Petit guide du bon Horsemanship

Être adepte de Horsemanship est un combat quotidien – ou presque. L’image que les autres ont de nous oscille à peu près entre :

bisounours fourbe et mollasson

et barbare autoritaire en manque de fight.

Bon, ne soyons quand même pas de mauvaise foi : quand on ne connaît pas le Horsemanship, c’est pas facile de comprendre exactement ce que ça signifie. Entre “méthode Parelli”, “La Cense”, “équitation éthologique”, “équitation naturelle”, “équitation comportementale”, “chuchoteurs”…

Clarifions les choses, si vous le voulez bien.

Le Parelli Natural Horsemanship, c’est probablement la méthode mère de la plupart des équitations dites éthologiques pratiquées aujourd’hui. C’est de celle-là dont je parle ici.

Comment différencier le “bon” horsemanship du “mauvais” ?

Pourquoi diantre me permettrais-je de poser cette prétentieuse question ?

Parce que j’ai été la triste observatrice de “corrections” soit-disant “éthologiques” (NB: arrêtons d’utiliser ce mot pour le Horsemanship, le Horsemanship est une méthode, pas une science, voilà bisous bisous) faites sans aucune justesse ni intelligence, sans analyse concrète de la situation et faites avec acharnement, qui donnent une image désastreuse du Horsemanship bien fait, celui que j’estime défendre et que j’essaye, avec toutes mes limites, de pratiquer au quotidien.

1 – L’objectif du horsemanship est d’améliorer la relation, pas de compléter un répertoire de tours de cirque

Il existe le horsemanship dont l’objectif est d’avoir un couple cavalier-cheval qui fonctionne,  qui communique dans le calme et l’harmonie, et pas d’épater la galerie avec des exercices de cirque prouvant une soit-disant “complicité” incroyable façon l’étalon noir sur la plage. (- avec un cheval anxieux et contraint à crever, une explosivité due au stress et pas due à l’excitation du jeu, toussa toussa-). Un bon Horsemanship n’aura jamais pour objectif de faire un beau cabré, un beau couché, ou un beau pas espagnol. J’adorerai vous montrer des vidéos de ce que j’estime ne pas être correct et qui est pourtant encensé sur les réseaux sociaux, mais c’est pas gentil, donc je ne le ferai pas.

2 – La méthode est centrée sur la psychologie, pas sur les exercices

Je différencie souvent ici La Cense de Parelli, ce qui est parfois mal perçu. Il y a une raison à cette différenciation : l’utilisation de la psychologie est bien plus importante chez Parelli (NB: oui, La Cense découle de Parelli, mais d’un Parelli qui date pas mal et La Cense n’a pas évolué en même temps que Parelli donc aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir).

Les exercices sont au service de la psychologie. Bien sûr, aux Level 1 et 2, on est dans la sécurisation et le contrôle basique du cheval, donc on risque souvent d’enchaîner exercice 1, exercice 2, exercice 3… Un peu bêtement et sans logique globale à première vue*, juste pour travailler séparément chaque exercice (*alors qu’en fait si : si vous avez un cheval tout stressé et que vous n’y connaissez rien, un bon instructeur vous fera enchaîner des exercices qui se suivront de façon à améliorer la décontraction du cheval ET à vous apprendre la technique). Mais lorsque vous êtes un cavalier Level 3, quelque soit le cheval que vous aurez en face, vous commencerez à penser en termes de psychologie :

  • comment est mon cheval ?
  • Comment le lire ?
  • Que dit son langage corporel là, maintenant ?
  • Comment expliquer son état mental ?
  • Comment faire pour améliorer son bien-être mental ?
  • Comment améliorer son envie de participer à la discussion, à la séance que l’on créé sur mesure pour lui et lui seul uniquement ?

Généralement, ça mène à une analyse poussée qui vous surchauffe le cerveau, mais qui vous rend meilleur. Je vous promets.

3 – Une bonne méthode n’est jamais véritablement universelle : chaque cheval est différent.

Deux chevaux LBE peuvent avoir des besoins très différents pour construire une séance qui les rend heureux, contents, désireux de participer aux exercices qu’on propose. C’est pour ça que désormais, je suis très réticente quand je vois des cours/stages où tout le monde enchaîne des exercices de la même façon sans aucune suite logique, de façon très scolaire. Parce que AUCUN couple cavalier/cheval n’a exactement les mêmes besoins à un instant T.

Alors bien sûr, ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas travailler certains exercices spécifiquement… Seulement qu’avant d’aller vers cela, vous devez échauffer mentalement votre cheval, préparer sa motivation, son envie, sa connexion. Un cheval “calme, connecté et réactif“. Et que lorsque vous travaillerez lesdits exercices, vous continuerez de vous demander comment est votre cheval, de le lire, de vous demander comment il réagit, pourquoi, comment améliorer son envie de faire cet exercice, etc.

4 – Un bon horsemanship vous fera ralentir et décomposer l’éducation de votre cheval (1% de progression par jour)

Vous allez notamment passer par l’utilisation des patterns : ces exercices que l’on répète énormément pour améliorer l’attitude mentale du cheval. Et bien sûr, vous travaillerez toujours en utilisant 4 phases progressives d’application de la pression. Et votre objectif sera toujours d’avoir un cheval qui répond avec relaxation à la plus légère des phases (car oui, un cheval peut répondre à phase 1 en étant contraint si l’on n’a pas assez bien construit notre séance en fonction de sa psychologie !).

Généralement, vous irez lentement, toujours plus lentement que vous ne pensez. Vous serez obligés de prendre le temps dont votre cheval a besoin. Puisque l’on parle de Horsemanship, on parle de relation, et la relation demande du travail, de la technique, mais surtout du temps. Cela vous fera peaufiner et peaufiner, encore et encore votre gestuelle, votre langage corporel de façon à vous rendre aussi confortable que possible pour le cheval.

5 – La fermeté est très cadrée et toujours logique

Le Horsemanship, c’est une méthode éducative qui est ferme. Elle peut être très ferme par moment. D’où le fait que parfois, on se fait mal juger par des cavaliers qui eux-mêmes talonnent leurs selles français nosebandés à chaque foulée, et ça, ça nous fait rire jaune.

#mépris

La fermeté du Horsemanship est une fermeté qui a un sens : elle surgit suivant une logique très spécifique, pas pour le plaisir de relâcher une frustration ou un problème d’autorité que l’on n’a pas réglé, pas parce qu’on est incompétent et qu’on ne pige pas que talonner à chaque foulée endort les capacités cérébrales de notre monture tout en affligeant un inconfort physique permanent. On est ferme pour fournir un cadre au cheval, qui sécurise tout le monde, qui clarifie tout, et amène à une décontraction SI et SEULEMENT SI c’est bien fait. On est ferme à un instant T, très précis : la phase 4. La phase 4, elle mérite un article rien que pour elle, tant de mal est fait au nom de la phase 4.

#phase4enpréparation

6 – Un bon Horsemanship développe les capacités intellectuelles de votre cheval, pas l’inverse

Ça peut les rendre tellement intelligents qu’ils vont vous surprendre…

Si le Horsemanship rend les chevaux cools, calmes, un bon horsemanship développe aussi leurs capacités intellectuelles – ou tout du moins, les met en valeur. Un bon horsemanship ne rend pas les chevaux résignés, apathiques, voire fermés, réagissant comme des robots mais sans réfléchir. Ce genre de dérive est une DÉRIVE ; un bon horsemanship rend votre cheval disponible, connecté, ouvert, prêt à résoudre des puzzles, et le tout, dans la relaxation, voire la joie et la bonne humeur.

Pour résumer

Un bon horsemanship créé un cheval heureux, parce que son humain devient compétent et doué pour communiquer avec son corps et pour décoder le langage de son cheval. Un cheval heureux, en horsemanship, c’est un cheval 1) calme, 2) connecté, 3) réceptif.

Il y a des choses critiquables dans le horsemanship de Pat Parelli. Dont notamment le fait que Parelli lui-même peut être parfois très dur avec les chevaux que l’on voit au travail, mais il ne faut pas oublier l’objectif numéro 1 de Pat Parelli : avoir des chevaux de travail qui communiquent parfaitement avec lui. Avec Linda, on développe énormément l’aspect psychologie, ce qui a créé un tournant dans le PNH déterminant selon moi (et qui sépare les routes entre La Cense, et Parelli). Ensuite, chaque instructeur développe “son” Horsemanship… David Lichmann se focalise sur la liberté, Linda Parelli gère le dressage, Mikey Wanzenried développe sa propre “thérapie” en parallèle avec un dressage classique Karliste, moi je me forme auprès d’Aurélie de Mévius, ancienne cavalière de complet qui comprend donc bien l’intérêt du rapprochement entre horsemanship et gestion de l’entraînement physique.

Il y a de quoi faire plaisir à tout type de cavalier et de cheval dans le Natural Horsemanship (bien fait)…

En savoir plus sur le Horsemanship

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