Stage de Podologie Equine Libre (PEL) avec Guillaume Parisot

Dans ma conception des choses, un bon cavalier prend le temps de s’informer sur ce qu’est un cheval pour assurer son bien-être : comment il vit, comment il fonctionne mentalement et physiquement, de quoi il a besoin, etc.

Un cheval, c’est un animal de troupeau qui vit en extérieur, qui marche énormément, lorsqu’il vit dans un environnement adéquat. Un cheval naît sans fer ; dans la Nature, il parcourt des dizaines de kilomètres par jour, pieds-nus. Vous le connaissez, ce vieux dicton : pas de pied, pas de cheval. Un débat fait rage aujourd’hui dans le monde et surtout en France, puisque l’UFM (Union Française des Maréchaux-ferrants) tente désespérément de bannir d’excellents podologues du marché du travail. En effet : aujourd’hui, le milieu équestre découvre la réussite du pied-nu, et se retrouve confronté à une remise en question immense dans un monde où l’on ferre majoritairement les chevaux.

J’ai commencé à m’intéresser de plus près aux pieds-nus et au “parage naturel” il y a deux ans. Coïncidence, Trifine a commencé sa série d’abcès pile il y a deux ans. J’en parlerai prochainement. Une raison plus qu’excellente de me plonger à fond dans la podologie du cheval, la vraie, celle du pied qui n’est pas ferré, celle du pied de cheval, quoi.

Bien sûr, mes lectures, mes recherches, et l’évolution actuelle de Trifine pèsent très lourdement dans la balance pour le pro pied-nu. Grâce à une pareuse très sympathique, qui a prodigué de nombreux conseils, je pare mes chevaux de manière quasi autonome depuis un an, avec quelques parages de correction par cette pro. Autant dire que vu l’évolution TRES positive du confort, de la locomotion de mes chevaux, et des abcès de Trifine… Eh bien, rater un stage donné par Guillaume Parisot, dont le blog a éclairé certains éléments dans des périodes très sombres dominées par le doute (disons par exemple, une sortie de clinique ultra spécialisée en orthopédie équine pour laquelle RIEN n’ira sans fers), c’était juste impossible.

Le personnage en question éveille toute sorte d’émotions de par son registre assez agressif/affirmatif (choisissez le mot qui vous convient) par moment sur le Net, que certains détestent, d’autres adulent… Juste à garder en tête : ouverture d’esprit, tolérance, recul, et réflexion. La gouroutisation, je déteste ça, que l’on parle d’un génie ou d’un naze, dans les deux cas, c’est jamais bon. Tout comme le jugement sur base d’une personnalité, surtout en podologie équine où les débats sont bourrés d’émotion (ben oui, il en va de la santé de nos potes poilus), ça n’amène nulle part. Si l’on peut tirer un enseignement qui est excellent… Alors que demande le peuple ? Ne vous arrêtez pas à vos a priori. J’estime qu’il y a des choses intéressantes chez les personnalités qui divisent, surtout quand elles mettent les pieds dans le plat.

Guillaume propose à un prix franchement correct un stage de podologie sur deux jours, le premier jour étant consacré à la théorie, et le deuxième jour à la pratique : le fameux parage sur pieds morts que beaucoup redoutent. L’utilisation des pieds morts se justifie parfaitement : on ne va pas s’entraîner et faire des erreurs sur des chevaux vivants…

Attention donc : certaines photos pourraient choquer les âmes les plus sensibles.

Journée théorique
Concentration ultime... Crédits: Julie Dandoy
Concentration ultime… Crédits: Julie Dandoy

Honnêtement, j’ai trouvé ça vraiment très complet. Guillaume aborde tous les points essentiels au bien-être du cheval, des pieds à la psychologie en passant par l’environnement. Ça me rappelle un stage de saddle-fitting avec Eugénie Cottereau, où la dimension holistique était certainement mise en avant. Certes, ça peut paraître redondant pour certains, mais pour la majorité, je crois que c’est essentiel de le rappeler : un cheval heureux, c’est un cheval dont le système gravitant autour est holistique, c’est-à-dire que véto, ostéopathes, pareurs, professeurs travaillent dans une direction similaire.

Pour la partie podologie, bien entendu, c’est passionnant. Guillaume arrive à simplifier très bien des explications sur des processus que l’on soupçonne beaucoup plus complexes que ce que l’on voit. Il me semble que toutes les infos abordées lors du stage sont sur son blog, sous des formes  variées. Cependant, suivre une chronologie pensée pédagogiquement parlant, avec un mec aussi calé que lui pour répondre à la moindre de nos interrogations, ça fait toute la différence.

La PEL – Podologie Equine Libre

Si la philosophie est de sortir des carcans établis (on lit sur son blog : “Pourquoi Libre ? Parce que j’en ai marre d’avoir une étiquette collée sur le front, et que je trouve que s’enfermer dans une chapelle est contre- productif.”), pour offrir une podologie accessible par tous, ce qui est très louable, je crois que la PEL s’établit peu à peu comme une nouvelle méthode, celle de Guillaume Parisot. Et au vu des nombreux avis très, très positifs sur son travail, s’y intéresser vaut le détour.

Définition de la podologie équine libre : étude consciencieuse du pied-nu du cheval dans un environnement procurant des stimuli corrects, en mettant en œuvre les efforts appropriés pour favoriser une forme, des structures et des fonctions correctes.

La PEL se base sur le principe d’homéostasie. Il s’agit de la capacité innée d’un organisme à se guérir lui-même (cicatrisation par exemple). Ce principe est, à mon sens, à garder en tête pour les soins globaux du cheval.

Guillaume rappelle l’importance d’une approche holistique, globale : si le haut du cheval est tordu, à cause de lésions ostéopathiques ou de déséquilibres énergétiques, il y a des conséquences sur le bas, sur les pieds. D’où l’importance de l’ostéopathe et du shiatsu.

Petit rappel des axes anatomiques qui serviront tout au long de cet article :

  • haut = proximal
  • bas = distal
  • arrière = palmaire
  • avant = dorsal
  • externe = latéral
  • interne = médiane
Crédits : Podologie Equine Libre.
Crédits : Podologie Equine Libre.

En PEL, ce qu’on appelle le sabot est la partie non vascularisée, c’est-à-dire la boîte cornée. Ce qu’on appelle le pied, c’est l’ensemble des tissus mous internes vascularisés.

 

Un VRAI pied
Un sabot.
Là on voit le pied. Crédits : PEL
On voit les tissus internes : le pied. Crédits PEL

 

Juste avant de parer le deuxième jour, Guillaume nous a fait dessiner le pied avec les structures idéales. Je vous propose mon œuvre d’art pour faire un point sur l’anatomie du pied :

  • le point de bascule ou breakover est le point qui touche en dernier le sol (en pince).
  • l’apex est la pointe de la fourchette.
  • le bord distal de P3, la troisième phalange, l’os du pied, à mi-chemin entre l’Apex et le point de bascule. On dit distal car c’est la partie la plus “vers le sol” de P3.
  • les points d’impact (PI sur le dessin) sont les points qui touchent en premier le sol, idéalement situés au niveau de la partie la plus large de la fourchette.
  • les SOC (seat of the corns), la zone de sole dans l’angle des talons

Plan pied

On reviendra sur ce dessin.

Les points de bascule et d’impact

Les points d’impact et de bascule sont super importants, et j’ai pas beaucoup lu de choses à ce sujet. Pourtant, Guillaume les met beaucoup en avant, car ils ont un impact non seulement sur la lecture des structures, mais aussi sur la locomotion. Par exemple, un cheval qui se forge, c’est souvent du à un mauvais placement des points d’impact des postérieurs et des points de bascule des antérieurs…

Ici, on constate que l’impact du pied se fait en talon. La grande théorie des vétos/maréchaux qui aiment les fers c’est l’inverse : le cheval poserait en pince. Mais on y reviendra.

(là, c’est MAL)

Notez que si le point d’impact migre, le pied (donc les structures internes) se dégrade, et vice versa. Or, l’arrière du pied est probablement la zone la plus importante pour assurer une dynamique vertueuse aux structures ainsi qu’à la locomotion.

Ligne rouge = point d'impact du pied ferré. Or, la ligne bleue = partie la plus large de la fourchette, zone où devraient idéalement se situer les points d'impact comme on le voit à droite. Crédits : PEL
Ligne rouge = point d’impact du pied ferré. Or, la ligne bleue = partie la plus large de la fourchette, zone où devraient idéalement se situer les points d’impact comme on le voit à droite. Crédits : PEL
La sole… Pardon, LES soles !

En parage “classique” de maréchalerie, on estime que le cheval marche sur son ongle, c’est-à-dire sur sa paroi. On n’expose jamais la sole, car on considère qu’en faisant ça, on va blesser le cheval, en exposant une partie très sensible du pied. Or, c’est un peu le chien qui se mord la queue : moins on expose la sole, plus elle s’affaiblit puisqu’elle n’est plus stimulée. Donc le jour où on l’expose, le cheval est sensible, voire fait des abcès, ou des bleimes. Pourtant, un cheval normal, que l’on pare physiologiquement depuis qu’il est né, c’est-à-dire en tenant compte de la forme des structures internes, va développer une sole périphérique épaisse, dure, parce qu’elle sera exposée et stimulée en permanence.

Dans nos petits livres des Galops, on apprend qu’il y a une sole. En vérité, il en existe deux, et c’est un détail d’importance :

  • La sole primaire est située sous P3 : celle-ci, mieux vaut ne pas l’exposer, car on ne veut pas que le cheval marche sur son os. Elle est concave, creuse.
  • La sole périphérique est située autour de P3 : plus elle est stimulée et exposée correctement, plus elle s’épaissit, s’endurcit, et augmente la concavité du pied. Elle est convexe, bombée.
On voit bien la différence de couleur entre la sole palmaire et périphérique.
On voit une différence de couleur entre la sole palmaire et périphérique. Crédits: PEL
Là aussi.
Là aussi. Crédits: PEL

sole-primaire

Le cheval produit de la corne pour ne pas marcher sur son os, d’où la sole périphérique ! Elle est produite par le cheval (quand il est soit à l’état naturel et qu’il marche, soit quand il est paré correctement) pour protéger P3. D’où le fait que l’on apprécie une belle concavité chez un pied de cheval : un pied concave, souvent c’est un sabot dont la sole périphérique est joliment développée pour protéger l’os du pied.

En PEL, on expose la sole périphérique pour enclencher ce processus d’épaississement de la sole et l’amélioration de la concavité du pied, qui éloigne P3 du sol.

Pour mesurer l’épaisseur de la sole, on peut par exemple mesurer la profondeur des lacunes.

L’os du pied, P3, ou troisième phalange

Lors des premières années de la vie d’un cheval, l’os du pied, la 3ème phalange ou P3, peut très bien se déformer. Attention donc aux chevaux ferrés dès le plus jeune âge… P3 se situe au niveau de ce qu’on peut appeler “l’arche interne” du pied du cheval. En quelque sorte, sa voûte plantaire. Donc lorsque P3 se rapproche dangereusement du sol, on parle de descente distale… Puisque le cheval n’a plus d’arche interne. D’où la recherche d’un pied concave et non pas plat. Or, pour poser un fer, le parage taille un pied plat… Vous voyez le souci ?

Selon le site où j'ai trouvé cette image, à gauche ça serait P3 d'un cheval ferré, à droite d'un cheval non ferré... Crédits: sabotsnus.free.fr
Selon le site où j’ai trouvé cette image, à gauche ça serait P3 d’un cheval ferré, à droite d’un cheval non ferré… Observez le “creux” en pince. Est-ce que ça serait le pinçon qui aurait engendré ça ?
Crédits: sabotsnus.free.fr

Attention à la vue en coupe de P3 ! P3 a la forme d’un croissant, donc en coupe on peut avoir l’impression que son angle est mauvais alors qu’en fait, non.

A quoi sert une lacune ?

La lacune représente la limite entre le chorion producteur de la sole, et le chorion producteur de la fourchette.

Les lacunes donnent beaucoup d’infos. C’est l’endroit du pied qui a le moins d’épaisseur de tissu, donc c’est une zone à protéger, d’où la nécessité d’une vraie fourchette. Dans certains cas, elle dépasse même sur les côtés, couvrant ainsi les lacunes. Ce qui semble poser un problème quand on cure les pieds est en fait un phénomène très sain et il faut les laisser, car elles protègent ainsi le fond des lacunes.

Ensuite, l’angle de la lacune permet d’obtenir l’angle de P3 ! Une info très précieuse pour voir si le parage effectué jusque là permet aux structures internes de prendre leur place normale. En conséquence, une différence d’angle entre les deux lacunes révèlera un déséquilibre important…

Parois

  • La paroi interne est produite par les lamelles ou “lamina”. Cette paroi se construit en épaississement tout autour du pied (donc des structures internes, pour rappel).
Les lamelles
Les lamelles
  • La paroi externe est produite par les papilles. En gros, ça part du bourrelet coronal et ça “glisse” le long de la paroi interne, même si le “glissement” en question n’est pas encore très au clair dans la communauté scientifique.
b. et c. = les papilles Crédits : PEL
b. et c. = les papilles
Crédits : PEL

Plus la paroi interne est importante, mieux c’est. La ligne blanche (qui est donc plutôt dorée en vérité) relie la paroi à la sole. Elle est plus ou moins étanche et supporte un étirement limité.

On parle de matriçage des parois quand les deux types de parois se mélangent.

Fourchette

Ah, la fourchette…

Il s’agit d’une des principales structures d’appui du cheval. Mais… On peut avoir de belles fourchettes sur un pied non fonctionnel et vice-versa.

Parlons rapidement de pourriture (profonde) de fourchette : pour Guillaume, ça vient de l’intérieur du corps du cheval, et pas l’inverse. L’état des fourchettes traduisent l’état du cheval. Cela ne veut pas dire qu’on ne soigne pas en local, bien sûr. Aussi, un mauvais parage peut en être à l’origine.

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Un autre argument contre le fer : il empêche le fonctionnement de l’épine de la fourchette. Celle-ci s’adapte aux placements des talons droits et gauches, en se couchant d’un côté ou de l’autre, propageant ainsi l’énergie en protégeant l’articulation. Impossible avec un fer…

Fonctionnement de l'épine de la fourchette
Fonctionnement de l’épine de la fourchette

Donc quand le cheval tourne : un talon remonte, l’autre descend, les articulations sont préservées.

Anatomiquement, les barres s’arrêtent à la moitié de la fourchette.

Dissymétries, déséquilibres

Selon Guillaume, tous les chevaux ont plus ou moins un high/low syndrome, car ils sont tous dissymétriques !

High/Low Syndrome
High/Low Syndrome
Les bourrelets
  • Bourrelet coronal : il ne s’agit pas une structure de support. Il est relié au pied par des fascias sauf au niveau du processus extenseur de P3 (là où le tendon extenseur s’attache sur P3)

index

  • Bourrelet périoplique : c’est le cuticule du cheval, le joint entre la paroi externe et la peau.
Fonction des structures internes

Et on commence avec cette vidéo délicieuse.

Dégueu hein ? Voilà, l’effet du fer.

Expliquons l’idée : en théorie, les structures palmaires (arrière du pied) et dorsales (avant du pied) forment une croix proportionnelle. Donc, à l’arrière du pied, on a :

  • le coussinet digital, une masse souple et flexible à l’arrière du pied. Autant son volume que sa texture ont une importance, vous l’avez vu dans la vidéo…
  • la fourchette
  • la fourchette et le coussinet ont une fonction d’amortissement.

A l’avant du pied, on a des structures rigides, os, et tissus : ils ont pour fonction le transfert de l’énergie. Certains naturalistes disent que l’avant du sabot est une ancienne griffe, véritable agent de propulsion. Autrement, la fourchette n’est pas une pompe : en fait, tout le pied est une pompe à sang, la fourchette, elle, protège et amortit. Le coussinet est derrière pour amortir l’énergie dans la 1ère phase de locomotion. Puisque le fer mène à l’atrophie de ces structures, il annule l’amorti…

Crédits PEL. Devinez quel pied était ferré...
Crédits PEL.
Devinez quel pied était ferré…

En outre, la texture ainsi que le volume du coussinet se fait en fonction de la maturation des structures, qui dépend de l’âge. Passé 2 ans, le coussinet passe de très mou à bien dur (fibrocartilage). Or, si le cheval est ferré avant, l’organe n’aura même pas le temps de se développer… Quand ce cheval marchera pied nu, il marchera directement sur son tendon fléchisseur !

Notez où est le tendon fléchisseur. Sans coussinet, ben le cheval marche quasi dessus...
Notez où est le tendon fléchisseur. Sans coussinet, ben le cheval marche quasi dessus…

Or, l’os naviculaire sert de poulie au tendon fléchisseur profond, et permet d’augmenter la surface articulaire au niveau de P2. Ça sert à diminuer la pression reçue par P2, et à assurer un angle constant à son point d’insertion.

Donc dans notre bonne vidéo de coupe dans le bourrelet coronal :

1) dans le premier, pas de vascularisation, le coussinet a une bonne texture de graisse, et le cheval était… ferré.

2) le deuxième est vascularisé, les cartilages épais, le coussinet fonctionnel, souple mais dur, fibreux… Pas ferré.

Donc moins il y a de coussinet, plus le cheval marche sur son tendon fléchisseur. Et ça, ça vous crée du cheval naviculaire. Comme l’arrière du pied est fait de structures plutôt flexibles (cartilages, tissus mous), il est sujet à la déformation. L’atrophie de la partie caudale du pied est très courante, cheval ferré ou pas (un mauvais parage, qui n’aide pas le développement de l’arrière du pied, peut en être à l’origine). Un bon pied est harmonieux. Notez aussi que l’antérieur est toujours rond tandis que le postérieur a une forme plus ovale (il porte moins de poids).

Le jour où l’on déferre, ou alors où l’on pare en fonction des structures internes du pied, on revascularise. Cela entraîne ce que Guillaume appelle un “tsunami vasculaire“, donc souvent des abcès, car on opère un nettoyage de la lymphe et du sang.

Chez KC Lapierre, on fait ce qu’on appelle le “spectrum“, c’est-à-dire une notation des structures. Chaque chiffre donné au pied correspond à l’âge théorique que le cheval devrait avoir vu l’état de ses pieds. KC Lapierre considère que ça doit être au moins à 5 ans pour faire ce que l’on veut à cheval.

Déformations et maladies fréquentes
  • Pourriture des fourchettes : point d’impact mal placé, mauvais état interne du cheval. Chez le cheval high/low, c’est le pied high qui est souvent infecté. Ça peur aussi affecter le bourrelet coronal.
  • Fourmilière : infection en ligne blanche avec une texture grise et poudreuse.
  • Seedy toe” : infection très localisée, couleur noire, au niveau de la ligne blanche mais uniquement en pince.
  • Abcès de pied : des tissus nécrosés encapsulés sont expulsés par le pied. Notez également que tout ce qui ne sort pas par la peau sort par les reins… J’en parlerai en détail dans mon article sur les abcès de Trifine, et comment le fait de résoudre son inflammation rénale semble résoudre ses abcès de pied.
  • Déformations courantes : évasement (disparaissent avec un chanfrein correct, sauf problème ostéo ou énergétique), pince migrée, atrophie de la partie caudale du pied (on l’a vu avec notre coussinet graisseux).

Maladie naviculaire

Ici, on reparle brièvement de la différence du point d’impact en pince ou en talon. Guillaume nous fait voir des images de Pete Ramey, et on constate que lorsque le cheval pose en talon, cela permet la descente du boulet. Ceci fait descendre l’arrière du pied, et stimule le coussinet, les cartilages. Tandis qu’avec un pied posant en pince, l’arrière du pied s’atrophie : cela déclenche un excès de tension sur l’os naviculaire, car le coussinet étant atrophié, le cheval marche sur son tendon. Or, on a vu le rôle de poulie du naviculaire sur ce tendon. En augmentant la pression (anormale, soyons d’accord) sur le tendon, forcément, on augmente aussi la pression sur le naviculaire.

Voilà comment un cheval ferré peut “devenir naviculaire“…

En plus, un cheval qui pose en talon, c’est un cheval qui ouvre ses angles articulaires, envoie la pince vers l’avant, et pose son talon d’abord, c’est une qualité d’allure qu’on recherche en dressage. Ça donne un délié d’épaule très esthétique, en plus d’être fonctionnel. Depuis que je pare Jazon correctement, il n’a jamais eu l’épaule aussi mobile et un pas aussi correct au niveau de la locomotion.

Troubles métaboliques

Les troubles métaboliques sont souvent directement visibles sur le pied. Avant, je n’y croyais pas trop, à cette importance d’un métabolisme qui fonctionne. Après ma longue et complexe aventure abcéique avec Trifine, je peux vous jurer que j’y crois à 200% puisque j’ai eu je ne sais combien de preuves pour en attester.

Parlons du poids. Ca ne fait jamais plaisir, mais soyons franc : nos chevaux domestiques sont trop gros. Nombreux sont les chevaux atteints du SME : Syndrome Métabolique Equin, mais peu sont réellement diagnostiqués en tant que tel et suivis.

  • L’insulino-résistance entraîne une hyper acidité et un trouble oxydatif, donc une grosse sensibilité aux pieds. Ca, on le règle en shiatsu, énergétique, mais aussi en contrôlant soigneusement le sucre que le cheval ingère. Les cellules sont saturées, l’insuline ne remplit plus son rôle, et on a des boiteries chroniques. C’est ce qu’on appelle l’élastose. Selon Guillaume, c’est 90% des boiteries !
  • Le stade d’après, c’est la maladie de Cushing. Les chevaux ne font plus leurs mues, le système endocrinien s’écroule, les chevaux sont souvent fourbus.

Ce type de problème métabolique trouve son origine dans l’alimentation, une déshydratation, la présence de polluants (pesticides, vaccins, vermifuges chimiques, AINS, corticoïdes)(bon là pour le coup, le coup des vaccins, je ne suis pas vraiment convaincue comme l’est Guillaume de leur aspect néfaste, c’est un point de vue, tout comme les vermifuges chimiques, si ce n’est pas fait à l’aveugle et avec soin… mais bon, ce sont des points de vue différents à prendre en compte !), stress métabolique…

La crise d’élastose, voilà ce que ça déclenche :

  • perte du potentiel élastique des tissus conjonctifs
  • déformation des cartilages et du bourrelet coronal
  • déséquilibre du pied : effondrement de l’arche interne (le pied perd en concavité)
  • fourbure, surtout si le cheval est ferré

Guillaume et Eric Ancelet, le fameux vétérinaire “alternatif” responsable des produits Ohm, appellent ça le “syndrome du cheval domestique” : les besoins fondamentaux du cheval non respectés, stress accru, niveau de cortisol élevé, donc c’est pour cela que la consommation des oligoéléments est essentielle, car l’effondrement du système métabolique avec une élastose chronique nécessite un apport constant d’oligo-éléments. Dans nos prairies dépourvue d’une vraie richesse végétale et minérale, difficile pour le cheval de trouver tout ce dont il a besoin dans son environnement.

Pour Guillaume, c’est à cause de ces boiteries d’élastose qu’on dit que le “pied nu” ne marche pas souvent. Le cheval va chopper tout ce qu’il passe car métabolisme en panne, il va donc être en boiterie chronique. On referre, car le fer est un parfait cache-misère…

Troubles psychologiques

Guillaume a également parlé du phénomène de résignation acquise, d’inhibition de l’action, à l’aide notamment des travaux d’Henri Laborit.

Laborit propose 3 situations à deux rats.

  1. Dans une boîte, il soumet un rat à une électrocution. Il peut fuir, donc il fuit.
  2. Dans la seconde situation, il ne peut pas fuir. Il finit par se résigner.
  3. Dans la troisième situation, il propose un second rat. Les deux rats se battent, et étonnamment, ils vont bien.

Ce phénomène s’applique très bien aux chevaux, pour de très nombreuses situations…

Parage concret
Là, on avait clairement oublié le problème "cadavre" :D Crédits: Julie Dandoy
Là, on avait clairement oublié le problème “cadavre” 😀
Crédits: Julie Dandoy

Guillaume conseille de faire un parage de correction toutes les 4 a 8 semaines, et un parage d’entretien tous les 15 jours.

Guillaume effectue un chanfrein et non pas un roll mustang. Le chanfrein distribue les charges, supprime les forces d’arrachement, expose la sole, stimule la pousse de la paroi interne, et facilite la bascule.

Un chanfrein fait par Guillaume Parisot.
Un chanfrein fait par Guillaume Parisot.
Le mustang roll, c'est l'arrondi sur toute la paroi.
Le mustang roll, c’est l’arrondi sur toute la paroi.

Le parage permet d’offrir un équilibre au pied dans son sabot. Il remet à la bonne place les points d’impact et de bascule, les 2 talons à la même hauteur, au-dessus du SOC et de la fourchette. On ne touche pas sole ou la fourchette. On symétrise la paroi par rapport à la sole.

Pour entretenir les pieds et développer la sole périphérique, l’idéal est de faire marcher 5 mn par jour par exemple sur route. Ça sera toujours plus efficace 3h de balade le dimanche. Au pré, l’idéal est de mettre des cailloux de la taille d’une pièce de 2 euros sur un point de passage, pas sur un point de stagnation. Côté alimentation, il faut le plus de fibres possible, grossières si possible, le moins de sucre possible.

Jour 2 : la pratique

Plan pied

Guillaume nous fait dessiner sur une ardoise le pied de notre cheval, puis le pied “idéal”. L’idée, c’est de nous montrer quels sont les repères à placer sur les pieds pour mieux comprendre comment les structures internes sont faites…

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Le repère de base, c’est la fourchette. Elle protège le coussinet, les chorions, en longueur elle ne varie presque jamais, bref, c’est un repère très fiable par rapport aux structures internes. Attention, en largeur, elle varie beaucoup.

Tracer les repères au marqueur. Crédits : Julie Dandoy.
Tracer les repères au marqueur.
Crédits : Julie Dandoy.
  1. Première étape, on trace l’axe longitudinal (le + long), de l’arrière du pied (zone palmaire) vers l’avant (zone dorsale).
  2.  Le deuxième axe à tracer sera le transversal (le + large), du côté interne (médiane) vers le côté externe (latéral).
  3.  On trace la partie la plus large de la fourchette : il s’agit de la jointure paroi externe-fourchette. Cet axe doit être parallèle aux axes transversaux et perpendiculaire à l’axe longitudinal.
  4. On trace la moitié de la fourchette.
  5. On trace la partie la plus large de la sole.
  6. On place un point sur l’apex.
  7. On repère P3, qui est à 1/4 de fourchette devant l’apex.
  8. Sur l’axe longitudinal, la fourchette doit tenir sur les 2/3 du pied en longueur, et la partie de l’apex jusqu’au point de bascule doit faire 1/3 du pied en longueur.

Des infos détaillées ici.

Si la fourchette est trop pourrie ou fine : le SOC devient la référence. On laisse un peu plus de paroi externe sur le point d’impact car l’appui est très bref, et plus de paroi interne sur les points d’appui. Les lignes des talons doivent être perpendiculaire à la ligne de la pince.

Si jamais vous avez deux talons qui ne sont pas à la même hauteur, prenez pour repère le talon qui est le plus sain. KC Lapierre dit qu’on ne rabaisse pas une structure saine à une structure malsaine. Pour reculer le point d’impact sans baisser les talons, Guillaume chanfreine tout simplement les talons

Guillaume nous a aussi montrer comment simplement donner un coup de râpe à plat pour révéler la ligne blanche, puis biseauter à 45°.

Pour les barres, Guillaume nous dit d’imaginer un tremplin.

Mes oeuvres d'art..
Mes oeuvres d’art..

Quelques avant-après :

Crédits : Jil Van Bogaert
Crédits : Jil Van Bogaert
Crédits: Jil Van Bogaert
Crédits: Jil Van Bogaert
Crédits Julie Dandoy
Crédits Julie Dandoy
Crédits Julie Dandoy
Crédits Julie Dandoy

Pour conclure : si un tel stage se présente chez vous… Courrez-y ! C’est passionnant, j’y ai appris plein de choses et j’en ressors encore plus convaincue de la nécessité de mettre les chevaux pieds-nus. Je suis d’autant plus confiante en parant, puisqu’on pare 4 pieds différents et qu’on est donc confrontés à des problèmes de structures très variés. En attendant, lisez le blog de Guillaume, lisez des livres sur le sujet, demandez conseil à votre pareur 😉

Guillaume fait aussi des stages niveau 2 où il met en perspective parage et ostéopathie, avec une copine ostéopathe… J’espère qu’il en fera un deuxième en Belgique, donc !

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13 thoughts on “Stage de Podologie Equine Libre (PEL) avec Guillaume Parisot

  1. Bonjour, merci pour ce compte rendu, très détaillé et clair. J’ai remarqué une petite coquille au début, il est écrit médiane au lieu de médiale, le schéma est bon c’est juste le texte au dessus.
    Et aussi pour la promenade, j’ai pas bien compris, il vaut mieux 5 min de pas sur dur tout les jours, que 3h de promenade 1fois par semaine C’est ça ?

  2. Bonjour,

    Je suis moi même une reconvertie pieds nus et j’ai déjà fais des stages avec d’autres pareurs. Je trouve ton compte rendu très complet!! merci bravo

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