Se changer soi-même, pour changer le monde du cheval

Ce matin, comme tous les matins, je remplis mon “5-minute journal“. Chaque page est agrémentée d’une citation inspirante, et aujourd’hui, je suis tombée sur cette citation de Rumi (un poète mystique persan, Beyoncé a nommé son enfant d’après lui c’est pour dire le swag du gars) qui me parle énormément : “Yesterday, I was clever, so I wanted to change the world. Today, I am wise, so I am changing myself.” Traduction : “Hier, j’étais intelligent, donc je voulais changer le monde. Aujourd’hui, je suis sage, je suis donc en train de me changer moi-même.”

Le monde équestre est révoltant…?

Le monde équestre est pluriel. Aucun doute là-dessus. Ne serait-ce que par sa richesse de disciplines, le monde du cheval est extrêmement vaste et varié. Chacun possède une approche différente des chevaux, le justifie par X ou Y, et surtout, prétend faire mieux que les autres.

C’est humain : aujourd’hui, on voit énormément d’horreurs. De la maltraitance active, passive, consciente ou inconsciente, il y a beaucoup de chevaux malheureux dans ce monde. Des muserolles, des enrênements, des photos de chevaux pliés, contraints, plus horribles les unes que les autres.

Par empathie, cela nous inquiète, cela nous choque, et l’on se sent pris soudainement d’un désir brûlant de changer tout cela, de cesser toute cette horreur qui nous blesse profondément. Rares sont les cavaliers qui ne sont pas touchés par l’action d’un autre et qui se sentent atteints d’une vague d’émotion, une colère révoltante parfois pénible.

L’activisme du clavier est (trop) populaire

Combien de posts polémiques par jour, plus ou moins bien écrits et plus ou moins justifiés, lit-on sur les réseaux sociaux ? Tout le monde a envie d’exprimer sa colère, son problème, pour recueillir des louanges, ou bien un soutien qui confortera leur colère. Rares sont les écrits qui permettent vraiment de se poser une question et d’avancer. Surtout, rares sont les écrits qui ne démontent pas les autres.

“Il n’y a rien de noble à être supérieur à vos semblables. La vraie noblesse, c’est être supérieur à votre moi antérieur.” Ernest Hemingway

Le monde du cheval est spécialiste en embrouilles en tout genre. Il est spécialisé en guerres d’égo, aucun doute là-dessus, et rares sont ceux qui les évitent prudemment. Du petit débutant au grand cavalier, tout le monde (ou presque) pense savoir mieux que les autres.

Tout le monde prend très, très à cœur son aventure personnelle équestre. Cela engendre une surdose émotionnelle dans la plupart des actions, et donc une petite tendance à faire des mini révoltes dans tous les coins d’Internet. Oui, car l’activisme facile est l’activisme du clavier !

“Le secret du changement, c’est de concentrer toute votre énergie non pas à lutter contre le passé, mais à construire l’avenir.” Socrate

Chacun se base sur sa propre histoire, sur sa propre culpabilité, ainsi que sur ses propres erreurs pour expliquer la souffrance physique ou psychologique de chevaux appartenant à autrui. On se retrouve alors avec des projections totalement personnelles, faites sur les cas d’autres personnes. On se met en colère contre les autres, quand en réalité, c’est contre nous-même que nous sommes fâchés.

C’est une des bases de la philosophie, ou du développement personnel… Votre souffrance n’appartient qu’à vous-même. Si quelqu’un d’autre semble vous blesser, ça n’est qu’une projection de vos propres peurs et de vos blessures passées. L’autre ne vous a pas blessé. Si quelque chose qu’il exprime vous fait souffrir, c’est qu’il révèle, involontairement, des fissures, des faiblesses internes. Peut-être alors que vous réagirez sans conscientiser cela, vous enfonçant dans des guéguerres fatigantes et entretenant vos plaies personnelles.

C’est là que vous voyez où je veux en venir…

Pour changer le monde, commencez par vous !

Connaissez-vous la théorie des cercles d’influence ? Celle-ci explique simplement que nous avons tous tendance à nous préoccuper de sphères dans lesquelles nous n’avons aucun impact réellement possible. On en oublie complètement la sphère dans laquelle nous pouvons avoir de l’influence. Celle-ci est finalement simple : c’est celle de notre quotidien. Votre entourage proche, vos collègues, les personnes que vous voyez chaque jour, avec qui vous avez régulièrement des interactions. C’est également vos actions quotidiennes.

Ainsi, ceux qui ne se préoccupent que du cercle large, pédalent dans la semoule : leur tête toute entière est obsédée par des domaines dans lesquels ils ne peuvent avoir aucun impact. Ils en oublient leur entourage, leur quotidien, ce qui diminue leur véritable cercle d’influence. Typiquement l’activiste des réseaux sociaux.

Or, l’auteur souligne que si l’on démarre par le commencement, c’est-à-dire le cercle dans lequel nous pouvons tout à fait avoir une influence, étape par étape, on agrandit ce cercle et on peut alors peut-être toucher nos préoccupations principales.

Cela démarre par… Soi-même.

Si l’on ne se change pas soi, si l’on n’améliore pas notre gestion des émotions, notre rapport à l’autre, notre façon d’agir au quotidien, si l’on n’apaise pas nos plaies, nous ne pouvons pas changer notre influence sur les autres.

Et concrètement ?

Concrètement, chacun trouvera la meilleure manière de s’y prendre. En général, c’est plus de bienveillance envers les autres : dans leurs erreurs, dans leurs paroles, leurs actes… C’est calmer nos réflexes de jugement de l’autre, c’est conscientiser que chacun fait du mieux qu’il peut. C’est savoir être reconnaissant et faire preuve d’empathie.

C’est aussi en construisant avec et pas contre les autres. C’est également en gardant un esprit de débutant à tout moment, et en arrêtant de penser que l’on sait toujours mieux. C’est en lâchant prise, en arrêtant de s’accrocher aux vérités qui nous rassurent, et en gardant un oeil neuf, d’observateur.

Si vous voulez changer le monde du cheval, cela commence par vous changer, vous-même =)

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6 thoughts on “Se changer soi-même, pour changer le monde du cheval

  1. Merci pour cet article Pauline, c’est tellement tellement vrai ! Quand je pense à la différence entre moi il y a 10 ans et moi maintenant, il y a de la marge ^^
    Pour ma part, c’est le shiatsu qui m’a amené vers cette réflexion. J’avais déjà entamé un travail sur moi-même, puis je suis venue au shiatsu, et maintenant le reste suit son chemin. Plus je rencontre des cavaliers et leurs chevaux et plus j’apprends, en tentant toujours de rester dans la bienveillance et l’ouverture d’esprit.

  2. Très bon article qui reflète complètement la société et ses réseaux sociaux. A mon sens, nous devrions nous occuper de nous, et pas des autres. On a déjà bien assez à faire avec nos problèmes/nos difficultés alors pourquoi vouloir aller en chercher chez les autres???

    Cependant, de trop nombreuses personnes cherchent aussi un peu le bâton pour se faire battre, combien de fois je vois des débats lancés sur les réseau sociaux suite à une photo/vidéo posté par une ou cavalier(e) insousciant(e). Il est temps que les gens ne vivent plus à travers FB, twitter et autres, mais avec leur entourage et surtout eux-même.

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