Ma conscience, mon poney, et moi

Que voyez-vous lorsque vous vous regardez dans le miroir ?

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Il n’y a pas si longtemps, j’ai traversé une période de remise en question profonde qui fut très positive. J’ai revu complètement l’éducation de mes chevaux, la façon dont je voyais le dressage, le bien-être et l’entretien du cheval.

J’ai failli tomber dans un excès de culpabilité, qui m’amenait à systématiquement tout remettre en question avec un tel engouement que je devenais instable. Mes chevaux m’ont tout de suite renvoyé le reflet de ce trouble émotionnel… Et n’avaient plus tellement envie d’être avec moi, même moins que lorsque je les traitais pas tout à fait correctement.

La mise en abyme de notre propre conscience mène parfois à de douloureuses conclusions.

La culpabilité doit être un sentiment duquel émerge un changement heureux. Nous restons souvent longuement englué dans nos remords, nous ne voyons plus que nos regrets, nous punissons nos propres actes usant d’une autoflagellation malvenue, si ce n’est inutile. Le fardeau que l’on a porté doit pourtant s’effacer au profit d’un renouveau dans notre attitude. Cela s’appelle l’évolution, et aussi le progrès. Se figer dans une éternelle culpabilité n’a rien d’un processus sain. C’est un processus léthargique. Nous devons apprendre à sortir de cette asphyxie extrêmement inconfortable pour le cheval – qui n’a pas demandé à subir ni vos erreurs, ni votre culpabilité, pour lui offrir plutôt une humilité conscientisée et évolutive.

Le beau doudou

Une personne bourrée de remords dégage une énergie dérangeante. Or, les chevaux – tout comme les humains – apprécient nettement mieux la présence d’une personne en accord avec elle-même. C’est en cela que les chevaux sont une école de vie extraordinaire. Ils nous invitent à évoluer, à reconnaître nos fautes, à passer par un procédé de culpabilité et d’en tirer une modestie qui remet les pieds sur Terre. On peut alors contempler avec le recul que l’on n’avait pas quelques mois auparavant. Et ainsi de suite.

C’est un processus ultra positif, que l’on doit apprendre à aimer, mais surtout que l’on doit apprendre à finir. On ne peut pas rester bloqué à l’étape “culpabilité”, si l’on veut qu’il en émerge une amélioration.

Le positivisme, c’est une doctrine d’un certain Auguste Comte, selon laquelle seule l’expérience permet de vérifier la vérité. Sans vouloir faire de la philosophie à deux sous, ajoutons que seule l’expérience prouve qu’il n’y a pas une seule vérité. Osez faire, n’attendez pas éternellement qu’une étoile tombe du ciel, agissez.

Si comme moi, vous avez un jour culpabilisé de faire du dressage, parce que vous avez lu que Nevzorov a fait une étude qui dit que les chevaux ont terriblement mal quand on les monte, si vous avez culpabilisé de sauter parce que quelqu’un vous a dit qu’il avait lu que c’était horriblement douloureux pour les boulets, si vous avez culpabilisé de dire fermement “NON” à votre cheval dangereusement envahissant parce que vous aviez décidé d’arrêter le renforcement négatif… Réfléchissez. Ne vous faites pas manipuler. Digérez chaque situation et n’analysez rien si vous n’êtes pas émotionnellement stable, confiant. Une analyse faite sous une anxiété ou une culpabilité intense sera toujours faussée. Soyez réaliste, les pieds sur Terre.

Je travaille mon avis a priori et a posteriori : une approche critique de toute lecture, de toute parole est systématique, tandis qu’après avoir choisi une direction donnée, je prends le recul et j’observe les résultats, forgeant derechef mon opinion sur la décision que j’ai prise et son effet sur mon cheval.

Votre cheval seul pourra vous dire ce qu’il y a dans le miroir.

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7 thoughts on “Ma conscience, mon poney, et moi

  1. C’est cette partie-là que je préfère…
    “… les chevaux – tout comme les humains – apprécient nettement mieux la présence d’une personne en accord avec elle-même. C’est en cela que les chevaux sont une école de vie extraordinaire. Ils nous invitent à évoluer, à reconnaître nos fautes, à passer par un procédé de culpabilité et d’en tirer une modestie qui remet les pieds sur Terre.”
    Je ne suis pas certaine du procédé de culpabilité, mais ils nous invitent à nous remettre en question et à être nous-mêmes, à être vrai. Une école de vie formidable…

    1. Tout à fait d’accord avec Régine, j’adore aussi cette partie & je me rends tellement compte de l’état d’esprit dans lequel je suis quand je ne peux approcher ma PRE qui est hyper sensible à ça, on est vraiment “connectées” & c’est vraiment elle mon miroir, bien que je sois aussi très proche du reste de mon troupeau, c’est elle qui me donne le plus d’indication rien qu’au pré ..

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