[PARELLI] Online et Liberty, coaché par Aurélie de Mévius

Si vous nous suivez, vous savez qu’on a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de dressage dernièrement. Les compte-rendus des cours avec Audrey Blaü sont ici. Du coup, j’ai mis un peu de côté notre progression dans le travail à pied. On a continué à faire des choses, bien sûr, Jazon j’ai toujours un objectif de Level 3 liberté et Trifine j’aimerais jouer plus sérieusement au Level 3 également. Mais comme je suis très investie dans la progression en dressage, qui occupe largement l’esprit, le temps et l’argent, difficile d’être également à 100% en longe et en liberté 😛 …

J’avais le sentiment de stagner, d’avoir atteint un palier sans réussir à passer la vitesse supérieure. Je rentre de vacances, les poneys n’ont rien fait pendant presque 20 jours… Me voilà donc à nouveau en cours avec Aurélie de Mévius, instructrice Parelli 2* que je recommande chaudement et dont j’ai déjà fait quelques compte-rendus ici également.

Jazon… Peaufiner le jeu en liberté

Jazon est celui qui me pose le plus de questions. Il n’est pas facile à lire, il a un côté introverti pas toujours simple à cerner. Parfois, il “bug” un peu… Certains jours, il est merveilleux en liberté, j’ai quasiment tout ce que je veux, et d’autres, ça coince. Clairement, y’a une base quelque part qui n’est pas solide sinon ces cafouillages intempestifs n’auraient plus lieu 😛 .

On échauffe en bougeant dans toute la piste, Aurélie m’invite à ne pas faire des choses trop compliquées dès le début (je demandais des changements de direction trop rapprochés), juste voir la piste un peu partout, changer de main de temps en temps, trotter, galoper tranquillement.
Elle me demande aussi de tenir ma longe plus courte au lieu de trop la laisser traîner. On dit « faire de la longe comme de la liberté et de la liberté comme de la longe » mais faire attention, en longe on travaille en longe et il faut s’en servir comme d’une connexion physique. En plus la laisser traîner entraîne beaucoup de mouvements parasites qui vont désensibiliser le cheval en quelque sorte, et on veut que les demandes de la longe restent précises. Il faut qu’elle soit mi-tendue, pas trop, mais assez pour qu’elle ne traîne pas.

Comme le 8 est un peu l’exercice qui révèle nos problèmes, on le prépare en longe. D’abord, on amène le cercle près des cônes. Aurélie me demande de voir si je peux faire passer Jazon derrière, puis devant, puis derrière un seul cône, puis devant un seul cône. Ça se passe sans aucun problème (ouf, parce que sinon on retourne dans du Level 2 en longe là 😛 )

Pour les non parellistes, le 8 c’est ça (dans sa version un peu molle haha) :

Ensuite, elle m’invite à changer de main à partir d’un cône, tout en gardant cette idée de courbe, d’incurvation du cheval autour du cône comme un cheval de corrida qui s’incurve fort pour éviter le taureau. Ne pas faire des changements trop brusques et très « carrés » qui sont d’abord recommandés par Linda au début, mais qui ne vont plus à un certain niveau.
Ne pas hésiter à me rapprocher de lui si ça ne va pas plus loin. On régresse un temps pour solidifier les bases avant de s’éloigner à nouveau.
Il faut que je sois plus fluide dans mes déplacements (on en a énormément parlé au cours précédent, c’est pas encore nickel !), penser à une danse, ne pas faire plein de petits pas saccadés en arrière mais des pas amples et penser toujours à la courbe, pas juste avancer/reculer pour laisser passer le cheval.
Si Jazon ne repars pas bien derrière l’autre cône, tagger plus vers le nez que vers l’épaule, et ensuite recommencer en essayant de voir si je peux faire moins en le laissant faire plus. C’est ce qui s’est passé dès le début, il était très réactif. Je ne pense pas assez à le laisser essayer, je micro manage encore beaucoup trop…
En gardant cette idée de courbe tout le temps en tête, faire un seul 8, et le laisser tranquille en désengageant, et en faisant une pause à distance.
Ensuite comme ça se passait super bien, on s’est mis en liberté. Donc au lieu de faire comme ce que je m’apprêtais à faire, ne pas direct commencer sur son cercle, mais plutôt commencer avec un peu de stick to me, pour bien le connecter, et petit à petit mettre de la distance.

On met le doigt sur un problème : parfois ça n’est pas clair pour lui s’il doit me suivre ou pas, et en plus il n’aime pas trop qu’on aille vers son oeil droit. Dès qu’on insiste pour qu’il soit vraiment en stick to me, il est perdu et « bug », mi-figue mi-raisin, pas vraiment paniqué mais pas vraiment dans la réflexion non plus. Alors on choisit son camp : noir, ou blanc. On est efficace. Il faut plutôt aller chercher ses fesses comme une cuillère avec le stick. Il faut que je me décide et que je sois claire, quitte à le perdre. On a déjà travaillé sur cette idée de plus de clarté en liberté… C’est clairement mon défaut.
J’étais un peu perdue dans ma gestuelle, donc Aurélie l’a pris quelques minutes, pour me montrer : s’il n’est pas vraiment avec elle, elle cherche ses fesses, est très franche, s’il se barre, tant pis ! qu’il parte, on reste en neutre et on attend de voir s’il se décide à venir. S’il vient (ce qui est le cas), on ne se contente plus de récompenser simplement, on recommence tout de suite où on en était, c’est-à-dire avoir une vraie bonne connexion du cheval à notre épaule. Il a stressé à nouveau, elle se re-fâche avec les postérieurs, il se re-satellite sur son cercle, il revient et assez vite, il capte et s’aimante à Aurélie qui fait quelques pas et une grosse pause.

Je le reprends et je fais de même, en pensant à avancer pour ne surtout pas le laisser bloqué : aller vers ses postérieurs, puis avancer pour obtenir l’effet d’aimant dans le mouvement en avant. S’il part, on se formalise pas. La liberté ça permet aussi que le cheval dise qu’il ne veut pas ! Micro manager et sans cesse désengager pour garder le cheval, c’est pas de la vraie liberté. La vraie liberté c’est lui laisser le choix de venir ou non, mais bien sûr de renforcer quand il vient.
L’objectif par la suite c’est de continuer ce travail là, puis de le lancer sur des cônes et de le rattraper, aux deux mains, en gardant la connexion du stick to me. Ensuite, on le met sur un petit cercle, et on fait des changements de direction avec un cône, puis deux, puis on fait un 8, en reprenant tous les éléments vus Online.

J’ai recommencé aujourd’hui après le cours… Ben Jazon était TROP mignon !!! Déjà changer mon langage corporel dans les changements de direction et dans le 8 ça change mon poney, il n’a presque jamais eu les oreilles en arrière sur le 8 alors que normalement ça le tend. Ensuite, en liberté, j’ai eu beaucoup de déconnexion, de poney qui va voir le fond de la piste, qui revient au galop à fond de train et qui repart dès qu’il voit ce que je vais faire : lui demander d’amener son épaule droite à ma gauche, tout ce qu’il n’aime pas quoi… Mais à la fin c’était trop trop bien ! Il a trop bien pigé et j’ai pu commencé à faire une esquisse de boomerang sur les cônes aux deux mains sans aucun souci ! Petit poney fabuleux 😀

Le boomerang c’est ça :

Alors au passage, le cheval a l’expression faciale du Sheitan, c’est pas ce que je recherche en termes de décontraction et de participation, mais c’est un très bon exemple du type de problème que j’ai eu avec Jazon et qui s’éloigne petit à petit !

Trifine – passer à l’étape supérieure dans la communication en longe

D’abord on échauffe exactement comme Jazon. On pense à bouger, changer de main, trotter, etc. Même truc que Jazon, longe plus courte…

Ensuite on se met le long de la piste et on travaille la réactivité en conduite : arrêt, reculer, pas. On travaille la qualité de réponse. Donc on utilise les phases 1 et 4, avec une longue phase 1 uniquement à l’énergie. La phase 4 doit être vraiment efficace. Or, avec une trait bretonne, la phase 4 ne sera pas la même qu’avec un pur-sang arabe. Il faut trouver la gestuelle, la zone de son corps qui la fait réagir. Elle doit bouger en fonction de mon énergie, en essayant de lui faire faire plus avec moins. Maintenant, je dois penser à rester en zone 3/4 voire 5 avec elle, plus rester dans les zones 1/2/3 pour progresser. Donc on travaille ça, en exigeant qu’elle démarre comme une pile électrique, vraiment au taquet.

Aurélie m’a fait travailler ma phase 4 sur un cône avec la cordelette : viser avec le cuir de la cordelette, avec la main droite et la gauche, puis faire tomber le cône, avec les deux mains. L’idée c’est d’avoir la même gestuelle avec Trifine : ferme, efficace, précise. Ce genre de simulation aide énormément à comprendre l’effet qu’on a avec notre stick et notre maladresse aussi 😛 Elle me fait prendre le stick doigts vers l’extérieur, comme ça j’arrive mieux à attraper les fesses de Trifine (le stick est entre moi et elle), et effectivement les phases 4 sont 10 fois plus efficaces et Trifine s’allume enfin, ce qu’on repère à ses fameux petits couinements 😛
Après on varie avec des changements de main en faisant attention à ce que je me déplace avec souplesse et qu’elle ne précipite pas en restant tonique, on effectue un arrêt direct après le changement de main pour vraiment l’asseoir sur ses hanches.

Ensuite on s’est mise sur le cercle, d’abord Aurélie me conseille de l’accompagner, et de travailler bien avec la phase 4 efficace qu’on a déjà vu. Trifine est vraiment super. Elle me fait alterner cercle et ligne droite au galop, quand elle a l’air rouillée dans son galop, je cours avec elle pour l’aider (c’est un grand cheval…) et on alterne avec une courbe.

On enchaîne sur des pas de côté, nez dans les feuilles… Je monte en phase car elle ne répond pas, et comme Trif est un peu sous pression du travail précédent, elle embarque sur quelques mètres ! Je lâche rien et Laureline est au bout, elle la chasse donc elle s’arrête, ouf, l’honneur est sauf haha… Ça, c’est une belle preuve que le fitness émotionnel n’est pas encore OK à 100% ! Et que je ne demande pas assez. Après elle ne l’a plus fait, on a demandé des déplacements latéraux dans le coin également en insistant sur la flexion latérale que je dois beaucoup récompenser. Aurélie m’a dit de le faire en zone 5 à l’avenir pour bien travailler ça.

On a enchaîné à nouveau sur des cercles au galop, en alternant courbes et ligne droite. C’était super et dès qu’elle fait un effort je l’emmène dans le coin et lui met le nez sur un truc et là, une pause. Elle doit faire un vrai arrêt. La qualité de l’arrêt est aussi révélatrice de la qualité du mouvement.

Ce que j’aime avec Aurélie, c’est qu’on est vraiment focalisés sur le mental du cheval. C’est du Natural Horsemanship, pas de l’éthologie où l’on apprend une galerie de mouvements. Alors certes, c’est un peu frustrant, mais on avance au rythme du cheval en s’intéressant d’abord et avant tout à sa psychologie… Encore une fois, Aurélie m’a révélé des points qui semblent peut-être un peu basiques, mais qui sont essentiels pour avancer en ayant l’adhésion complète de mes chevaux. En fait, c’est un peu comme en dressage… On passe notre temps à demander 1% de plus, et sur le coup c’est frustrant, mais sur le long terme, la relation avec notre cheval et son plaisir à être avec nous est la plus belle récompense 😉

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