[VIDEO] Une séance commentée en liberté avec un Cerveau Droit Introverti

Séance en liberté avec une introvertie

Retranscription écrite de la vidéo :

Et bien bonjour à tous !

Alors aujourd’hui, on change un petit peu le format de vidéo habituel sur la chaine et on va un petit peu étudier ensemble une séance que je vais faire en liberté avec San.

C’est une séance qu’on a faite directement après nos vacances mutuelles San et moi. Et donc c’est une séance vraiment de reprise, pour voir un petit peu et d’un quelle est son humeur, est-ce qu’elle est contente de me retrouver, et est-ce qu’on peut un peu s’amuser avant de reprendre le travail de façon un peu sérieuse.

Donc je vais vous expliquer un peu comment je procède.

Donc, on va commencer cette séance d’abord en longe, juste prendre un peu la température. La jument était très excitée ce jour-là, et du coup en fait moi ce que je vais voir c’est : est-ce qu’en longe je garde une communication quand même assez fluide, est-ce qu’il faut que je la reprenne un peu.

Là on voit que je la reprends beaucoup dans le mouvement en avant parce que la jument était un peu extravertie ce jour-là. Donc à vouloir beaucoup bouger, à vouloir un peu faire l’idiote, à vouloir s’amuser. Donc moi je vais tout de suite commencer à lui dire : ok, pas de soucis, mais je veux juste garder un tout petit peu le contrôle sur tes pieds quand même, pour qu’on garde une communication qui soit bien fluide.

Donc ensuite, ce que j’ai fait, en fait en préparation de la liberté, je l’ai un petit peu mise dans la piste qui était trempée. Ça l’a excité énormément parce qu’il y avait des gouttes d’eau qui s’envoyaient sur elle, ça cela la rendait complètement électrique.

Et donc j’ai mis une barre au sol, ce qui permet en fait de juste avoir quelque chose sur lequel elle se concentre, en fait, sur lequel elle fait attention. Parce que sinon, c’est un cheval qui se laisse complètement aller et qui ne maitrise plus du tout ses pieds, et on dirait que sa tête est complètement déconnectée de ses pieds.

Donc là ce qu’on va faire aussi, c’est qu’on va laisser San processer, on va dire, l’information un peu longtemps, parce que c’est une introvertie, et il faut un certain temps pour que tout soit bien digéré.

Là on voit par exemple que la carotte qu’elle a dans la bouche, elle ne l’a pas finie, elle ne l’a pas terminée. Voilà, et là elle reprend, mais on voit que c’est pas d’un coup. C’est un travail un peu long de manger sa carotte et de l’avaler.

Et donc on va juste attendre qu’il y ait… Là elle est un peu figée, on voit qu’elle garde la tête haute, elle est un peu alerte. On doit juste attendre qu’elle passe à autre chose.

Et là ce que j’aimerais, c’est peut-être qu’elle renâcle, je ne sais pas, qu’elle lâche un peu de stress, qu’elle baisse la tête, qu’elle finisse par avaler sa carotte.

Là par exemple, c’est pas mal… Voilà… Ça c’est bien.

Maintenant qu’avec la main gauche on a eu quelque chose de correct, on va faire la même chose avec la main droite, et après on va faire un peu de liberté et on s’arrêtera là-dessus.

Pour une séance de prise post-vacances, on ne va pas demander des choses trop intenses, trop violentes. On va juste un petit peu prendre la température. La température émotionnelle, physique du cheval. Et on va surtout essayer qu’il s’amuse un peu, sinon…

Voilà, donc je cherche une extension d’encolure un peu plus facilement que tout à l’heure. Mais là on voit qu’à nouveau… Ha le rythme vient de s’accélérer et je la laisse ralentir. Là…

Et ce que j’aimerais, c’est avoir une extension d’encolure sur plus de trois foulées, ou deux foulées.

Voilà [Good Girl]…

Et donc tant qu’elle n’a pas donné ça, je vais lui demander de repartir au trot. Ce qui n’empêche pas que quand elle fait quelque chose de bien, je lui dise que c’est bien. Là par exemple, quand elle est en train de faire un effort, je vais lui dire : good girl, ou ce que voulez, peu importe, mais juste signifier que c’est correct.

Bien…

Une fois qu’on a fini un petit peu l’échauffement longe, qu’on a eu un rythme constant et un cheval relaxé, on va essayer de faire la même chose dans le rond de longe.

Alors pourquoi est-ce que je travaille d’abord dans le rond de longe ? C’est parce que simplement c’est un cheval qui a encore des bases en liberté assez faible, ce n’est pas un cheval qui est super éduqué en liberté. On a des bonnes choses, mais c’est basic, et dans le rond de longe pour moi s’est beaucoup plus simple de rattraper si je fais des bêtises, ou si la jument se déconnecte, que dans la grande piste où là je dois un petit peu courir après le cheval pour avoir ce que je veux.

Et donc là ce que vous voyez ici, c’est que je travaille sur le cercle, et dès que la jument montre un franc signe de relaxation et de détente dans le mouvement – ce qui est son gros challenge – je fais une pause assez longue. Je peux attendre assez longtemps, jusqu’au moment où la jument montre qu’au niveau postural elle commence à aller mieux, qu’elle se décontracte, qu’elle mâchonne, qu’elle souffle un coup, qu’elle baisse l’encolure.

Et là vous voyez que je mobilise ses postérieurs et ses épaules pour un peu checker la connexion : est-ce que la jument est avec moi ou est-ce qu’elle est dans son monde, dans sa bulle. Parce que les chevaux introvertis ont tendance à être un peu dans leur tête. Et là on voit qu’elle est super, vraiment superbe. Donc je caresse franchement.

Et puis je continue un petit peu, un peu avec l’idée de ce qu’on appelle le « game of two eyes », qui est un concept de David Lichman, un instructeur Parelli. En fait l’objectif c’est que ses deux yeux soient tout le temps sur mon nombril. Et on voit que ça ne marche pas mal, mais dès que je veux qu’elle écarte un peu son épaule et qu’elle ne garde que sa tête sur mon nombril, et bien en fait je lui dis assez franchement : maintenant sort cette épaule-là. Et en fait ça l’énerve un petit peu et du coup elle commence un petit peu et du coup elle commence un peu à accélérer et à faire l’idiote. Ce qui n’est pas un drame… Ici on était plus dans un esprit qu’on va s’amuser, jouer ensemble, tout en faisant les choses quand même bien, c’est-à-dire pas bâclées, pas courir dans tous les sens, avoir juste un petit peu une structure.

Et donc là on voit que je perds ses yeux, et du coup pour rattraper la connexion, je me mets un petit peu à jouer et à voir si en étant un peu plus « provocante », ça l’amuse. Et on voit que là elle sort quand même beaucoup d’elle, elle propose des choses assez exubérantes et qu’en fait elle est dans le jeu, ce qui est très rare pour un cheval introverti comme elle.

Donc là on voit que je vais vouloir reprendre le [jeu du cercle 0:05:36.4] et en fait, la jument a tendance à systématiquement proposer la main droite plus que la main gauche. Et je vais essayer de voir, en fait je vais la laisser choisir et je vais lui dire : ok, pas de problème. Par contre moi je mets le plus possible en neutre et j’essaye de ne pas trop, trop la soutenir.

Je pourrais encore mieux faire, mais l’objectif c’est vraiment de lui dire : débrouille-toi avec toi-même, et moi mon seul job c’est que dès que le cheval perd un petit peu de mouvement en avant, c’est de la remettre en avant. Parce qu’une des stratégies que San emploie pour éviter le problème, éviter de se confronter à son propre stress, c’est de ralentir. Et donc dès qu’il y a du mouvement à l’avant, elle va monter en pression. Et moi je vais lui dire : mais tu peux être franchement en avant et décontractée. Et donc pour ça je vais la mettre franchement en avant en liberté, et dès que la jument finalement se rend compte que tout va bien et qu’elle se relaxe, je vais la ramener vers moi, comme ici, et la récompenser.

Et donc là, on voit qu’à nouveau on reprend sur la main droite et que la jument elle cherche à se décontracter, on voit bien qu’elle cherche les [oscillations d’encolures 0:06:32.3] mais ce n’est vraiment pas constant. Elle baisse l’encolure et elle remonte, elle baisse l’encolure et elle remonte.

Et donc là on voit que je change de main, la jument est un peu en train de s’amuser et donc c’est assez rigolo. Et à nouveau je propose un petit peu une tentative de jeu, puisque je le sentais bien et je me dis : bon essayons de voir ce que ça donne, est-ce que la jument ça l’amuse ou pas.

Et on voit que c’est un peu double, elle est à la fois en train de s’amuser quand elle enroule un peu l’encolure comme ça c’est vraiment qu’elle s’amuse. Elle est très connectée, donc la connexion ne l’effraye pas, mais elle va quand même un tout petit peu se tendre quand même. Donc on n’est pas encore sur une relaxation complète dans le jeu, mais ça, elle est comme ça aussi avec les autres en prairie, donc je sais que c’est un travail qui n’est pas prioritaire mais qui va venir au fur et à mesure que la jument commence à prendre pleinement confiance en moi et en elle.

Là je fais un peu le stick to me. Et là vous allez voir que je corrige assez franchement avec ma main, parce qu’en fait elle me colle. Je fais peu de stick to me pour cette raison-là, c’est qu’elle est tout le temps collée à moi. Vous le voyez sur le cercle, elle a besoin de se coller à moi pour se décontracter, et moi j’essaye de travailler l’autonomie et la responsabilité pour que la jument soit décontractée avec elle-même et qu’elle n’ait pas besoin de moi comme béquille. Donc le stick to me j’en fais très peu.

À nouveau On va reprendre, et cette fois-ci sur la main gauche. Et là vous voyez que j’accompagne un peu plus le cheval parce que j’essaye de beaucoup plus surveiller le fait qu’il ne me colle pas. Et là on voit qu’elle prend un peu plus d’espace – en fait ça ne se voit pas très bien avec l’angle de la caméra – et du coup je la récompense.

Et maintenant, on va essayer de voir si je peux avoir du galop, et on voit que la jument est super exubérante… Enfin, super exubérante… Pour ce cheval-là, ça c’est vraiment beaucoup. C’est beaucoup, beaucoup d’exubérance et de jeu. Et on voit bien que c’était une reprise post-vacances, elle était pleine d’énergie, elle était très contente qu’on se retrouve. Et du coup elle est complètement survoltée. Et ça, c’est assez chouette d’avoir ce cheval qui soit content et qui surtout exprime sa joie, ce qui n’était pas du tout gagné il y a encore un an.

Et donc là ce qu’on voit c’est qu’elle est complètement couchée sur le cercle, elle a énormément de mal à prendre l’espace entier du rond longe pour galoper, et donc je viens moi assez franchement avec mon stick, la toucher quasiment avec la cordelette au niveau de la zone 3. Et la zone 3 chez votre cheval, c’est le passage de sangle en fait, c’est vraiment le tronc, la cage thoracique de votre cheval si vous voulez en quelque sorte. Et je vais vraiment lui dire : éloigne-toi de moi, dégage d’ici, débrouille-toi toute seule ma grande, arrête de me coller.

Et on voit qu’en fait, finalement au début ça la met un peu en pression, donc elle passe par une zone un peu orange au niveau émotionnel, et ensuite elle finit par trouver cet équilibre-là. Et vous voyez, je n’ai pas peur de lui dire franchement les choses, je n’ai pas peur de lui dire : vas-y, vas-y prend l’espace. Parce que si je ne suis pas clair, le problème c’est que je la traite un peu trop comme du Crystal et ça ne va jamais l’aider à grandir.

Donc là c’est une invitation à sortir de sa zone de confort. Et quand la jument y parvient – et là par exemple il faut voir qu’elle trotte, elle commence à être très bien, à avoir un franc mouvement à l’avant, et quand même à chercher à se décontracter. Et moi, ce que je veux récompenser c’est l’idée plus que l’exécution en soi, parce qu’une fois que j’ai l’idée, j’ai déjà gagné une bonne partie du chemin.

Donc avec San, dès que je vois qu’elle cherche à bien faire, immédiatement je vais sourire, je vais me détendre, me relâcher. Et dès que je vois que c’est un peu meilleur, comme ici, je viens la ramener vers moi pour lui dire à quel point c’était un très bon travail.

Et pour terminer, on fait un petit peu les idiotes et après ça, je la ramènerai au box et ça aura été une très, très bonne séance post-vacances.

Voilà, à bientôt !

 

4 thoughts on “[VIDEO] Une séance commentée en liberté avec un Cerveau Droit Introverti

  1. J’ai beaucoup apprécié cette vidéo. Elle est instructive, très formatrice, sympa à regarder. Observer et avoir les commentaires en direct, c’est génial !
    Merci pour tout ce travail, ce blog est super pour réfléchir sur notre relation, notre impact sur la vie de nos amis les chevaux et poneys et comment mieux vivre ensemble pour eux. Merci et continuez ! 🙂

  2. Je visionne 10 ans plus tard mais je tente de poser une question quand même, à 6:10 tu dis lui proposer de se mettre en avant quand même malgré sa tendance naturelle à se contracter dans une allure plus soutenue (enfin d’après ce que j’ai compris). Je peux avoir ce genre de problème en longe ou en liberté sur le cercle avec mon cheval, dès que je lui demande une allure supérieure —à distance—- soit ça se passe plutôt bien mais j’ai intérêt à pas faire durer le plaisir SOIT ça part en cacahuète direct…. on dirait qu’il s’enferme dans sa bulle et qu’il sait même plus pourquoi il s’est fait peur ou autre… Quel est l’attitude à avoir ? J’ai tendance à patienter un peu mais si je sens que ça ne fait que monter monter monter (genre galop couché limite…pfff) je le stop et je lui demande des micros choses (reculer, épaule, bref tout ce qui me vient à l’esprit car moi aussi j’ai besoin de reprendre mon souffle car même si je ne le montre pas à l’intérieur ça me fait des BOUM de le voir se stresser tout seul et pourtant moi j’ai pas fait d’effort physique ^^ ) et ensuite je lui propose de recommencer en abaissant mon énergie le +++ possible (même si j’étais déjà dans une énergie basse) mais quoi…. ? un jour faudra juste siffler pour un départ sur le cercle à distance dans le calme ^^ ? BREF je reviens à ma question , quelle est la bonne attitude dans ces cas là ?
    Merci par avance (je comprendrais ne pas obtenir de réponse vu mon retard important) et merci pour ces videos commentées, c’est vraiment le TOP.

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