L’importance du Stretching en équitation

Ceci est une traduction libre d’un article paru dans Dressage Today le 3 mars 2017.

Écrit par Uta Gräf

(aka ze déesse du dressage allemand : elle a créé de superbes programmes que vous pouvez vous procurer ici, ou encore ici)

Monter votre cheval dans un stretching est une partie importante de l’entraînement, non seulement pour les jeunes chevaux et les chevaux de dressage, mais pour tous les chevaux, quelque soit leur discipline. Cependant, ce n’est pas si facile de faire un stretching qui aide vraiment le cheval. Il n’existe pas beaucoup de chevaux comme l’allemand Damon Jerome NRW (cliquez sur le lien pour voir la vidéo qui a vraiment été diffusée PARTOUT sur Facebook) qui s’étire facilement vers le mors dès le début – malgré le fait que le manuel le dise. Parfois, je dois montrer patiemment au cheval que je monte vers les mains et vers le bas afin que la nuque se baisse à partir du garrot pour que le cheval s’étire avec confiance entre mes mains.

Pourquoi le stretching est-il si important ? Helle Katrine Kleven explique dans son livre die Biomechanik der Pferde (Biomécanique et Physiothérapie pour Chevaux) à propos de la biomécanique des chevaux que le ligament nuchal tire et redresse les processus épineux du garrot dès que le cheval descend la tête. Cela arrondit le dos. Dans cette position, les chevaux peuvent nous porter quasiment sans recours à la force – presque passivement. Afin de décharger l’avant-main, les muscles doivent prendre le relai du ligament nuchal de plus en plus, afin que le cheval développe la force de se porter seul. Le but de l’entraînement est de renforcer le corps du cheval pour qu’il puisse porter avec les muscles porteurs. Si les muscles ne sont pas encore assez forts, le cheval utilise d’autres muscles qui ne sont pas faits pour porter afin de compenser. Cela engendre de la raideur, une perte de souplesse.

Afin d’encourager nos chevaux à se déplacer en stretching, je les laisse mâchonner les rênes vers l’avant, prenant doucement les rênes immédiatement, tout en prenant soin de garder l’engagement derrière. Je rallonge progressivement les rênes, je monte activement vers les mains, je présente l’étirement vers le mors et je monte dans cet objectif-là. Idéalement, mon cheval prendra les rênes de la main (attention, à différencier de prendre les rênes de façon brutale !!!), au travers de l’étirement de l’encolure, et le mâchonnement de la bouche. Prendre les rênes signifie que le cheval répond activement quand il obtient le signal de céder dans la mâchoire. Beaucoup de chevaux évitent cet idéal en se renversant, s’enroulant ou en poussant contre la main.

Étirer le jeune cheval

Lorsqu’il était jeune cheval, Hélios, 8 ans maintenant, a eu besoin d’un long moment avant de s’étirer vers la main. Nous avons du faire preuve de patience en lui expliquant les choses au sol, et ne jamais laisser tomber même quand cela prenait du temps. C’est plus important d’atteindre cet objectif que de travailler sur les mouvements trop tôt. Même si je n’ai rien fait d’autre qu’obtenir un bon stretching sur une session entière, ça n’est pas grave. C’est tellement important pour l’entraînement futur, surtout en ce qui concerne avoir une bonne connexion, que je ne saute jamais cette étape. Notre patience et notre programme d’entraînement basé sur le stretching a porté ses fruits. Aujourd’hui, la connexion est bien plus franche. C’est parce qu’on lui a donné le temps dont il avait besoin.

Voici les étapes que je suis pour permettre à Hélios de s’étirer au trot enlevé : d’abord, je tiens les rênes un peu plus longues pour tester si Hélios avance le nez. S’il se plaque et s’enroule, je lui montre progressivement la voie en montant sur des lignes courbes en amenant la main vers l’intérieur du cercle sans toutefois monter vers l’arrière. En même temps, j’intensifie le rôle de ma jambe interne. Dès qu’Hélios prend le mors, je lui offre une connexion constante et agréable avec la main. De cette façon, il reste engagé et avance activement à partir des postérieurs, vers le mors. Je répète cela jusqu’à qu’il s’étire véritablement sur des mains douces, avec l’encolure s’étirant à partir du garrot et le nez vers l’avant. Le nez est idéalement toujours devant lorsque j’allonge les rênes.

J’ai du prendre un chemin complètement différent avec mon cheval précédent, Durbidge. Il s’élevait naturellement dans une posture pas tout à fait juste. Un bon entraîneur m’a conseillé lors d’une leçon : “Monte-le d’abord dans une posture haute, puis prend un contact l’amenant vers le sol.” J’ai donc essayé  et ça a bien mieux fonctionné. Je l’ai fait plus tard au cours de séances d’entraînement, l’amenant régulièrement dans un stretching en passant d’abord par le fait de lui laisser prendre les rênes. Cela mena plus tard à une véritable élévation, avec un bon contact et une vraie capacité à se porter seul. Il y a beaucoup de chemins vers Rome, et le bon chemin pour un cheval peut être différent pour les autres.

Pour vérifier que l’étirement est correct, je demande souvent à mes collègues leur avis car c’est parfois difficile pour moi de le sentir. Par exemple, il peut arriver que le cheval prenne les rênes, mais se fige derrière la verticale et ne s’étire pas véritablement vers le mors. Idéalement, la bouche du cheval devrait chercher le mors vers l’avant et vers le bas. Un autre problème fréquent est le cheval qui plonge en prenant les rênes. Cela peut arriver si par exemple, le cavalier arrête de monter vers le mors. Si les rênes sont longues sans que le cavalier soit activement en train de monter son cheval, il ne conservera pas l’engagement.

Par conséquent, tous les bénéfices du stretching sont perdus. Si c’est correctement monté, l’activité de l’arrière-main s’améliore, de même que le contact et la relaxation. Le cheval passe mieux son dos vers le mors et ses postérieurs avancent avec activité. Si le cheval reste actif derrière, il ne plongera pas sur l’avant-main.

Un modèle en stretching

En plus de sa carrière en tant que show horse, Damon Jerome NRW (“DJ”) est parfait pour les démonstrations lors de séminaires. Nous avons débuté avec plusieurs séminaires avec des juges à Warendorf, où les juges étudiaient les interprétations pratiques des directives, à l’aide de démonstrations et de commentaires par Christoph Hess de la fédération allemande. Des séminaires pratiques ont suivi, et Damon Jerome NRW a toujours offert de bonnes démonstrations. Sa capacité à s’étirer à toutes les allures tout en restant engagé sert en tant que modèle.

Programme d’entraînement : nous essayons régulièrement d’intégrer cette équitation qui consiste à monter des mains vers le mors aux trois allures pour proposer à DJ une pause du travail d’élévation et de rassembler, pour vérifier encore et encore sa capacité à s’étirer.

Résultat : nous jouissons d’une réaction positive du public, lorsqu’il montre un étirement parfait tout en effectuant juste après les mouvements. Cela n’a pas seulement l’air facile et sans efforts, c’est comme ça que je le ressens en tant que cavalière !

Exercices pratiques pour un meilleur stretching

La voie classique

  • monter vers l’avant et vers le bas à la détente, pour diriger le cheval vers le bas. Gardez l’engagement en dirigeant le nez vers l’avant de la verticale, tout en faisant attention à ce qu’il ne se plaque pas ni ne s’enroule.
  • montez sur des lignes courbes et des changements de direction pour que le cheval doive s’équilibrer.
  • montez le cheval avec une connexion moelleuse vers les mains jusqu’à qu’il laisse descendre son nez et cherche le mors.

Essayez !

  • Prenez le cheval là où il en est, et amenez le vers une posture de stretching. Objectif : plus tard, passez au stretching dès le début.
  • laissez le cheval mâchonner et s’étirer entre quelques exercices au trot ou au galop, puis rassemblez-le à nouveau pour préparer la prochaine leçon.
  • galopez avec une assiette légère et une connexion stable.

Notre conseil

Cela peut prendre un quart d’heure, voire plus, au sein d’une même séance pour faire une avancée même minimale avec un jeune cheval, ou bien un cheval mal entraîné auparavant. En prenant compte de l’entièreté de l’entraînement, les cas les plus difficiles peuvent prendre des semaines, des mois, voire même des années. Donc ne perdez pas patience, ou le problème se présentera à nouveau pour vous hanter, causant beaucoup d’autres problèmes. Cela ne veut pas dire que vous n’allez pas progresser pendant ce temps-là. Vous pouvez garder un entraînement normal et inclure le stretching ici ou là pendant la séance. Ne montez pas vers le bas et l’avant dès le début de la détente, mais laissez le cheval s’étendre de temps en temps au cours de la séance pour tester la capacité du cheval à le faire. C’est bien sûr très utile de le sentir sur un cheval bien entraîné pour avoir les bonnes sensations en mémoire.

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Si vous voulez encore plus de traduction, laissez-moi un commentaire 🙂

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