[STAGE] Un week-end 100% Horsemanship

J’ai eu la grande chance de passer deux jours chez Aurélie de Mévius, instructrice Parelli 2*, pour un stage de cours privés en Horsemanship. Trifine et Serena étaient les deux projets du week-end.

Les objectifs sont clairs :

  • Avancer dans le débourrage de Serena (un article sur elle arrive), en obtenant d’elle calme, sérénité, et plaisir.
  • Démarrer le travail vers un (très lointain) Level 4 avec Trifine, en Liberté et Freestyle.

Les lieux sont extraordinaires… Voyez par vous-même :

Stage Horsemanship – Jour 1

Trifine

Trifine ne fait qu’une seule heure : elle n’est pas carrée par s’est marché sur une plaie pas encore parfaitement fermée (dont je parlerai bientôt !) et impossible de trop lui en demander. J’opte donc pour le démarrage de la liberté avec elle.

On débute dans la piste extérieure, avec la longe de 7 mètres. Le premier constat d’Aurélie, c’est qu’il va me falloir utiliser bien plus toute la longueur de la longe, car au Level 4 du Parelli  Natural Horsemanship, on utilise le lasso, qui fait pratiquement le double (+-14 mètres) !

Elle me suggère de travailler sur quelques cercles en conduite, enchaîner des lignes droites avec des courbes, essayer quelques transitions, plusieurs arrêts, plusieurs reculers, et quelques déplacements latéraux. Tout se passe bien, Trifine est très réveillée.

Lors des changements de direction en longe, Trifine va vite, mais cela manque en qualité : on prend le temps de faire les changements de façon plus lente et décomposée. On débute donc avec un arrêt, un reculer, la demande de changement de direction, puis un arrêt et à nouveau un reculer. Je répète l’exercice jusqu’à qu’elle recule en s’appuyant réellement sur ses postérieurs, et ensuite seulement, je peux rajouter de la vitesse.

Trifine a toujours tendance à s’effondrer sur ses épaules : normal, vous avez vu la taille de l’avant-main ? Non seulement tous les chevaux ont plus de poids sur les épaules, mais chez elle, la caractéristique est accentuée.

On se dirige ensuite vers le rond de longe voisin.

On débute avec un Stick To Me pendant lequel je mets un “code” en place pour encourager la jument à garder son épaule proche de moi. Je marche à ses côtés, disons, à main gauche. Si elle ralentit, je dois me tourner vers la gauche, en allant regarder ses postérieurs loin derrière. Si elle ne réagit pas, on monte en phase : la jument va accélérer, peut-être même partir se déconnecter. C’est pas grave : on apporte du confort dès qu’elle vient approcher son épaule de moi. Dans le rond de longe, les distances sont petites, donc il est facile de mettre ce code en place.

On répète aux deux mains jusqu’à qu’il y ait une amélioration.

Ensuite, Aurélie me demande de faire une petite “danse” des antérieurs et des postérieurs.

Imaginez-moi face à Trifine. Je vais aller marcher vers ses postérieurs du côté gauche, disons. Trifine va désengager jusqu’à me faire face. Alors, je pousse ses épaules de la droite vers la gauche avec mon stick, et je me retrouve, en face, et du côté droit de la jument. Alors, je marche vers ses postérieurs du côté droit, elle désengage, me fait face, et je repousse les épaules du côté gauche vers la droite, et ainsi de suite. On répète l’exercice jusqu’à que les mouvements soient bien précis, propres, calmes et lents.

Nous nous sommes arrêtées là-dessus. Cet exercice permet vraiment de prendre le contrôles de tous les blocs que composent le corps du cheval, tout en travaillant la précision.

Serena

Serena a fait 2h d’un coup, pour pouvoir prendre le temps nécessaire à sa décontraction. L’idée est de faire un début Online, et finir par monter.

Il s’avère qu’elle n’est pas tendue comme d’habitude ! Elle est bien trop préoccupée par son environnement. Vive les cerveaux gauches. On est d’abord allées dans le rond de longe. Je montre la jument d’abord en jeu de la conduite, avec quelques changements de direction : même constat que Trifine. Ça va trop vite, cela manque en qualité. Ensuite, on travaille sur quelques reculers. Puis des déplacements latéraux.

Aurélie me conseille de les faire contre la barrière, afin d’avoir un objet “neutre” si jamais Serena monte en pression. Elle pourra s’énerver contre la barrière, sans que la barrière ne fasse quoique ce soit, ce qui encouragera Serena à se décontracter seule. Dans les déplacements latéraux, Aurélie m’invite à être très rythmique, et très constante. Je dois être une sorte de métronome, et Serena doit se caler sur moi. Mon job est donc d’être constante, tout le temps.

Cet exercice aide beaucoup la jument à se décontracter. On fait de longs déplacements, jusqu’à l’observation d’une amélioration : un meilleur pli d’encolure, un renâclement, ce genre de chose.

On termine par un jeu du cercle. La jument n’est pas très en avant, donc on travaille sur la clarté de mes 4 phases. Si je vais jusqu’en phase 4, je dois attraper l’arrière-main de la jument avec la cordelette du stick, doucement, mais assez fort pour qu’elle sente qu’il est temps d’y aller.

Au début, Serena court un peu dans tous les sens au trot. Ce n’est pas grave. On attend qu’elle améliore son trot d’elle-même, et on récompense avec une pause au pas.

Pour le galop, je faisais l’erreur de trop en faire dans le départ : c’est un cheval “jeune” dans le travail, son équilibre n’est donc pas optimal. Lorsque j’ouvre le bras pour indiquer le départ au galop, et que la jument répond en accélérant le trot, je dois attendre quelques secondes pour laisser le temps à la jument de trouver son galop. Éventuellement, je peux sortir de ma position “neutre” du cercle et l’accompagner en conduite.

Ensuite, en selle !

Je monte, tout se passe bien. Aurélie prend la jument en longe. Mon job, c’est d’être passager… Aurélie s’occupe du reste. Tout se passe super bien. Après du trot aux deux mains, Aurélie enlève la longe. Je demande une flexion latérale d’encolure de chaque côté. Mon job est de bloquer la main contre le garrot, attendre que la jument tente de reprendre sa tête, et résister jusqu’à qu’elle reste, calme, dans sa flexion pendant quelques secondes. Serena s’agace un peu, mais en faisant de la résistance passive, je ne lui laisse pas la possibilité de monter en pression plus que ça.

Ensuite, je me mets en cercle autour d’Aurélie, comme si j’étais en longe. Serena supporte assez mal les jambes, c’est mon problème avec elle depuis qu’elle est dans mon écurie au travail. Elle fouaille de la queue, baisse les oreilles, elle s’est même cabrée une fois pour me signaler son mécontentement. Aurélie m’invite donc à avancer bien plus mes jambes, et à ne les utiliser qu’en dernier recours :

  • d’abord, j’invite au mouvement en avant en ouvrant une rêne pour aspirer l’épaule
  • ensuite, je claque de la langue (ayant au préalable associé le claquement de langue au mouvement en avant à pied)

Avec cette façon de faire : zéro problème ! Je marche, trotte autour d’Aurélie et ça se passe vraiment très très bien. Bon, la direction reste approximative et les contrats d’allure ne sont pas là, mais c’est normal… Ça ne fait que peu de fois qu’on travaille vraiment en selle.

Nous nous dirigeons ensuite dans la grande piste. Je redemande des flexions latérales. Aurélie selle un cheval, et nous voilà parties… en balade !

Mon job, cette fois, c’est de diriger le nez de Serena sur les fesses du cheval leader. L’idée, c’est qu’en grande cerveau gauche, Serena va avoir ses centres d’attentions totalement divisés, regardant partout en extérieur – elle est très curieuse et la piste est plutôt ennuyeuse pour elle. Du coup, je peux en profiter pour poser les jambes avec plus de sûreté contre ses flancs pour qu’elle banalise la sensation.

On trotte dans les blés, et waouh ! Serena est une véritable Ferrari. Elle n’a strictement aucune réaction négative aux jambes. Tout se passe parfaitement bien.

Je suis super rassurée et heureuse de voir Serena ainsi. Hâte d’être au lendemain…

Stage Horsemanship – Jour 2

Trifine, Freestyle

Le matin, on fait une séance Freestyle : Trifine remarche normalement. Je ne l’ai pas montée depuis longtemps, mais elle pète la forme, malgré la chaleur. On commence en longe dans la grande piste, avec le même genre d’échauffement qu’hier. Seulement, on y ajoute des déplacements latéraux.

Je me mets en selle assez vite, avec la cordelette mais aussi le licol (on ne fait de la cordelette que depuis peu de temps). J’ai bien fait 😛 Trifine était en mode dynamique, très -trop- dynamique ! Elle était fort en avant, à tel point que je me suis fait prendre la main assez fort au galop, mais ça s’est réglé sans problème.

Mon défaut, en Freestyle, c’est de ne pas monter comme en dressage. Je suis trop “laxe” dans mon corps. Je ne dirige pas autant que quand je suis au contact : non seulement j’ai un outil en moins pour orienter le cheval, mais en plus mon corps n’indique rien de concret, donc Trifine part dans tous les sens ! Aurélie m’oriente de façon à ce que je travaille comme avec du contact dans mon corps : en étant claire, concrète, présente. Bref, faut que je monte bien quoi. Dès que je reprends possession de mon corps (mon excuse est que je n’avais pas monté depuis un mois => autant vous dire que c’est quelque chose qui ne m’était pas arrivée depuis que j’ai Jazon, donc depuis… 13 ans), c’est bon, tout redevient plus fluide ! Trifine tourne, galope en se rassemblant bien mieux.

#Têtedetueuse.

Au début, je la laisse trotter jusqu’à que son trot s’améliore. Si elle se laisse trop aller en avant, on raccourcit le tracé avec un cercle : plus elle se calme et ralentit, plus on agrandit le cercle, et vice-versa.

Même constat qu’à pied : Trif plonge sur ses épaules. On va mettre en place un code en porc-épic avec la cordelette pour relever l’encolure quand le besoin s’en fait. On commence déjà à l’arrêt, puis ensuite je demande à la jument de tourner à 180 degrés ses épaules, en gardant les postérieurs le plus sur place possible. Dès que ça s’allège et ça se fluidifie, on récompense.

Trifine, Liberty

Direction la piste intérieure – manège pour les Français.

L’après-midi, Trifine est cuite et il fait chaud. Nous nous rendons dans la piste intérieure pour faire un peu de liberté dans un plus grand espace que le rond de longe. Trifine est ramollie, mais elle est mentalement bien dispo. Tout d’abord en longe, je commence en lui présentant les lieux. Aucun souci, Trifine n’a pas peur de la nouveauté.

Je lui enlève le licol, et je fais “l’erreur” de retourner à l’entrée de la piste pour enlever le licol. Aurélie m’indique que ça peut casser un peu la connexion, qu’il vaut mieux – surtout aux débuts du travail en liberté – rester au centre de la piste.

On débute avec la fameuse “danse” des antérieurs et postérieurs effectuée la veille.

Changement de direction au pas.

Ensuite, on part en Stick To Me (STM), lui faisant observer la piste. On débute avec des arrêts, reculer, et changement de direction. On répète la même chose au trot, et ça se passe vraiment bien ! Trifine reste bien connectée, j’avoue être étonnée. On travaille également quelques rappels, en essayant de garder le trot dans le rappel.

On re-teste le fameux code où je regarde les postérieurs pour demander à Trifine de garder ses épaules proches de moi. Ça se passe bien, mais moi j’ai du mal à piger comment et où me mettre pour faciliter le job de Trifine.

Ensuite, on termine à nouveau par la danse des antérieurs, en partant cette fois sur des déplacements latéraux mais face à la jument. Trifine est extra, très précise et connectée. Elle a franchement une bonne expression, je pense parvenir à effacer les moments où elle contracte le visage avec du travail.

Aurélie m’encourage aussi à travailler l’aspiration des épaules, en porc-épic d’abord, en conduite ensuite, pour prendre le contrôle de tous les blocs du corps.

Travail des aspirations des épaules, en porc-épic.

Serena, Freestyle

Séance 1

Le matin, Serena a repris son attitude mentale énervée : pas que ça me fasse plaisir, mais je suis contente qu’Aurélie m’aide à la gérer dans ce genre de situation. Cela me permettra d’être plus efficace par la suite.

On commence en conduite, en présentant la piste. Assez vite, Aurélie me fait faire de très longs déplacements latéraux le long de la barrière, gérant également le passage des coins, en gardant ce rythme de métronome, jusqu’à que la jument se décontracte d’elle-même. Cela prend du temps, mais c’est rudement efficace.

Le travail qui suit sera un jeu du cercle, sur lequel on bosse en précision. Serena est déchaînée, court, galope, elle n’est pas concentrée du tout. Je suis en neutre, et je dois être très ferme sur la limite du cercle, car Serena pousse contre la longe. Je garde mon coude le long du corps et je résiste sans tirer. J’ouvre les doigts dès qu’elle arrête de pousser. Si elle raccourcit le cercle, je raccourcis la longe, et dès qu’elle se calme, je redonne du mou. Je ne fais finalement pas grand chose… Je la laisse réfléchir toute seule et elle se calme seule. Si elle donne du pas, je la laisse faire. Même un arrêt est OK. Par contre, tant qu’elle n’est pas 100% cool, je continue à redemander le trot après la pause. Si je m’arrête à 80%, j’aurais toujours la sensation de ne pas avancer avec elle. Le lendemain, il restera toujours les 20% du process à terminer, et ainsi de suite au quotidien. C’est probablement l’erreur que j’ai faite avec elle.

Ça nous a pris pas mal de temps.

Ensuite, je monte, dans la grande piste cette fois !

D’abord, je demande les flexions. Serena étant bien moins dispo que la veille, ça demande un peu plus de répétitions avant qu’elle les donne dans le calme et longtemps. Une fois ce travail fait, je reprends le mouvement en avant suivant les indications de la veille (ouvrir la rêne, jambes en avant, claquement de langue), et je suis partie pour faire du point-to-point avec un touch-it sur tous les obstacles dans la piste.

L’idée ? Que chaque déplacement ait un but, très important non seulement pour travailler la précision, l’intention, mais aussi pour que le cheval ait un objectif cohérent et se concentre dessus – surtout avec un gauche qui va vite s’ennuyer si on tourne en rond dans la piste.

Ça se passe étonnamment très bien, même si je sens que Serena est une petite bombe à retardement sous moi. Elle s’est contenue tout du long.

On s’arrête là-dessus !

Séance 2

L’après-midi, elle est un peu plus calme. On va en piste intérieure pour tenter un Passager.

On échauffe en longe avec le même travail que le matin, seulement cette fois, tout va bien plus vite.

 

En selle, on vérifie les flexions, le reculer. Lors du reculer, Serena pousse avec son nez contre les rênes (typique cerveau gauche), donc je répète jusqu’à qu’elle ne le fasse plus.

 

Bel exemple de désaccord total…

Le passager, chez Parelli, est un exercice fondamental en Freestyle. Je ne l’ai pas beaucoup fait, à vrai dire. Tout est dans le titre de l’exercice… On ne fait qu’office de passager, on laisse (plus ou moins) le cheval se débrouiller, et souvent on accompagne avec une personne à pied pour orienter en cas de blocage.

Aurélie est à pied, avec un long stick. Moi, j’ai mes rênes ajustées, je ne les ouvre que lorsqu’on est bloqués dans un coin, ou que Serena butte contre le pare-bottes. Aurélie gère le reste. Ça se passe super bien, mais ça fait bizarre de ne pas être le maître à bord !

On combine avec du touch-it.

Aurélie m’invite à gentiment appliquer les jambes en même temps qu’elle demande le mouvement en avant. Pareil, ça se passe très bien, j’ai même de très belles accélérations au trot, y’a un gros moteur là-dessous !

On est tout proche du galop, mais je préfère ne pas tenter, tant les efforts faits par Serena sont énormes. Je ne voudrais pas dépasser la limite de sa tolérance!

Bilan

Je rentre de ce stage de Horsemanship avec énormément de pistes. Aurélie m’encourage à beaucoup sortir Serena en balade. L’extérieur est la meilleure école de vie pour les jeunes… C’est quelque chose qu’on entend beaucoup en Horsemanship.

Serena, on a débloqué beaucoup de choses. Je la remonte bien évidemment depuis, et ça se passe vraiment très bien. Je ne sais pas jusqu’où on pourra aller ainsi, mais cette jument a un potentiel de dingue. Dommage qu’elle ait déjà 11 ans… Je me serais bien vue la sortir sur les carrés de dressage moi ! Elle fait déjà cheval-professeur avec ses propriétaires à pied, tant elle est précise et volontaire. Je ferai un article complet sur son cas plus tard 😉

Trifine m’a montré une fois de plus qu’elle est tellement géniale ! Elle aime bouger, sortir, voir de nouveaux lieux – ça tombe bien, car moi aussi. Elle est super motivée par le changement, la nouveauté. Et en plus, je me rends compte qu’elle a un gros potentiel en liberté que je n’avais pas vraiment mesuré. Aurélie a estimé qu’il y avait un gros changement d’attitude avec moi, elle a envie de faire des choses, il y a un dialogue. Je m’étais pas vraiment rendue compte du changement… Mais Aurélie nous suit depuis le tout début : quand c’était cata avec Trif. Donc c’est intéressant qu’elle suive l’évolution de ce travail en Horsemanship.

Je compte y retourner d’ici quelques mois, pour avoir une sorte de milestone régulier et un bilan de notre travail. 

Crédits photo : un GRAND Merci à Laureline Van Overmeir et Aline pour les photos !

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