Et si on faisait une pause ?

A l’occasion de la Cavalcade des blogs (cliquez ici pour découvrir le concept), Audrey du blog Qalo & Lolotte nous invite à partager notre témoignage sur les bénéfices que peut procurer une pause dans notre équitation. Voici ma proposition =) !

Pas un cavalier au monde n’a été épargné par un repos, forcé ou désiré. Qu’il s’agisse d’une blessure, d’une maladie, d’une période professionnelle ou personnelle bien chargée, ou même de vacances…

Une pause forcée : gérer la frustration et la culpabilité

Un accident, un cheval malade, ou blessé : un repos forcé est rarement bien accueilli. Trifine a enchaîné 2 ans d’abcès, et nous avons mis du temps à comprendre comment résoudre ce problème. Quelle sale période pour moi ! J’ai été frustrée, terriblement frustrée. Le nombre d’exemples ne manquent pas : une mauvaise chute, un cheval qui se blesse au pré juste avant un stage, autant d’exemples qui ruinent nos projets et, également, notre plaisir.

La bulle d’air du cavalier de loisir est entravée par des difficultés apportées par la vie. Les objectifs du cavalier amateur éclairé ou du professionnels sont ruinés. Gérer sa frustration devient alors primordial : on peut vite ressentir de la colère, chercher des responsables à notre malheur, manquer de recul et de sagesse.

Jazon

Mon conseil, c’est de relativiser. De voir le verre à moitié plein. De profiter de ce gain de temps pour pratiquer des activités que vous n’avez pas l’occasion de pratiquer. Et d’apprécier de ne rien faire avec votre cheval : être avec lui, en sa compagnie, faire les soins si besoin, est vraiment la base ultime d’une relation renforcée et de belles performances futures. Avec Trifine, j’ai expérimenté la force d’une pause dans la construction du lien. Jazon, qui a été opéré de coliques en Mars, a également une attitude formidable avec moi. Ces moments de “rien”, de simple présence, font beaucoup plus qu’ils ne coûtent. Appréciez-les.

Serena

Une période professionnelle chargée, une vie personnelle un peu compliquée : parfois, on manque terriblement de temps pour notre cheval. Jongler entre toutes nos activités quotidienne est un défi complexe. Personnellement, je culpabilise toujours beaucoup de reléguer mes chevaux au second rang. J’ai une jument PSSM, qui a besoin d’être entraînée régulièrement. J’ai un poney en réhabilitation qui a besoin de séances régulières et douces pour être en forme. C’est difficile de réduire le temps que je leur consacre, car j’ai parfois la sensation d’être une “mauvaise mère”. Vous voyez le souci ?

Trifine

Mes conseils sur la gestion de la culpabilité gravitent autour d’une expression : le lâcher prise. Culpabiliser parce qu’on n’a vraiment pas le temps, c’est inutile. Culpabiliser parce qu’on a le temps mais qu’on a la flemme, c’est inutile – mieux vaut vous bouger du canapé ou assumer de pratiquer une autre activité.

Une pause désirée

On va pas se mentir : les chevaux, ça prend de la place, beaucoup, beaucoup de place. Ça se glisse dans tous les aspects de notre vie – et encore, mes chevaux ne vivent même pas chez moi ! Ils sont le centre de mes préoccupations, et parfois, c’est très fatigant.

Il fut un temps, même partir en vacances était un stress. Je me demandais : comment gérer s’il y a un problème ? Est-ce que je peux les laisser entre les mains de quelqu’un d’autre ? Maintenant, ils sont dans une structure qui me permet de couper complètement pendant 3 semaines. Cela vide la tête, et permet de revenir dans un état au top. Et j’assume totalement de les laisser entre les mains de quelqu’un d’autre. Parfois, se recentrer permet d’être une bien meilleure Femme de Cheval. Il ne faut pas oublier ça. Il ne faut pas se mentir : nos chevaux n’ont pas vraiment besoin de nous voir tous les jours. S’ils ont des copains, vivent dehors, sont surveillés et mangent à leur faim… Ils vivent leur propre vie de cheval.

Une pause méritée

Ce qui m’amène au dernier point. L’entraînement régulier, est, à mon sens, indispensable pour avoir un cheval sain et montable. Cependant, quand je vois le bien fou que peut me faire une pause dans ma pratique quotidienne… Je n’ose pas imaginer l’importance d’une pause pour mes athlètes chéris.

Moi-même, je suis sportive. La plupart des athlètes font au moins une pause annuelle de 2 à 3 semaines, pendant laquelle ils stoppent tout entraînement.

En quoi les chevaux échapperaient-ils à cette règle ? Le corps a besoin d’une pause et le mental également. Nous sommes faits pareil. Alors pour le bien de vos chevaux : entraînez-les régulièrement, et offrez-leur les pauses qu’ils méritent.

 

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4 thoughts on “Et si on faisait une pause ?

  1. J’ai bien aimé ton article. Tu parles bien de cette culpabilité que l’on ressent lorsque l’on s’occupe d’un cheval et que l’on veut bien faire ! L’autre jour, il faisait un temps épouvantable dehors et mon cheval, un KWPN d’1m80, qui supporte mal le mauvais temps tremblait dans son pré malgré le complément en foin. J’étais dans ma maison et je me disais oh lala, il est pas bien,il faut que je le rentre. Ce que j’ai fait. Mais une fois au box, je me disais oh le pauvre, il est tout seul dans son box et il hennit … Alors dans ces cas là, pour dire stop à la culpabilité d’une décision … je me lave les mains ! C’est un petit truc psycho qui marche plutôt bien. Quand je prends une décision, je me lave ensuite les mains et je passe à autre chose !! A bientôt !

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