[VIDÉO] Mon cheval stresse en concours : les solutions

N’hésitez pas à vous abonner à la chaîne pour encourager notre travail 🙂 ! Merci !

Retranscription écrite :

Bonjour et bienvenus dans cette nouvelle vidéo dans laquelle je vais répondre à une question d’un abonné. Aujourd’hui j’ai une question de Julie, que je vais vous lire maintenant.

Donc Julie me dit qu’elle a un souci de décontraction avec son cheval RBE. Donc RBE c’est cheval cerveau droit extraverti, Right Brain Extrovert. Alors elle a un souci de décontraction avec son RBE : « surtout en situation de concours, j’ai du mal à le remettre dans le calme ».

Pour résumer grossièrement pour ceux qui nous rejoignent sur la chaîne et qui ne sont pas au courant de ce qu’est un cerveau droit extraverti, un cheval cerveau droit extraverti c’est un cheval qui va plutôt avoir des réactions instinctives, plus émotionnelles, qui sont plus vraiment basées sur les sensations, sur les émotions qu’il va ressentir. Donc on va avoir des chevaux qui vont avoir généralement une nature un peu plus inquiète, un peu plus angoissée de nature que les cerveaux gauche qui eux sont plus cérébraux, plus logiques, donc un peu plus réfléchis que les cerveaux droits qui sont plus instinctifs, plus émotionnels. Et quand ils sont en plus de ça extravertis… Le cheval extraverti c’est le cheval qui va bien aimer, même vouloir, bouger ses pieds. Alors si c’est un cerveau droit il va bouger ses pieds pour s’apaiser pour extérioriser toutes ses peurs, ses émotions et ses angoisses, ce qui va lui permettre de s’apaiser et de se sentir mieux.

Donc un cerveau droit extraverti, classiquement, ça va être un cheval qui par exemple va avoir tendance à courir partout, être complètement fou, aller dans tous les sens, la queue en panache, en train de ronfler dans le manège ou quoi, parce qu’il y a eu un petit stress. Alors qu’un cheval par exemple plus introverti, il va se figer, se figer, se figer, puis au bout de peut-être 40 minutes il va exploser et on n’aura pas vu d’où ça venait. Un cheval cerveau droit extraverti, on le voit tout de suite. Il est très expressif, il montre ce qu’il pense, il montre ce qu’il ressent immédiatement.

Donc partant de cette base-là, Julie a donc un cheval cerveau droit extraverti, donc souvent le challenge principal avec des chevaux cerveau droit extraverti c’est le calme. C’est souvent la grosse difficulté. Et on va avoir pour objectif de les calmer.

Et ces chevaux-là, on va plutôt les inviter à se concentrer sur quelque chose. La grosse phrase reliée au cerveau droit extraverti c’est concentre-moi, focus-me, sur quelque chose, sur un exercice, sur ses pieds, peu importe sur ce que c’est mais vraiment l’idée de reconnecter le cerveau du cheval à ses pieds pour le refaire descendre tranquillement en émotion.

Et les cerveaux droits extravertis, on va plutôt utiliser le mouvement pour les décontracter.

Le cerveau droit extraverti qui va être plutôt stressé notamment en concours, ça c’est aussi quelque chose de typique chez les droits extravertis parce que ce sont des chevaux qui n’aiment pas trop que les choses changent.

Un cerveau gauche, un cheval cerveau gauche, il adore aller en concours, il adore changer d’environnement, parce que ça évite l’ennui et ça lui permet d’être stimulé, on pourrait presque dire intellectuellement – on va plutôt dire cérébralement et ça leur donne souvent un supplément de motivation et d’excitation et de joie.

Tandis que les cerveaux droits – je schématise, mais c’est pour que vous ayez une idée –tout ce qui change de la routine, tout ce qui change du quotidien et des choses prévisibles du quotidien, va leur engendrer une sacrée dose d’anxiété et de stress. Surtout au début quand ils ne sont pas encore très équilibrés, quand ils sont jeunes et qu’ils ont encore peu d’éducation, peu d’outils à leur disposition pour gérer leurs émotions, pour améliorer ce qu’on appelle leur fitness émotionnel.

Et là, Julie a clairement un problème de fitness émotionnel, c’est-à-dire un cheval qui peut-être se sent débordé par ses émotions quand il arrive dans un environnement qu’il ne connait pas, et qui donc pour lui est synonyme d’inquiétude parce qu’il ne comprend pas encore comment fonctionne cet environnement, il ne sait pas si c’est dangereux pour lui ou pas.

Et il va falloir en fait demander au cheval en question de se concentrer sur ce qu’on lui demande et on va prendre quelque chose et faire en sorte que cette chose, que ce soit un objet ou un exercice ou même un humain, devienne sont référent, quel que soit le changement qui peut y avoir dans son environnement.

Donc par exemple, un cheval qui n’aime pas changer d’environnement, qui n’aime peut-être pas aller sur des pistes qu’il ne connait pas ou des choses comme ça, pour qu’on transforme ça en quelque chose de positif pour lui, on va avoir un humain référent qui devra toujours être le même. Réagir de la même façon avec son cheval, quel que soit l’environnement, quel que soit ce qu’il se passe autour de lui, quelle que soit la situation.

Çà permettra en fait au cheval de se dire : lui ou elle – en occurrence – quelle que soit la situation je sais toujours comment elle va me demander les choses, je sais toujours comment elle va exiger les choses, quels standards d’exigences elle aura, je sais toujours comment sa gestuelle fonctionne, je sais ce que ses gestes veulent dire, je sais communiquer avec elle, je comprends toujours de la même façon cet humain-là.

Et donc on prendra cet humain et on sortira de cadres différents, et du coup le cheval va trouver ce repère à chaque fois, il va s’accrocher à ce repère pour dire : ok, rien n’est pareil sauf elle. Et donc ça va être une façon déjà de renforcer le lien et ça va être une façon dans un premier temps de dire au cheval : tu vois, on change d’environnement mais en fait il y a toujours quelque chose auquel tu peux t’accrocher pour te relâcher, te détendre et tout ira bien.

Donc ça c’est un exemple, mais pour répondre concrètement à Julie, moi ce que je vais lui conseiller déjà dans un premier temps, si elle ne l’a pas fait, ça va être de prendre son cheval et de l’emmener régulièrement sur des terrains de concours idéalement, ou en tout cas des pistes inconnues, pour que son cheval prenne cette habitude que : on prend le camion, on découvre une piste, on prend le camion, on découvre une piste. Et que lorsqu’elle arrive sur cette piste-là – peut-être commencer par juste aller voir des pistes, des carrières ou des manèges ou des écuries qu’il ne connait pas – et à chaque fois qu’elle arrive dans cette écurie-là, faire la même suite d’exercices, et repartir.

Alors je sais que ce n’est pas donné à tout le monde de prendre le van et de faire ça, mais l’idéal, je pense vraiment l’idéal ce serait de faire ça dans un premier temps. Puis ensuite de faire ça mais voir tous les concours pas loin de chez elle et y aller à la fin du concours pour montrer au cheval, par exemple si elle fait du dressage, montrer les pots de fleurs, les lys, les cabines des juges, pour l’obstacle montrer les différents obstacles qu’il peut y avoir, montrer l’ambiance, pour un trek… Enfin voilà, peu importe le type de concours, l’amener à la fin du concours.

Évidemment, appeler avant l’organisation pour voir que vous avez bien le droit d’aller sur le terrain en question pour juste éduquer votre cheval. Et une fois qu’elle a fait tout ça, déjà le cheval va commencer à se dire : ok il y a une routine qui s’installe, elle m’emmène en camion, on va quelque part, on fait les mêmes exercices, mais le lieu change, les gens changent, l’atmosphère change, mais elle ne change pas et les exercices qu’elle me demande ne changent pas. Et on rembarque.

Pas trop longtemps, juste pour que le cheval ait le temps de voir l’environnement, il repart et il revient. Ainsi de suite. Ce qui permettra vraiment de déjà mettre en place cette idée que : ok quand on part quelque part, il n’y a pas la pression de réussir son concours.

Ça c’est vraiment important parce que si vous démarrez déjà, votre jeune cheval ou votre cheval n’est pas encore habitué à aller en concours, ou il est un peu stressé par rapport à ça, si direct vous allez sur le concours avec la pression de : il faut que j’arrive à faire cette reprise, il faut que j’arrive à faire ce parcours, vous allez avoir votre stress en plus de celui du cheval. L’idéal c’est déjà de baisser la quantité de stress que votre cheval peut avoir, avant même de commencer à dire : ok, maintenant que toi ça va bien, on va, moi, m’ajouter une petite pression et on va voir comment on gère tous les deux en ayant un peu plus de pression supplémentaire. Et ainsi de suite.

Comme ça, vous construisez ça vraiment comme une pyramide mais à laquelle il faut que vous ayez une base qui soit solide. Et cette base solide c’est votre cheval quand l’environnement change, il est habitué.

Donc Julie, par exemple, si tu veux aller en concours, l’idéal commence déjà par lui présenter plusieurs terrains, plusieurs types de concours, des environnements de concours idéalement pour vraiment l’habituer à ça.

Et dans les exercices que tu peux faire, il y a plein d’exercices possibles. Moi, ce que je te conseillerais idéalement, dans cet esprit que c’est plutôt un cheval cerveau droit extraverti, ça va plutôt être de faire des exercices qui vont impliquer du mouvement, mais du mouvement qui va lui permettre de faire attention à où est-ce qu’il met ses pieds. Parce que s’il ne fait pas attention, il pourra tout simplement ne pas réussir l’exercice.

Donc parmi les mouvements qu’on peut avoir, notamment à faire sur des parkings ou des terrains de concours quand va par exemple garer le cheval et garer le van, là il faut sortir, on est au milieu de tous les autres chevaux, on n’a pas beaucoup d’espace, ce que tu peux faire c’est tout ce qui est déplacement latéral. Donc des déplacements latéraux que tu peux faire autour de ta voiture et de ton van, autour de ton camion, que tu peux faire sur le parking. S’il n’y a pas d’espace spécifique, par exemple pour le pansage.

Et tu peux faire ça jusqu’au moment où ton cheval commence à faire attention à toi. Ça peut prendre du temps. On peut arriver parfois et faire peut-être 5 minutes, montre en main, de déplacements latéraux avec le cheval tant que le cheval en train de regarder partout à droite et à gauche, derrière, le cheval qui appelle, hennir ou quoi que ce soit.

Et une fois que le cheval commence à se dire : ok, bah on refait le tour du camion, on refait le tour du camion… Il y a un moment où il va finir par s’apaiser parce qu’en fait finalement il se rend compte que c’est le même schéma, il se rend compte qu’il y a quelque chose qui devient prévisible ici même, et il va commencer un peu à redescendre par qu’en fait il vient de faire la même chose peut-être 4 fois, 5 fois, 6 fois, et tout va bien.

Et en plus de ça, dans le déplacement latéral, il est contenu dans un petit espace parce qu’il ne va pas aller vers l’avant ou vers l’arrière, il doit aller latéralement, ce qui n’est pas la chose la plus naturelle pour un cheval, et il doit faire attention à où il met ses pieds et à comment il croise ses jambes.

Toi, ton job en tant que cavalière, ça va être de faire les choses doucement. Donc par exemple, un cheval cerveau droit extraverti qui a un petit peu d’aisance et qui est un peu souple, à l’aise avec son corps – peut-être un cheval un peu athlète – eux, ils peuvent faire des kilomètres de déplacements latéraux super vite, en étant hyper souple, et en se débrouillant.

Toi, tu vas tout de suite dire : attend, attend. Doucement, on prend notre temps, tu vas te mettre face à ton cheval, et tu vas faire des pas très lents. Et si lui butte contre son licol, tu vas attendre, tu vas juste attendre, tu vas continuer ton rythme très lent. Et dès que ton cheval va commencer à ralentir, tu souffles un coup, tu souris pour indiquer que là il est sur la bonne voie.

Tu fais ça, jusqu’au moment où ton cheval commence vraiment à se calquer sur ton énergie. Et c’est super important que tu sois très lente, très calme, très douce dans tes pas et que vraiment que tu dégages cette sensation de sérénité, de zénitude on va dire. Parce que si tu es comme ça aussi, comme ton cheval, lui en fait il va tenir, comme on est en train de mettre en place cette idée que tu es son référent, il va faire comme toi, il va venir se calquer.

Et en plus les chevaux, je pense que tout le monde le sait, c’est des éponges. Et surtout à l’émotion. Et s’ils sentent que t’es comme ça, ils vont venir prendre cette émotion-là, surtout les droits extravertis qui sont émotionnels encore plus que les autres. Et donc il faudra que toi, tu fasses un effort énorme pour arriver zen, cool. Tu peux faire une petite méditation avant de prendre ton cheval, tu peux vraiment respirer, etc., travailler vraiment à fond là-dessus avant même d’aller détacher ton cheval du camion pour commencer ce petit travail-là.

Alors après dans les conseils que je pourrais te donner pour purement la détente en selle, il y a cette idée qu’il faut mettre absolument un objectif à votre détente.

Alors si vous êtes dans un concours dressage et que votre cheval est complètement barjot et qu’il pense à complètement autre chose qu’à dérouler sa reprise, si vous êtes en concours d’obstacle c’est pareil, en général en paddock il y a beaucoup de monde, c’est très intense, il y a le stress des énergies de tout le monde, pour faire en sorte que votre cheval soit concentré sur vous, il y a une chose qui est essentielle, c’est de garder des choses très simples mais être très exigeant sur ces choses simples. Par exemple, si votre cheval n’est pas capable de trotter, marcher, galoper aux trois allures avec des rênes semi-longues ou longues, déjà pour moi votre cheval n’est pas prêt à aller plus loin ce jour-là en question.

Donc par exemple, un des objectifs que vous pourriez mettre en place c’est, pendant la détente en selle, j’aimerais que mon cheval soit… faire par exemple un 8 de chiffre dans la piste de détente et dire : à chaque fois qu’on arrive au centre on fait une transition au pas par exemple, ou un arrêt, et tant que cette transition n’est pas mieux je continue ce travail-là et je récompenserai très chaleureusement quand le cheval aura déjà été un peu plus disponible et plus concentré sur ce que je lui demande.

Donc rester sur des choses simples. Parce qu’un cheval qui est dans le stress, il n’est pas capable de donner des choses incroyables, ou alors sous une pression énorme et là ça créera d’autres problèmes plus tard. Mais si vous voulez garder un cheval qui est dispo, qui est content d’être là et qui fait les choses de façon vraiment volontaire, il faut rester très, très simple, mais très exigeant sur ces choses simples.

Et c’est comme ça que vous allez avoir petit à petit votre cheval qui va se relâcher, dire : ok ça va, les transitions je gère, je ne suis pas tenu par des rênes d’un cavalier tendu parce qu’il sent que je ne suis pas hyper à l’aise, et je peux gentiment me responsabiliser, prendre mon autonomie, me prendre en charge, gérer mes émotions.

Et ensuite alors vous pouvez commencer à travailler. Mais tant que ça, ça n’est pas bon, moi je détendrais, je continuerais sur une détente toute simple, même si tous les cavaliers vous regardent avec des yeux un peu étonnés de ce que vous êtes en train de faire, c’est pas grave, vous continuez votre truc, vous ne vous préoccupez que de ce que vous faites, et vous aurez d’office une bien meilleure session en concours que si vous précipitiez les choses.

Donc voilà, j’espère que ça vous aura servi et j’espère Julie que ça te servira, j’espère que tu arriveras à mieux gérer ce stress, ces histoires de calme en concours.

Et je vous dis à très bientôt pour une nouvelle vidéo.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.