Monter à cheval pour soi…

Serena rencontre les juments de la nouvelle prairie

C’est un article que j’ai envie d’écrire depuis des années, et pour une raison qui m’est inconnue, je n’ai jamais réussi à le démarrer. J’ai beaucoup de choses à dire sur le sujet, mais la structure me manque, et l’humour me manque aussi. C’est un sujet que j’ai pris beaucoup trop au sérieux pendant des années, et il est temps de sortir de cette paralysie 🙂

Peut-être que ça vous parlera, ou peut-être pas… Mon petit doigt me dit que je suis loin d’être la seule à ressentir tout ça, et que si cela peut offrir du confort, du soulagement ou simplement des pistes de réflexion, mon job est fait ! Poke à la petite plume qui m’a écrit à ce sujet et qui m’a permis de sortir tout ça. 😉

Pourquoi faites-vous du cheval ?

Qu’il s’agisse par amour pour l’animal, pour les activités d’extérieur, pour la nature, pour le sport… Peu importe la raison, votre pratique a démarré par et pour vous. Quelque chose vous a animé, et vous a amené à pratiquer une activité équestre.

Et puis vous avez plongé dedans la tête la première, et vous avez eu vos premières déconvenues : un gros souci de santé, un gros stress en balade, une mauvaise chute, une facture véto imprévue, des gossip en tout genre à l’écurie, des critiques permanentes, bref… Vous avez réalisé, comme nous tous ici bas sur Terre, que pour pratiquer durablement l’équitation et s’y épanouir, il fallait sacrément aimer nos chevaux.

Dans tous les cas, je ne connais personne qui n’ait pas démarré l’équitation parce qu’il aimait ça, ou qu’il aimait les chevaux.

Pour qui faites-vous du cheval ?

Je l’ai d’ores et déjà répété activement sur ce blog, notre époque de type réseau social à tendance à exposer beaucoup, beaucoup, beaucoup ce que font ou disent les autres. Cela mène forcément – c’est humain – à une envie de se comparer, de se situer au milieu de tous ces gens qui postent des photos, des vidéos d’eux, qui semblent faire des choses extraordinaires avec Caramel.

Il arrive trop souvent que cela mène à des sentiments d’anxiété, de stress ou même de tristesse, c’est un des mauvais côtés des réseaux sociaux qui a été beaucoup pointé du doigt par les psychologues, notamment chez les jeunes. Ce n’est vraiment à pas négliger, même si vous avez 30 ans.

Pourquoi allez-vous au poney aujourd’hui ? Pourquoi avez-vous fait tel type de séance, pourquoi avez-vous fait tel exercice ? Comment a été construite votre séance et dans quel objectif ?

Pouvez-vous affirmer à 200% que vous avez tout fait pour vous et votre cheval uniquement ? Ou pour les autres, même indirectement ?

Trifine, jument trait breton en horsemanship
Crédits : Julie Jamar – du travail à pied est absolument indispensable pour qui veut un cheval bien dans sa tête…

Du prof en passant par la copine, jusqu’au follower inconnu

Qu’on ne se méprenne pas : c’est OK, de vouloir réussir une difficulté pour rendre votre coach fier de vous, ou même votre maman si vous voulez. C’est OK d’avoir envie de montrer à ses amis qu’on a passé un cap et qu’on est super fier de Caramel. C’est OK de montrer que notre travail a payé et qu’on est fier des choses accomplies. Partager son bonheur et sa fierté, cela fait aussi partie du bonheur en question !

Cependant, les humains sont faits d’une telle façon que nous allons d’office nous comparer. Nous allons, dans certains cas, nous sentir diminués, ou bien “nuls” à côté d’une vidéo postée sur Internet où l’osmose entre la cavalière et son cheval semble parfaite. J’insiste sur semble, car je ne répèterai jamais, jamais, jamais assez qu’il y a un tel décalage entre ce qu’on interprète des réseaux sociaux, et la réalité du terrain, qu’il vaut mieux garder du recul.

Je parle pour moi-même quand je dis que je suis sûre que j’ai voulu absolument obtenir des choses de mes chevaux, dans le passé, uniquement pour montrer au monde que j’en étais capable. Au final, je n’aimais même pas particulièrement les réaliser, ou les enseigner à mon cheval, ou bien je n’en voyais pas forcément l’utilité… Mais c’était “bien” de savoir les faire, et ça “montrait” que j’avais une bonne complicité avec mes chevaux.

J’étais plus intéressée par ce que les gens allaient penser de moi, que par ce que moi-même, je pensais de moi. Ou par ce que mes chevaux pensaient de moi ! J’utilisais un paradigme ultra culpabilisant envers moi-même, pensant que c’était ça que je devais faire pour le bien-être de mes chevaux, quand, finalement, c’était une projection de ce que les autres attendaient (tout du moins, de ce que je pensais que les autres attendaient). Oui, car, au final… N’allons pas nous mentir ! Chacun est là, parle, pour soi, avant tout…

Qu’avoir une amie d’écurie vous motive pour aller plus loin, pour être plus régulière, et atteindre vos objectifs : c’est super positif. Que cela devienne quelque chose de maladif qui vous rend triste, parce que vous n’avez pas le même niveau : non, vraiment, c’est trop dommage et c’est perdre ce qui vous a initialement attiré à l’écurie-même.

Alors quand l’amie est remplacée par le like d’un follower que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam… C’est franchement bête. Qui vous dit que les réseaux sociaux existeront encore dans 10 ans ? Vivez votre vie équestre pour vous, d’abord et avant tout !

Des comparaisons surréalistes ou impossibles

Je demande à tous mes élèves en stage quel est leur plus grand rêve, le rêve le plus dingue qu’ils pourraient avoir.

Tous ont des rêves différents, des envies différentes, mais ils ont tous en commun l’envie de le faire avec un cheval épanoui, bien dans sa tête, bien dans son corps, et super motivés.

Parfois, ils mettent du temps à m’avouer leur rêve, car il est, de leur propres mots, “impossible”.

A l’inverse, certains fixent des objectifs complètement surréalistes, et une fois lancés en quête de ce but, ils dépriment complètement, pensant qu’ils sont mauvais et incapables, parce que untel sur Facebook y est arrivé dans une situation qui semble (j’insiste sur semble) similaire.

Chaque cheval et chaque humain est unique. Chaque situation est unique. Se comparer perd de son sens à partir de là. Même si vous avez les mêmes moyens, un cheval de même niveau, et un même coach, votre mental est peut-être différent, ou le mental de votre cheval est peut-être différent. Votre emploi du temps est peut-être différent. Vos goûts, sont peut-être différents…

Pourquoi s’obstiner à faire de l’obstacle, alors qu’en fait vous n’aimez pas vraiment ça et que votre kiff, c’est la balade ? A l’inverse, pourquoi condamner le sport équestre parce qu’auprès de votre entourage digital, “c’est mal”, alors que vous adorez ça ? Pourquoi vous acharner sur un truc qui ne passe pas bien en liberté, alors qu’en vrai ça n’est pas ce que votre cheval adore ?

La réponse est souvent reliée, de prêt ou de loin, à l’image qu’on s’est créée de soi, sur base de ce qu’on croit être l’attente de l’autre.

Existe-t-il une solution ?

Rentrer dans l’infernal engrenage de la comparaison aux autres peut être très néfaste. Perso, je recommande toujours de s’emparer de bon bouquins de développement personnel type “The Subtle Art of Not giving a Fuck” de Mark Manson, ou encore “You Are a Badass” de Jen Sincero, il y en a des centaines très bien écrits et qui peuvent créer des idées, des pistes dans votre tête, pour sortir de ce mauvais cercle vicieux.

Ensuite, personnellement, j’aime bien encourager mes élèves à se concentrer sur ce qu’ils ont, eux, à faire, et pas sur les affaires des autres. Limitez un peu votre temps passé sur les réseaux sociaux, exposez vous moins, prenez le temps de créer un petit laboratoire autour de vous et de votre cheval, et d’explorer sans cesse les possibilités de votre recherche équestre. Recentrez-vous sur le monde réel et sur votre cheval. En général, les choses vont nettement mieux d’un coup 😉

 

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