Motivation hivernale : gardez le cap !

Les grosses doudounes, le froid qui pique et une odeur de Noël dans l’air : l’hiver… En cette période de l’année plutôt faite pour se mettre devant une série, s’enrouler dans un plaid et se réchauffer avec une énorme tasse de thé, quelques fous se retrouvent forcés à combattre le froid, le vent, la pluie, la boue, les orteils gelés et les lèvres gercées par amour des chevaux. Perso, le froid est un truc que j’aime pas trop. Par contre, les chevaux (au cas où ça n’était pas clair), j’aime beaucoup. L’hiver est donc une saison de combat quotidien contre moi-même, pour aller donner cours, pour aller monter mes chevaux, et ceux à l’entraînement. Trouver, et entretenir une motivation hivernale : petits conseils d’une marmotte qui prend sur elle et affronte le froid comme elle peut.

Trifine du Moulin. Crédits : Laureline van Overmeir.

Conseil #1 : Garder en tête ses objectifs

La clé ultime pour continuer à entraîner nos chevaux en hiver, c’est la motivation mentale. Se remémorer ses objectifs pour les mois et les années à venir, c’est ce qui permet de continuer à sortir de sa zone de confort. Littéralement. Surtout quand il pleut des cordes et qu’on n’a pas de manège couvert. ZE truc qui me fait tenir le rythme toutes les semaines, c’est surtout mes objectifs. Pendant de nombreuses années, l’hiver, tout était au ralenti : je montais et travaillais beaucoup moins mes chevaux. On avançait donc pas des masses. Et chaque année, au printemps, la frustration de réaliser qu’on a pas beaucoup progressé depuis le début de l’automne revenait. L’idée de perdre du temps à cause d’un peu d’inconfort m’a vite beaucoup agacée. Rappelez-vous pourquoi vous faites tout cela : moi, c’est par plaisir d’aller le plus loin possible avec mes propres chevaux. C’est par plaisir, et également par nécessité de rendre des chevaux aboutis aux propriétaires qui me les confient.

Crédits : Laureline van Overmeir.

Si vous n’avez pas d’objectifs qui vous forcent à entraîner votre cheval même l’hiver : j’ai envie de dire, tant mieux pour vous, vous pouvez donc hiberner ! En revanche, j’ai également envie de vous dire que si vous montez beaucoup à la belle saison, et pas du tout l’hiver, c’est pas très sympa pour votre cheval, qui va faire le yo-yo niveau forme physique. On sait tous qu’il est extrêmement dur de repartir à zéro côté sport, évitez de faire subir ça à votre cheval chaque année…

Conseil #2 : Apprécier la beauté de l’hiver

Pour entretenir une motivation mentale en béton, appréciez les beaux moments que l’hiver peut offrir. Le froid vivifiant peut aussi être quelque chose d’agréable : on se sent vivant, et on a envie de bouger. Il n’y a rien de plus beau qu’un paysage gelé, voire enneigé, sous un grand soleil froid et sec d’hiver. Personnellement, c’est un truc à m’émerveiller et à me donner envie d’être dehors toute la journée – avec mes poneys. La neige, si vous avez la chance d’en avoir, est aussi une source d’émerveillement sans fin, qu’on ait 5 ans ou 55 ans. Faire une balade dans un paysage enneigé est quelque chose de réellement divin !

Crédits : Laureline van Overmeir.

Ensuite, si la lumière peut être morne une grande partie de l’hiver, elle garde quand même un côté très spectaculaire, notamment aux levers et couchers de soleil, quand les journées sont lumineuses. Même ici, en Belgique, je suis régulièrement témoin de couchers de soleil rouge-orangés, qui me donnent le sourire pendant que je distribue le foin. Je trouve que ça embellit tout d’une façon délicieuse, et c’est aussi pour moi, une source de motivation pour être en extérieur à ce moment-là.

Ce que j’adore faire également, c’est monter dans la nuit. J’ai de la chance, j’ai une piste très bien éclairée. J’adore monter Jazon quand tout est noir, en dehors de la piste. Cela donne l’impression d’être un peu hors du temps. Je suis souvent seule en piste à ce moment-là, et le fait d’être plongée dans l’obscurité m’oblige doucement à être à 200% avec mon cheval. Ce sont souvent, d’ailleurs, d’excellentes séances…

Enfin, j’adore quand la météo se fâche. Parfois, je suis en promenade, et un orage va me tomber dessus : certes, ce n’est pas très confortable, en revanche, le contraste entre le ciel noir d’un côté, bleu de l’autre, donne une couleur formidable au paysage. Bien que je sois encore plus contente de l’admirer de chez moi, au chaud et au sec =D

Conseil #3 : L’hiver a ses avantages..

Ok, l’hiver, il y a toutes les galères dont on se passerait bien. Les distributions de foin plus fréquentes (sauf si vous êtes en Paddock Paradise), la boue (je HAIS la boue), le froid, la pluie, la neige, le gel, la gestion des couvertures dans certains cas, les chevaux dégueu, les horaires d’hiver (pas pratique quand on n’a pas d’éclairage)… Mais il y a aussi des côtés pratiques, focalisons-nous sur le positif : il n’y a pas de mouches (et ça, c’est quand même ultra génial), et le froid donne envie de bouger. Les chevaux sont plus motivés à bouger eux aussi, c’est bien plus confortable pour eux de travailler l’hiver qu’en plein été quand il fait chaud.

Crédits : Laureline van Overmeir.

Conseil #4 : S’équiper comme au ski

Le secret, l’hiver, c’est de réussir la gestion des côtés embêtants.

Le froid : je suis ultra frileuse, donc dès novembre, je n’ai pas peur du ridicule et je suis couverte comme s’il faisait -15°C. L’équipement adéquat est clairement indispensable pour gérer le froid. Déjà, avoir une sous-couche type ski, en top et en legging, c’est indispensable à partir du 0°C.

Une première couche redoutablement efficace :

X-Warm Collant Odlo. En vente ici.

 

Première couche Evolution d’Odlo. En vente ici.

Une deuxième couche pas mal non plus :

Maillot ColdGear Under Armour. En vente ici.

 

Une paire de chaussure à toute épreuve :

 

Boots Sorel, testées et approuvées depuis 5 ans pour ma part. En vente ici.

 

Ah, et les fameuses chaufferettes de Décathlon, non-testées à ce jour :

Les chaufferettes Décathlon pour les pieds. En vente ici.

 

Et là, je survis à peu près… A condition que je bouge. Je vais être honnête : j’ai beau avoir un équipement ultra technique, j’ai quand même vite froid si je ne bouge pas. Bouger, ça reste l’unique moyen de rester bien au chaud l’hiver. Raison de plus pour… Monter vos poneys ! Une petite pensée émue pour les propriétaires de chevaux introvertis, qui auront plutôt besoin de travail en statique.

Pour gérer la boue, une bonne paire de bottes de pêche ou d’agriculture va déjà aider. On évite les marques un peu à la mode, car beaucoup d’entre elles sont trouées avant la fin de l’hiver. A moins que vous ayez l’immense chance d’être dans une écurie ultra propre et où la boue n’existe pas, laissez tomber. Les Hunter c’est cool, c’est beau, mais si vous avez vraiment de la boue, ça marchera pas.

Personnellement, j’ai pris une marque pour agriculteurs.

Bottes Le Chameau. Plus d’infos ici.

Ça ressemble plus à des camions qu’à des chaussures, c’est moins joli qu’une paire de Hunter, mais ça survit à tout – vos pieds secs vous en remercieront. Bon, l’écurie où je me situe actuellement n’a pas tellement besoin d’un tel équipement, mais ce sont des bottes pour la vie.

Aussi, j’ai complété cet équipement délicieux avec un bleu de travail, acheté également dans une boutique pour agris, mais aucune idée de la marque – tout ce que je sais, c’est que ça me sert pas mal quand les chevaux sont dégueu et que je me prends 10 tonnes de poussière par coup de brosse, et que c’est mon outil favori quand je fais des parages l’hiver.

Un truc genre reine du style :

C’est moche, mais rudement efficace.

 

Parlons de la pluie. Bon déjà, j’avoue devoir être honnête sur la qualité des installations. J’ai l’immense chance d’être depuis quelques mois dans une écurie où la piste ne prend jamais l’eau. Ça change radicalement la dose de confort que j’ai dans le travail. Pour travailler correctement en dressage, c’est-à-dire de ne pas mettre le cheval en faute avec des changements de sol qui entraînerait des changements de rythme, il faut une piste sans flaques. Quand je suis à pied, mes cordes prennent un peu de sable, mais elles ne sont jamais trempées. A part la résistance à la pluie qui tombe, je n’ai pas grand chose à affronter : et ça, c’est vraiment quelque chose qui m’a changé la vie.

Côté équipement, j’ai pris un magnifique (encore) surpantalon chez Krämer :

Les Chaps Krämer. En vente ici.

Et j’ai un bon vieil imperméable Columbia qui me permet de garder le haut du corps au sec.

Par contre, le gel reste un ennemi non-vaincu sans manège, il est vrai… Là, je n’ai pas trouvé de solution miracle, si ce n’est changer d’écurie.

Conseil #5 : Hiberner un peu, aussi

Gérer le froid, c’est un peu comme le reste : on a besoin de repos pour mieux l’affronter. A moins que vous soyez du genre à ne rien craindre, et à pouvoir opérer dans le froid 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, je vous recommande quand même d’accepter de temps en temps une après-midi d’hibernation. Accompagné d’un bon cake, d’un chocolat et d’une bonne série, en appréciant le fait d’être à l’intérieur tandis que ça caille dehors. Admettez-le : c’est juste le meilleur sentiment du monde.

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16 thoughts on “Motivation hivernale : gardez le cap !

  1. Vive l’hiver tant qu’il ne pleut pas trop !
    Ma jument est bien plus accueillante en hiver qu’en été.
    Dès qu’il fait chaud, c’est toujours l’heure de faire la sieste, de se mettre tête bêche avec un copain pour chasser les mouches …
    Et puis moi la chaleur c’est pas mon truc !

  2. As tu des conseils pour gérer le travail avec les chevaux qui ne sont pas tondus ? Je me demande toujours si le risque que le cheval attrape froid parce qu’il a sué est réel. Je trouve que tondre et couvrir intégralement les chevaux est assez cruel..

    1. Cruel, je ne dirais pas ça non plus. J’en côtoie de nombreux tondus et couverts, je pense qu’il faut relativiser. Certains chevaux souffrent beaucoup lors du travail avec leur poil d’hiver 🙂 mais je suis d’accord que l’idéal est de les laisser au maximum gérer eux-mêmes leur poil =D
      Les miens ne sont pas tondus, alors pour faire simple : il faut éviter des longues périodes sans “bouger” dans ton travail. Faire une bonne séance active, et dès que tu cesses de le faire bouger, tu couvres avec une polaire ou une séchante.
      Généralement, je couvre au moment où je sais que c’est ma fin de séance, comme ça je les fais marcher avec la couverture.
      L’idéal, c’est qu’ils marchent avec la séchante jusqu’à qu’ils soient 100% secs 🙂 Si tu procèdes comme ça, tu n’as pas à t’inquiéter.
      Le risque se situe dans le fait de laisser un cheval mouillé refroidir sans assistance (marcher peut suffire dans certains cas). J’espère que ça te donne des pistes 🙂 ?
      Sinon, moi je travaille exactement comme le reste de l’année, donc s’ils suent.. je gère le séchage mais rien de plus !

  3. N’ayant pas d’installation chez moi, l’hiver c’est la période repos pour mes juments. Seulement pour elles, parce que charrier le foin, mettre de l’eau dans les bacs e nettoyer le paddock ne se fait pas tout seul…

    C’est tout bête, mais je n’ai jamais pensé à acheter des vêtements “sous-couche” pour lutter contre le froid, je vais investir rapidement parce qu’avec les gelées qu’on a déjà, je ne vais pas tenir longtemps.

    Très bon article ceci dit au passage 🙂

  4. Tiens, j’avais jamais pensé à mettre la combine pour m’occuper des poneys, mais c’est vrai c’est un bon plan pour rester propre ça.
    Mon gros soucis par contre, c’est l’absence d’éclairage des installations. Le soir c’est franchement la galère. J’ai bien une proprio de l’écurie qui va longer dans un carré d’herbe sous un lampadaire public, mais il faut que je bosse la capacité de ma jument à quitter les copains avant de pouvoir faire ça 😀 Bref, je crois bien que j’hiberne un peu trop, mais c’est même pas à cause du froid^^

  5. Génial cet article ! Merci Pauline !
    Et puis ça aide à déculpabiliser un peu aussi, j’ai pris ma journée off aujourd’hui et je ne me sentais pas très bien avant de lire ça, mais finalement un jour de temps en temps c’est peut être pas si grave ! J’y retournerai certainement plus motivée demain, sous la pluie !

    Ici par contre la piste prend l’eau, et c’est très compliqué de gérer le poids de la longe par exemple… Les soucis de l’hiver ! 😉

  6. Ah là là, tout comme toi, je n’aime pas vraiment l’hiver, je suis aussi une grande frileuse !
    Mais par contre je préfère quand il gèle/neige que quand il fait “juste froid” : au moins les sols sons secs (ou dur plutôt), et on a pas ce sentiment d’humidité partout ! Et puis quand il neige, je mets la combinaison de ski, et là plus de soucis pour le froid ! :p
    Par contre c’est vrai qu’à cette saison, mes deux louloutes sont quasi au repos complet…Chaque année je m’énerve de ne “rien faire”, mais je me dis que c’est pour mieux repartir au printemps ! 😉

  7. Bonjour,

    Très bel article (et surtout excellent blog).
    Comme vous dites, c’est surtout une question de motivation et de mental, l’hiver ce n’est pas forcément évident de vouloir entraîner son cheval/jument. Mon petit truc (après c’est personnel) c’est de mettre une veste concours équitation, ça me donne l’impression d’être un pro et de continuer à m’entraîner pour être meilleur 🙂

    Bonne journée

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