Un cours en Liberté avec Aurélie de Mévius, instructrice Parelli 2*

J’ai beaucoup trop de travail en ce moment, vive la fin du Master et le mémoire…

J’ai quand même trouvé un petit moment pour faire un compte-rendu d’un cours absolument génial avec Aurélie de Mévius, qui pour rappel, est instructrice Parelli 2* , avec laquelle je travaille depuis que je suis arrivée en Belgique, et qui est une excellente prof.
J’ai pris cours avec Jazon, car il me pose trop de questions en ce moment. Il se centre, il devient assez difficile à lire. Lui qui est RBE (cerveau droit extraverti) à la toute base, j’ai refait le Horsenality Report (celui qu’on paye sur le site de Parelli – je vous rassure, il y avait une grosse baisse ce jour-là, sinon oui, c’est hors de prix), et là, surprise… J’obtiens RBE/RBI cusp ! Autrement dit, Jazon est majoritairement cerveau droit extraverti, donc tendance à la fuite, à s’inquiéter vite, à agir avant de réfléchir si je puis dire, de nature plutôt stressée et dont les pieds bougent très facilement… Avec une partie minoritaire mais bien présente de RBI, cerveau droit introverti, qui lui, va stresser à fond, mais plutôt se figer, se bloquer, sous l’effet de pressions parfois infimes (un regard peut suffire dans certains cas), et exploser si jamais on le pousse trop à bout.

Il faut garder en tête que le Horsenality Report dépend énormément du degré de précision de lecture que l’on a de son cheval. Forcément, puisque c’est nous qui répondons aux questions, avec un regard subjectif. Un total débutant en Parelli aura probablement un résultat un peu faussé… Car oui, je pense que Jazon a toujours eu une tendance RBI, seulement, en progressant, j’ai appris à la percevoir.

Outre ce problème, Jazon se centre, et régulièrement, comme il est de moins en moins stressé ou anxieux, et de plus en plus confiant, ben il offre de beaux comportements de cerveau gauche. Parfois, difficile pour moi de savoir où il se situe à un instant T et comment agir en fonction, car les stratégies pour obtenir du plaisir et de la confiance chez son cheval sont très différentes en fonction qu’il est cerveau gauche ou droit, extraverti ou introverti… Bref, j’ai du mal à passer d’un cerveau à l’autre si je puis dire Razz

En travaillant mon Level 3 Liberty, j’ai constaté que Jazon exécutait très vite très bien les exercices exigés. Du côté “technique”, on va dire, il ne pose pas de problèmes malgré mes nombreux défauts. En revanche, son expression… Horrible ! Il a souvent les oreilles en arrière, le nez très froncé, bref, un air fâché qui me désespérait un peu : pourquoi tant d’inconfort ? Est-ce un problème de lecture de mon cheval ? Est-ce un problème technique, un défaut de langage corporel ? Si vous lisez cet article, regardez un peu mieux les vidéos autour de vous, notamment certaines vidéos de La Cense : les chevaux ont souvent cet air en colère, et on ignore ça, en se disant qu’il est content, que c’est sa façon de manifester son excitation ou que sais-je. Or, chez Parelli, on s’en inquiète pas mal (parfois trop ? peut-être…), ce qui apporte encore un degré de lecture supplémentaire qui est passionnant. Bref, du coup, j’ai préféré mettre de côté le Level 3, et me concentrer sur l’adhésion de mon poney, sa participation, le plaisir qu’il prend et pas sur la bête exécution “technique” qui me donnera mon Level et flattera mon égo.

J’explique tout ça à Aurélie.

D’abord, un rappel important : passer des moments de “rien” avec lui, comme l’instant grattouilles en début de cours qu’il a grandement apprécié… C’est très important. D’ailleurs, les moments de “rien”, je constate qu’avec Trifine, ça a été salvateur. Jamais notre relation n’a été aussi bonne que depuis les 2 ans d’abcès. Beaucoup de moments de soins, pas de travail ou peu.

Toujours être dans le “faire“, c’est une forme de pression qui peut le faire passer du côté introverti de la Force ! Ensuite, dans des périodes un peu hivernales où on galère à “faire” comme d’habitude, parce que piste gelée, piste mouillée, drache belge, parce que pas les moyens d’avoir un manège, on est un peu trop exigeant les rares moments où l’on a du sec, du soleil, ou alors on répète un peu de manière monotone des exercices puisque le suivi est moins bon. De mon côté, c’est pas entièrement faux, ni entièrement vrai, mais c’est quand même un truc qui se tient pour dire que du coup il n’arrive pas toujours à 200% motivé.

On commence en longe. Elle utilise le fait que Jazon n’aime pas trop les déplacements latéraux (normal pour un cerveau droit, qui plus est avec une tendance introverti, puisque c’est ZE exercice qui les “force” physiquement à se relâcher – outre le fait que physiquement c’est pas non plus idéal pour lui qui est très compact !) pour justement le détendre. Donc on est en conduite, à plus ou moins 1/2 mètres de distance l’un de l’autre, sur un cercle. Le but, c’est de passer fluidement d’une marche active mais relâchée, calme, à quelques pas de déplacement latéral. Très vite, je la joue trop “robot”, à casser l’exercice en étapes saccadées, or, ce qu’il faudrait à Jazon, c’est que je sois plus gracieuse Razz on répète jusqu’à que je sois plus claire et plus souple. Quand je casse le mouvement, il se casse physiquement en remontant un peu violemment la tête, et après il fronce le nez… Alors que quand mon langage corporel est meilleur, il a une bonne tête. On fait ça au trot, des deux côtés. Pas de pause arrêt : il doit trouver du confort à marcher relâché avec moi, c’est un peu le challenge du jour.

On passe ensuite en liberté, pour répéter l’exercice. Il se barre presque tout de suite (ça c’est pas fréquent !), fonce dans Barkan, le cheval attaché pas loin, et Aurélie me dit de faire comme si j’étais toujours avec lui, imaginer un élastique géant qui s’étire, s’étire, et même s’il se casse, il faut faire comme si on était encore ensemble, comme si une longe de 40 mètres nous séparait. Donc là, il faut remettre du mouvement en avant, je ne manque pas d’effrayer le pauvre Barkan que j’avais parfaitement zappé du paysage (concentration totale), Jazon avance, et finalement il se reconnecte assez vite. L’idée, c’est vraiment de ne pas se focaliser sur le rappel, mais sur le confort qu’il aura en venant vers moi de son propre chef. Donc on évite de s’exciter sur “REVIENS TOUT DE SUITE PONEY !!!” (façon propriétaire de chien qui se barre dans la rue, vous avez déjà vu ça nan ? Le proprio qui hurle “ICIIII” avec un air méchant, ça donne pas envie d’aller le voir, alors imaginez le chien…), ou “Ne me quitte pas” (référence belge oblige Razz), mais plutôt “ah ? ok, va où tu veux, mais si on trottait ?“, et le suivre comme si on était en conduite à grande distance. Et dès qu’il revient lui proposer de repasser au pas relâché qu’on a travaillé avant en longe. On a vite eu quelques couacs en STM (Stick To Me), soit il me dépassait et me perdait, soit il avançait pas et la pression du stick au postérieur le dérangeait, du coup on a beaucoup exploité ce côté : j’avance, je suis toujours avec lui même s’il a perdu mon épaule, je fais attention à utiliser ma trajectoire pour l’aider à retrouver mon épaule (oui parce que si je continue sur des petits cercles, il arrivera jamais à me rattraper… Évidence… donc proposer de temps en temps des lignes droites pour lui faciliter la tâche), et je récompense avec un pas tranquille et actif avec caresses à la clé.

Bref, même si les déconnexions ne sont pas très habituelles, c’était top d’avoir ce problème car Aurélie m’a proposé une version bien plus logique et naturelle de les gérer ! Et nettement plus confortables pour Jazon !

Ensuite, l’exercice marche/déplacement latéraux alternés, en liberté, ça s’est à nouveau super bien passé. J’ai fait plus attention à la fluidité. C’était clairement mieux. Jazon avait de supers expressions. On a fini là dessus, c’était top de chez top.

Bilan :

  • fluidité dans les demandes !
  • prendre le temps de faire autant de cercles que nécessaire jusqu’à qu’il se détende (comme en selle, finalement)
  • pour les DL, s’il ne bouge que les épaules, amener le stick vraiment haut (décollé du sol) avant de faire une phase 4 qui « tombe » sur les postérieurs
  • fluide dans les transitions vers les DL, tourner les hanches vers lui sans couper le mouvement et privilégier le mouvement en avant, toujours en priorité
  • quand on est en liberté, et qu’il se barre, faire comme si on était toujours ensemble, aller avec lui, et demander le mouvement en avant, récompenser avec du pas relâché comme un si c’était un arrêt quand il retrouve mon épaule
  • quand on est en STM et qu’il me « perd », regarder ses postérieurs par le côté extérieur, attraper avec la cordelette s’il ne comprend pas, et récompenser avec un pas relâché comme un arrêt
  • imaginer un grand élastique qui tire, tire…
  • imaginer qu’on est en grande longe de 40 mètres quand il part et faire comme si de rien n’était, ne pas apprendre à ne pas partir, mais donner envie de revenir en apportant du calme, du relâchement et de la clarté
  • En STM, utiliser le porc épic pour le repousser s’il colle à l’épaule et pas sur l’encolure, et si je le répète 4 fois, utiliser une fois le stick franchement pour confirmer ma demande
  • donner du confort dans le mouvement
  • avancer dans le trot, avoir une vraie impulsion et récompenser par un vrai pas actif pour donner du confort dans le mouvement
  • s’il ne trotte pas assez, il est coincé dans son dos et dans sa tête
  • quand il prend des décisions à ma place (comportements plus cerveau gauche), faire comme si c’était moi qui décidait et suivre sa décision comme si c’était normal
  • répéter un mouvement dans la fluidité jusqu’à ce que ce soit bien et garder le mouvement au pas pour récompenser
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3 thoughts on “Un cours en Liberté avec Aurélie de Mévius, instructrice Parelli 2*

  1. “Du côté « technique », on va dire, il ne pose pas de problèmes malgré mes nombreux défauts. En revanche, son expression… Horrible ! Il a souvent les oreilles en arrière, le nez très froncé, bref, un air fâché qui me désespérait un peu : pourquoi tant d’inconfort ? Est-ce un problème de lecture de mon cheval ? Est-ce un problème technique, un défaut de langage corporel ? Si vous lisez cet article, regardez un peu mieux les vidéos autour de vous, notamment certaines vidéos de La Cense : les chevaux ont souvent cet air en colère, et on ignore ça, en se disant qu’il est content, que c’est sa façon de manifester son excitation ou que sais-je”

    Cela m’interpelle, je me suis toujours demandé pourquoi dans les vidéos de travail en liberté les chevaux baissent les oreilles.

    Du coup, comment faire pour changer l’attitude du cheval? que faut-il nous même changer pour que le cheval deviennent participatif et plus heureux de le faire, au lieu d’être robotisé?

    1. Je pense que c’est au cas par cas. Une mauvaise expression n’est qu’un symptôme de problèmes très variés… Pour ma part, le problème est simple : je fais trop de “bruit” avec mon langage corporel. Je ne suis pas assez claire et rigoureuse dans l’utilisation de mes phases. Jazon est un RBE/RBI qui a besoin de longs moments de pause pour relâcher toute pression. Je ne lui procurais pas assez auparavant. Globalement, je lui mettais trop de pression.
      D’autres exprimeront un autre type de malaise…

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