Pourquoi faire du sport vous rendra meilleur cavalier

Lecteur régulier de ce blog, vous avez du comprendre que j’étais très attachée au travail du corps chez le cheval, pour de nombreuses raisons dont je parlerai dans un prochain article. Dans le milieu horsemanship & bisounours dont je fais absolument partie, c’est pas toujours facile de mettre dans la tête des cavaliers que le corps de leurs chevaux est un élément déterminant de leur bien-être mental.

Mais comme j’aime les challenges et que j’ai un petit côté maso qui surgit de temps en temps, je vais aborder un sujet qui intéresse encore MOINS les foules…

Le corps du cavalier !

(là, j’ai perdu environ 90% des lecteurs ayant cliqué sur l’article) (déso) (je vous aime, c’est pour votre bien pourtant)

Qui parmi vous fait vraiment du sport ? Honnêtement ? Dans la population d’équitant, qui pratique un autre sport que l’équitation ?

Ok, je vous entends : vous bossez pour payer une belle écurie à Caramel, vous peinez déjà à lui consacrer du temps, vous avez peut-être même une vie de famille qui râle déjà que le poney prenne quasiment autant de place que les humains… Quand est-ce que vous pourriez bien trouver le temps de faire du sport ?

Soyons-méthodiques-s’il-vous-plaît. Pourquoi prendre le temps d’entretenir votre corps de rêve ? Promis, la cellulite ne fera pas partie des arguments-phares.

  1. Vous allez devenir un cavalier ultra badass (ou presque)

PRO-PRIO-CEP-TION.

Voilà ce que les 3/4 des gens n’ont genre pas du tout, et que le sport apporte. Quelqu’un qui débute un sport (que cela soit du fitness, de la musculation, du running, du yoga, peu importe) découvre :

  • l’existence de muscles inconnus au bataillon jusqu’ici
  • qu’une bonne posture change absolument tout
  • ses propres dissymétries (et Dieu sait qu’elles sont nombreuses)

Ça aide non seulement à ne pas se bloquer le dos bêtement en soulevant un meuble, mais ça aide surtout énormément à comprendre comment notre corps empêche Caramel de passer son dos, d’avancer, de s’asseoir, de tourner. Et ça, c’est un peu la base de tout cavalier qui se respecte.

C’est un peu comme si vous faisiez du travail à pied en étant sourd et aveugle : pas évident, sans voir le cheval. En selle, le sens n°1 est le toucher : en développant votre proprioception, vous récupérez la vue, et vous devenez précis, clair. Votre posture en selle ne peut que s’améliorer. Votre façon de communiquer avec votre corps ne peut que s’améliorer sur votre cheval, puisque vous pigez ENFIN comment votre corps fonctionne, et votre cheval vous remercie.

2. Vous allez apprendre à dépasser vos limites

Quiconque se fait coacher régulièrement connaît la souffrance liée à une bonne grosse séance de dressage où vos abdos finissent en compote. Le problème, c’est que VOUS êtes l’entraîneur de votre cheval. Vous vous devez donc de pouvoir tenir physiquement au moins aussi longtemps que lui, si vous désirez améliorer son corps. Faire du sport à côté vous aidera :

  • à découvrir les limites musculaires et cardio de votre corps, ce qui est le meilleur moyen de les dépasser (et en plus ça vous permettra de piger comment votre cheval peut faire de même, voir point 3)
  • à gérer sa respiration et découvrir que cela change absolument tout
  • à piger l’importance du mécanisme de récupération et des courbatures, ce qui va vous forcer à faire plus d’étirements et de pas avec Caramel en post-séance
  • à connecter votre mental à votre corps, et vous comprendre très vite que la tête veut toujours s’arrêter avant le corps

Vous serez alors en mesure d’être un athlète qui tire un autre athlète vers le haut, et pas un boulet qui tente tant bien que mal de sauver les meubles (true story : je me suis souvent sentie comme ça à cheval).

3. Vous allez avoir des révélations de fou sur comment votre cheval gère son propre corps (et votre façon de gérer sa gymnastique va s’améliorer considérablement)

Bien que les chevaux aient une connexion corps-esprit 10 fois meilleure que la nôtre, la proprioception n’est pas innée pour tout les poneys. Un cheval dressé, gymnastiqué depuis longtemps se tient en général bien mieux et gère beaucoup mieux les explosions de jeu en prairie qu’un cheval que l’on n’a jamais aidé à trouver les bonnes postures (typiquement celui qui se blesse après un pauvre saut de mouton).

En découvrant votre propre corps, en améliorant votre force, votre souplesse, et votre posture, une fois en selle, voici les changements qui en découleront :

  • vous comprendrez pourquoi une mauvaise posture peut faire vraiment très mal à Caramel, et que ça n’est pas juste un délire obsessionnel de cavaliers de dressage crispés
  • vous comprendrez comment une bonne posture peut lui offrir un bien-être physique ET mental considérable
  • vous saurez que pour améliorer le corps ET le mental de votre cheval, vous devrez le sortir légèrement de sa zone de confort
  • vous comprendrez que faire un effort n’est pas forcément égal à une torture : si l’effort est juste, il devient agréable et bénéfique sur tous les plans au fur et à mesure des entraînements
  • vous identifierez bien mieux et vite les besoins du cheval que vous entraînez : cardio, souplesse, musculature
  • vous pigerez que le dressage, demande énormément de temps et de rigueur, tout comme votre propre corps en a besoin pour se renforcer

Savoir maîtriser ou au moins connaître son propre corps, sa façon de gérer et de ressentir l’effort, est à mon sens indispensable avant d’imposer un effort au corps d’autrui. Ça permettrait aussi de casser les idées reçues de nombreux cavaliers sur le dressage, et plus généralement l’entraînement du cheval.

Ressources additionnelles :

 

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