Un équilibre entre sport & horsemanship

Salut Internet !

Purée, la vie c’est quand même vachement compliqué hein. Surtout quand on a décide de faire du poney, d’un coup, le temps et l’argent sont des ressources qui diminuent aussi rapidement que la forêt d’Amazonie. C’est pas marrant, quoi.

Bref, mon cher blog, je l’ai un peu délaissé et je sais pas si je vais réussir à faire mieux vu les mois de folie qui m’attendent, mais je vais essayer de trouver quelques minutes pour raconter un dilemme qu’on est, je crois de plus en plus nombreux à rencontrer. J’avoue que je constate une nette progression de cavaliers souhaitent évoluer sportivement tout en alliant bien-être et relation avec le cheval. Or, vous savez comme moi que tout prend du temps, et le temps, je vous le rappelle, c’est comme les êtres humains intelligents : ça se raréfie.

Le horsemanship n’est pas une discipline, mais…

Donc en gros, tu prends un cavalier qui veut vraiment approcher son cheval sous l’angle horsemanship. Il a envie de l’éduquer en suivant ces principes, il aimerait vraiment le développer en liberté, en freestyle… Pour aller au bout du truc, quoi. Pour avoir un sentiment de mission accomplie, pour asseoir une relation forte et un cheval tip top dans ses baskets.

Quand on pratique le horsemanship d’une façon ou d’une autre, on a HORREUR que nos collègues d’écurie nous disent : “j’ai fait ma séance d’éthologie aujourd’hui !” (sic)… Surtout quand ils se laissent tracter par leurs chevaux ou que rien ne va en dehors de ladite séance. On porte cette mission inébranlable de dire au monde que non, ça n’est PAS une DISCIPLINE Jeannette !

Pourtant, on a vite fait de réaliser qu’en fait, beaucoup de cavaliers de loisir en font une discipline. Ben oui, à partir du moment que vous voulez développer vos skills en liberté ou freestyle, va falloir bosser dur… Ça va prendre du temps, du travail, et vous allez consacrer des séances entières à ça.

Quand t’as une vie normale, et qu’il faut caser : dressage lundi, liberté mardi, mercredi balade, jeudi shiatsu, vendredi online, samedi dressage…

Et que ta famille veut brûler ton poney parce qu’il accapare toute ton énergie et ton temps, tu sais qu’il va falloir faire des choix et fixer des priorités.

Oui, mais j’ai vraiment envie d’avancer en liberté… Mais en même temps, si je laisse le dressage de côté, mon cheval va perdre en musculature et forme physique, et tout le travail sera perdu… Et en plus il était enfin sorti de son obésité morbide due à l’herbe printanière, donc si j’arrête ça n’ira pas… Mais en même temps j’adore la liberté… Mais j’ai 24h dans une journée et 7 jours dans ma semaine, un travail, peut-être un compagnon voire même une vie de famille.

Tu vas donc faire un choix.

Sport – TAP – Sport – Liberté – Sport ?

Personnellement, je rencontre cette problématique car professionnellement, j’aimerais évoluer en dressage. Quand je dis évoluer, c’est un minimum sérieusement. Jusqu’ici, j’aimais finaliser l’éducation des chevaux minimum jusqu’à un petit Level 3 complet. Ça me donnait la sensation que le gros du travail éducatif était fait.

Puis, San est entrée dans ma vie. Et je me suis rendue compte que j’allais devoir revoir mon programme.

En fait, physiquement, San a quelques trucs à revoir. Elle a (avait) une proprioception archi pourrie, posturalement, c’était une abomination, ses réflexes étaient très mauvais, bref. En dehors de toute considération équestre, même seule en prairie, elle me faisait peur tellement elle gérait mal son corps. Alors que San a une très bonne base génétique, des allures super aérienne, bref, y’a du potentiel (même si personne me croyait, ce que je comprends vu la dégaine qu’elle avait, mais j’aurais ma revanche héhéhéhé).

Donc du coup, après quand même avoir fait un débourrage façon horsemanship, en ayant pris le temps qu’il faut, j’ai pas attendu du tout qu’elle soit en cordelette avant de me mettre au dressage de façon sérieuse. Et je n’ai aucun regret, tant elle a évolué d’une façon incroyable notamment ces 4 derniers mois. Elle est transformée physiquement, et commence à être très cohérente, même sans cavalier et ça, c’est super gratifiant.

Mais j’ai du clairement laisser tomber notre évolution pur horsemanship. Elle connaît plein de trucs attention, elle a quand même un bon niveau… Mais j’ai pas trop fait de liberté depuis longtemps. Je n’ai plus trop fait de freestyle pendant une séance entière depuis un bail. En longe, je fais des trucs super basiques même si elle a largement de quoi passer un bon Level 3… Toutefois, mon choix a du se faire de façon nette et décisive.

Apprendre à mettre des priorités convenant au cheval

Dans mon quotidien d’enseignante, je constate que les propriétaires sont souvent torturés et frustrés entre leur envie de développer le cheval dans une discipline sportive, et le travail éducatif horsemanship. Ils pensent qu’ils doivent avoir un level 35 avant de pratiquer leur discipline, ce qui n’est évidemment pas vrai. Si votre cheval est tip top dans sa tête et que la communication va super bien, je vois pas pourquoi vous devriez avoir un travail en liberté irréprochable. C’est un choix, que de développer la liberté.

Vous devez prendre le temps de fixer vos envies et vos priorités… Puis regarder votre cheval et faire le bilan de ses priorités à lui. Est-ce que vraiment, ce cheval a besoin de faire des heures de 8 de chiffre autour de 2 plots pour évoluer positivement physiquement et mentalement ? Ou bien est-ce vous, qui êtes obsédé(e)s par votre Level 3 et par ce que les autres vont penser de vous lorsque vous l’obtiendrez ? Est-ce bien votre cheval qui a besoin de sortir en obstacle maintenant tout de suite, ou bien est-ce vous, par pression de ses propriétaires ou parce que c’est ça que vous aimez ? Est-ce qu’il n’aurait pas besoin d’une petite cure de travail à pied pour apprendre à se relâcher d’abord ?

Bref, l’équilibre entre le sport et la relation, c’est comme dans n’importe quel couple : il faut trouver le point d’équilibre entre ce que vous aimez vraiment, ce qu’il faut faire pour l’atteindre, et ce dont votre cheval a réellement besoin pour se sentir mieux.

 

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