Le dressage : pour l’amour de l’équitation

Il existe une magie particulière dans le dressage que tout le monde ne saisit pas immédiatement. Vos proches non-cavaliers n’y comprennent probablement rien, et les cavaliers débutants s’ennuient profondément dans les manèges des poneys-clubs. Pourtant, ceux qui se sont plongés dans la discipline en ressortent rarement… Rendons hommage à l’art de danser avec un cheval.

Une discipline sujette aux discordes

Tout le monde parle de dressage. Tout le monde se dispute avec véhémence sur tout ce qui est attenant à la discipline. Pensez-y quelques secondes : de combien de débats avez-vous été témoin ? Qu’il s’agisse d’extension d’encolure (plutôt comme ci, plutôt comme ça, untel a dit que ça devait être ainsi, untel a dit que ça devrait être comme ça)… D’engagement des postérieurs… De tension du dos… D’ouverture ou de fermeture de la nuque… De position des mains. Une discorde est si facile à développer. Et finalement, personne ne détient l’unique vérité (c’est dur à admettre, mais c’est pourtant vrai).

Et Baucher ceci… La Guérinière cela… Oui mais le maître Oliveira a dit que… Decarpentry a pourtant écrit que… C’était mieux avant… A mort le LDR… Vive Carl Hester… Abattons l’équitation allemande… L’équitation française flingue les chevaux… La liste est longue.

Aujourd’hui, j’ai envie de parler de ce qui nous réunit.

Cet amour profond que nous avons pour le dressage.

Il va sans dire que le dressage est un sujet profondément émotionnel, dans le bon, comme dans le mal. J’aimerais profiter de ces quelques minutes dont je dispose pour nous recentrer ensemble sur le bon… Sur ce qui fait que le dressage nous fait vibrer. Parce qu’à mon sens, c’est ça, qui est vraiment important. Si l’on prenait le temps de cultiver le positif, un esprit de bienveillance par rapport à ce que l’on aime, je pense qu’on calmerait sérieusement frustration, colère, agacement et autres sentiments malveillants à l’origine de pratiques absurdes.

Ingrid Klimke.

Le dressage, c’est la beauté du cheval dans toute son essence, sublimée par des années d’un lent travail d’orfèvre.

Un cheval de dressage bien mené représente des années de travail, de longues heures qui lui seront entièrement consacrées. J’ai toujours la sensation que l’on parle d’un bijou, d’une œuvre d’art même, lorsque j’entends un cavalier parler de l’entraînement de son cheval. Il suffit de voir comme les dresseurs aiment parer leurs chevaux en sortie… Comment perfectionner le mouvement, libérer les blocages, offrir au cheval un fonctionnement parfait, résoudre des soucis d’asymétrie, améliorer le rythme… Comme deux danseurs, on répète une chorégraphie infiniment riche.

Ingrid Klimke.

Le dressage, c’est la fusion parfaite d’un corps et d’un esprit en équilibre

Le corps et l’esprit, j’en ai parlé un peu déjà, ce sont deux entités complètement reliées. Le dressage possède cette magie unique qui fait qu’il n’est “juste”, harmonieux et fluide, que si l’esprit du cheval est en équilibre. Par “juste”, j’entends : un cheval relaxé, qui danse, qui coule d’un mouvement à l’autre. Je n’entrerai pas dans des guerres de chapelle : je constate que certaines équitations, qu’elles soient de tradition française ou hollandaise, peuvent donner ce résultat splendide d’harmonie et d’équilibre profond. J’aime profondément le dressage et j’ai des tonnes de sources d’inspiration qui ne seront pas forcément les vôtres.

Belle propulsion avec Alizée Froment.

Le dressage, c’est comme la musique : finalement, peu importe quel genre vous émeut… Tout le monde se rejoint autour du fait que la musique est source de belles émotions, d’inspirations profondes et de rêveries.

Cette danse si spéciale et unique au monde fait vibrer ces cavaliers. Ce sont des sensations auront toujours sur moi une emprise folle. Une communion, une fusion, un partage, une danse…

Source : Cheval Savoir

Je ne compte plus les moments de bonheur intense que mes chevaux m’ont donné lors d’une séance de dressage. Ce sont des moments souvent brefs, qui se comptent en minutes, voire en secondes, mais qui marquent pour toute une vie. Ce sont des sensations que l’on imprime, et que l’on recherchera inlassablement, car ces sensations, ce sont celles d’un cheval en phase avec lui-même, en phase avec nous-même, ce sont les sensations d’une harmonie dans son appareil le plus simple.

C’est la recherche d’une vie entière

Parlez à quelques cavaliers ou cavalières au long cours. Tous (à l’exception de quelques égos surdimensionnés) ont conscience de l’étendue de ce qu’ils ont encore à apprendre. Tous recherchent perpétuellement comment améliorer chaque mouvement. Comment mieux développer chaque cheval. Comment être le meilleur cavalier possible pour ne pas gêner l’animal.

Un dresseur, par nature, cherchera toute sa vie à améliorer son art. Chaque cheval apporte des challenges différents, et nécessitent des remises en question parfois lourdes. Chaque petit détail compte, et les petites choses seront améliorées, encore et encore, avec cette phrase de Nuno Oliveira qui bercera chaque mouvement.

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3 thoughts on “Le dressage : pour l’amour de l’équitation

  1. Tu as mis des photos d’Ingrid Klimte : je l’ai vue et elle montait incroyablement bien. On avait l’impression qu’elle ne faisait qu’un avec son cheval, ses mouvements étaient ultra fluides…
    J’aime le dressage pour ces instants où on a l’impression d’avoir le bon geste, que notre cheval nous écoute et qu’on se sent “présent”, bien que je n’aie pas un très bon niveau d’équitation…
    À bientôt ! 🙂

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