendre certaines choses sur ses épaules, sur la gestion de ses épaules, pour ensuite le retirer éventuellement plus tard si la personne le souhaite.

On a des grands cavaliers aujourd’hui comme Alizée Froment par exemple – qui a quand même une équitation qui est assez extraordinaire – qui aujourd’hui va monter sans mors, c’est comme si elle montait en mors. Mais attention ces chevaux, d’abord et au préalable, passent par un dressage qui est fait avec un mors pour, justement, s’offrir cette richesse, cette palette de communication pour plus tard pouvoir l’enlever, parce que le cheval a compris plein de choses et qu’il n’y a plus besoin de cet outil là pour lui re-pointer du doigt certaines choses, certains conseils, certaines façons de se tenir. Il n’en a juste plus besoin parce qu’il comprend, il connait et il a complètement intégré en lui, c’est devenu un réflexe.

C’est un peu comme quand vous enlevez le licol en corde pour passer en cordelette. Votre cheval est tellement abouti dans votre communication avec vous que, finalement, il n’y a même plus besoin de ça. Parce que c’est tellement devenu un réflexe, c’est tellement acquis chez lui que lorsque vous êtes en cordelette ça devient la même chose. Et quand vous démarrez votre cheval, vous ne démarrez pas directement en cordelette.

Démarrer directement en cordelette c’est dangereux. Si vous n’avez pas appris à votre cheval, votre jeune cheval par exemple les bases, les bases de la gestion d’un humain sur le dos, avec un outil qui vous permet d’avoir un freinage en cas d’urgence, ça va être compliqué.

Donc, en général on passe par un licol en corde, pour expliquer au cheval comment faire, et ensuite on va peut-être… Plus la communication, plus l’harmonie devient développée, plus on commence à devenir fin, et qu’il est possible de se parler de façon extrêmement précise avec le corps, plus on va pouvoir enlever les outils et commencer en fait, finalement, à libérer le cheval de tout ça. Parce que finalement, on a réussi à lui expliquer plein de choses grâce à ces outils-là, et on peut maintenant s’en passer. Ces outils ont été temporaires en quelque sorte.

On peut voir le mors comme ça, ça peut être un point de vue. Et moi, ça ne me choque pas du tout. Ça ne me choque pas non plus les gens qui veulent monter entièrement sans mors, il n’y a pas de problème.

Mais voilà, je pense que quand on veut aller un peu loin en dressage, c’est dommage de s’en priver. Je vais être honnête, je trouve que c’est dommage de s’en priver, je trouve que c’est un super outil, et ça ne veut pas dire… Ce n’est pas parce que vous ne mettez pas de mors que tout ce que vous faites est forcement bien et que vous n’allez pas abimer votre cheval, ce n’est pas parce que vous ne mettez pas de mors que vous êtes mieux philosophiquement qu’un autre cavalier, que vous êtes mieux sur l’échelle du cavalier, du respect du cheval, qu’un autre. Et ce n’est pas parce que vous mettez un mors que vous êtes forcement meilleur non plus. Ce n’est pas parce qu’on met un mors qu’on est meilleur technicien, qu’on est meilleur cavalier, ça n’a aucun rapport encore une fois.

Ça me mène sur mon quatrième point qui est : un outil reste un outil. Ce que l’outil va apporter comme conséquence dépend uniquement de ce que vous allez en faire, vous.

Et donc un mors sur un filet pas [fitté], un mors pas [fitté] à la bouche, une selle pas [fittée], un cheval qui n’est pas physiquement en forme, qui n’est pas bien géré au niveau de ses conditions de vie, au niveau de ses pieds, au niveau de ses dents, avec un cavalier qui monte plus ou moins correctement, le mors, finalement, il fait partie d’un tout, mais il n’est pas responsable de ça.

Ce qui compte, in fine, c’est ce que vous, vous faites dans votre gestion quotidienne de votre cheval. Et donc je pense qu’il faut se retirer cette idée de débat mors versus non-mors, parce que finalement, ça n’est pas ça le problème. Le problème, c’est toujours la façon dont l’humain va gérer les choses, la façon dont l’humain prend tous les facteurs qui font qu’un cheval est bien dans sa peau, et la façon dont il les aligne ensemble. C’est qui fait qu’un cheval va être bien ou pas.

Un cheval, correctement dans sa tête, qui est correcte dans sa tête et dans son corps, qui se sent bien dans ses baskets, c’est un cheval dont tous les facteurs de vie sont correctement gérés. Mais en aucun cas un outil n’est responsable de son bien-être ou de son mal-être.

Si vous vous êtes rendu compte qu’en retirant le mors et en mettant une ennasure ça allait mieux, ce n’est probablement pas le mors qui était responsable. C’est peut-être vos mains. C’est peut-être dur à entendre, mais c’est possible, peut-être que c’était vos mains. Peut-être que le mors n’était pas du tout bien [fitté], peut-être que le filet ne lui allait pas, et peut-être que le mors, la présence du mors, révèle aussi des tensions au niveau musculaire que le sans mors ne révèle pas.

Ça m’amène sur mon cinquième point. Et maintenant le sans-mors. Comment est-ce que je m’adresserais à quelqu’un qui ne crois pas au sans-mors pour lui expliquer à quel point c’est génial de travailler sans mors ?

Moi, dans mon quotidien, juste pour être un petit peu clair là-dessus, je travaille beaucoup, beaucoup, sans mors. Le mors pour moi, c’est un outil de gymnastique. C’est quand je veux travailler sur le corps de mon cheval. Mais dans mon quotidien, il y a plein de fois où je ne suis pas en train de gymnastiquer mon cheval.

Donc par exemple, si je veux mettre, affiner une communication en selle, je vais travailler en free-style, ce qu’on appelle en free-style, où je vais être sans contact sur mes rênes, là je serais soit en licol en corde, soit en bosal, soit même en cordelette parfois.

Et donc dans ces cas-là, je ne vois pas l’utilité du mors. Le mors, il est petit dans la bouche du cheval, il faut qu’il me serve à quelque chose. Sinon, je n’ai pas envie de mettre quelque chose en plus qui alourdisse, on va dire, l’harnachement du cheval, alors que je n’en ai pas besoin. Je préfère toujours être au strict minimum au niveau harnachement.

Et donc pour moi le sans mors est un très bon outil pour remettre en place des choses de communication parce que le mors doit, pour moi, toujours rester confortable pour le cheval. Ça doit être un outil sur lequel le cheval peut venir se poser délicatement, prendre un contact, et se sentir confortable là –dedans. Tandis que sans mors, je ne veux pas que mon cheval pense qu’il peut s’appuyer sur mon licol en corde ou sur mon bosal. C’est comme ça que je fonctionne.

C’est un outil qui, pour moi, doit être tout le temps, si le cheval sent qu’il y a un [elf ? 12m26 ] qui contre il doit y céder, il ne doit pas venir pousser contre mon licol en corde, ou contre la muserolle ou contre le bosal, pour la simple raison que quand je pars en promenade par exemple, pour moi il doit associer le fait que ça doit être hyper léger. Si je veux freiner et lever ma rêne, ça doit être nickel, freiné impeccable, être très léger.

Et rien que pour ça, j’aime bien que mon cheval ait la différence dans sa tête de, en free-style on monte sans contact, plutôt éducatif, et puis qu’il travaille aussi sur la relation, sur la communication. Pour moi, dans cet outil-là, il doit bien comprendre qu’il n’y a jamais d’appui, jamais de soutien, ça n’existe pas. Tandis qu’en gymnastique – mais ça c’est encore une fois réservé pour un cheval qui a un bon free-style, donc qui a une bonne communication déjà, quand on arrive en gymnastique, là mon cheval je vais commencer à lui dire qu’il peut prendre un léger soutien sur le mors. Mais attention, un léger soutien, ne pas venir s’appuyer comme une cinquième jambe.

Donc déjà j’aime bien que cette différence soit claire dans la tête de mon cheval, j’apprécie ça.

Ensuite, mon outil sans mors, si jamais j’ai une correction un peu forte à faire, parce que mon cheval par exemple ne m’écoute pas, ou parce que j’ai envie d’affiner notre communication, si j’ai besoin d’aller sur une phase 3 ou 4, j’aime bien ne pas du tout toucher à la bouche. J’aime bien que la bouche ce soit un peu un sanctuaire, une zone sacrée dans laquelle on va vraiment être dans une idée de confort, de relaxation, de relâchement tonique dans le dressage. Tandis que sur la tête, globalement, si j’ai besoin de freiner un peu, un peu fort avec ma rêne, je suis moins gênée sur la tête globalement que dans la bouche directement, qui est quand même une zone qui est très sensible, particulièrement sensible, très innervée, avec les muqueuses, etc.

Donc c’est pour ça que pour moi, le sans mors est beaucoup plus adapté à ce genre de travail-là, c’est pour ça qu’en free-style je vais toujours dire à mes clients de retirer leur mors et de mettre un licol ou n’importe quelle ennasure qui leur convient pour pouvoir remettre en place des petits codes éducatifs, la communication avec son cheval.

J’aime bien partir en balade sans mors parce que je trouve ça beaucoup plus pratique sur plein de points de vue. Si je pars longtemps, j’aime bien que le cheval ait la bouche tranquille, qu’on puisse faire des pauses où il peut manger. Et puis de toute façon je me sens parfaitement en sécurité avec un licol en corde ou avec un bosal parce que mon cheval est éduqué à la base.

Si j’entends des personnes qui me disent : oui, moi quand je pars, je trouve que partir sans mors c’est dangereux, c’est pas très safe, etc. , si vous vous dites ça, c’est qu’il y a un problème de communication avec votre cheval, il y a un problème d’éducation. Parce qu’un cheval bien éduqué, le fait d’arriver sur les rennes pour le freiner, ça n’est que la dernière phase. C’est vraiment quand on arrive en phase 4. Un cheval bien éduqué, il répond à votre corps. Et les rennes c’est ensuite, c’est qu’on est déjà dans les phases un peu dernières.

Donc si vous avez besoin d’un mors pour vous sentir en sécurité, ce n’est pas forcement grave dans le sens où peut-être que temporairement vous aurez besoin d’un mors pour des chevaux qui emballent, pour des choses comme ça, pour clarifier certaines choses. Mais, sur le long terme, normalement, il faut quand même chercher un cheval sur lequel on peut travailler parfaitement.

Un hongre, en ballade, il n’y a pas de soucis. C’est un cheval qui est décontracté, qui est bien dans sa tête, qui est bien dans son corps, qui n’a pas besoin qu’on le soutienne, qu’on le tienne avec les mains comme ça pour qu’il soit calme, pour qu’il n’explose pas. Et c’est là que du coup, pour moi, le sans mors prend tout son sens, c’est que ça permet quand même de checker que, même avec un outil qui est quand même beaucoup plus soft que le mors, en termes de dureté je veux dire. Parce que le mors peut être très dur si c’est mal utilisé, et ça j’avoue que ça me rend folle quand on utilise le mors comme ça en étant hyper-barbare, quand on tourne comme des malades hyper fort, parce que du coup pour moi, on loupe tout le principe même de la légèreté, de la finesse de cet outil-là.

L’outil sans mors est pour moi beaucoup plus adapté à quelquefois des corrections qui sont plus fortes, plus fermes, si nécessaire, s’il y a une urgence, s’il y a besoin.

Et donc en fait, finalement, en extérieur je ne vais jamais avoir de mors, en carrière, en piste, ça va m’arriver souvent d’être sans mors également. Et donc finalement le mors c’est une partie de mon travail, mais ce n’est pas l’essentiel.

Donc ce que je veux dire par cette vidéo, c’est que l’outil en soi n’est qu’un moyen. Et parfois il y a des outils qu’on rejette qui, finalement peuvent être des moyens extraordinaires d’arriver à faire des choses top avec notre cheval, qui permet de lui expliquer des choses 100 fois mieux, qui lui permettra de débloquer aussi des contractions, des crispations physiques et mentales. Et donc il ne faut pas diaboliser absolument le mors.

Dans l’autre cas, c’est la même chose avec le sans mors, il ne faut pas diaboliser le sans mors ou condamner le sans mors, ou dire – le truc qui est le plus énervant je pense pour tout le monde – le sans mors c’est pour les chevaux qui sont gentils. Ça c’est vraiment horrible d’entendre ça. Je pense que ça énerve un peu tout le monde. Ces gens-là ne sont pas tous victimes du syndrome du cheval gentil.

Tous les gens qui ont réussi à avoir un cheval sans mors, ce n’est pas parce que leur cheval est bien gentil, c’est souvent parce qu’ils sont juste compétents, et qu’ils savent juste comment éduquer leur cheval.

Donc il faut vraiment essayer d’être, je pense, nuancé là-dedans, et ne pas se culpabiliser parce qu’on a mis le mors, ne pas se culpabiliser non plus parce qu’on vous a dit que c’était mal de mettre le mors.

Et non plus ne pas vous culpabiliser parce que vous ne mettez pas de mors. Cette vidéo n’est pas pour vous dire : mettez un mors parce que c’est mal de travailler en gymnastique sans mors. C’est juste pour vous donner un point de vue qui est juste une façon d’alimenter un peu vos réflexions, j’espère – si c’est le cas, c’est génial – sans du tout vous culpabiliser, vous dire que ce que vous faites est mal.

Ce que vous faites, c’est votre choix personnel et ça vous appartient. Et je suis sûre que chacun fait son choix de façon raisonnable, il faut se faire confiance, et il ne faut pas non plus… Il faut rester ouvert. C’est ça que j’essaie de dire un petit peu aujourd’hui. Rester ouvert d’esprit dans tous les sens du terme. Ne vous fermez pas de portes qui vous permettraient en fait d’aider votre cheval et de vous aider aussi.

Et voilà, j’espère que ça vous aura plu, j’espère que je n’ai vexé personne. Je sais que c’est un sujet qui est tellement délicat, mais ça fait longtemps que je veux en parler. Et voilà, j’espère que je ne vais pas mourir par cette vidéo, et je vous remercie de l’avoir suivi, à très bientôt.

 

 

 

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