L’exercice délicat du transport : l’éducation

Je vous racontais ici mes choix de matériel en termes de transport, tout en vous rappelant quelques notions de base concernant la conduite. Maintenant, intéressons-nous au transport du côté du cheval : certains cavaliers semblent toujours croire que le van est une étape colossale à passer. Je comprends ce sentiment, notamment lorsque j’observe l’épreuve interminable et usante du cheval qui, braqué, refuse catégoriquement d’entrer dans le van. A bout de nerf, le cavalier désespéré use de toutes les méthodes qui lui passent par la tête, car malheureusement pour le cheval, ce genre de situation se produit fréquemment quand on doit rentrer sans tarder.

Claustrophobe, le cheval ?

Brisons d’abord quelques idées reçues. Combien de fois avons-nous entendu que le cheval était par nature claustrophobe ? Dans un article paru dans Cheval Magazine, Hélène Roche remet les pendules à l’heure sur le sujet, et nos chevaux l’en remercient. Il faut bien l’admettre : nos chevaux sont des animaux d’espace. Leur nature de proie nécessite un champ de vision large et lointain leur permettant de surveiller leur environnement. Se coincer dans un box ou dans un van n’est pas leur premier réflexe, je vous l’accorde. Mais pourquoi rencontre-t-on tant de difficultés à monter le cheval dans un van et si peu pour l’habituer au box ? Il serait paradoxal de conférer cela à la claustrophobie naturelle du cheval… Ma réponse est simple : on prend le temps d’habituer le cheval au box depuis son plus jeune âge. Au début, la plupart des chevaux n’y sont pas rassurés, mais à force d’associer le box au repas, aux voisins, ou encore à la fin du travail, ils y trouvent un confort (à condition qu’ils n’y vivent pas 24h/24 !). En revanche, j’ai vu peu d’écuries traditionnelles répéter la montée dans le van de manière progressive… Souvent, les poulains embarquent pour la première fois, engagés dans leur premier concours d’élevage ! Par manque de temps, les éleveurs ne prennent pas le temps d’apprendre l’embarquement, le voyage et la descente au jeune bébé. C’est ainsi que tant d’accidents et de traumatismes se produisent…

Prendre son temps pour aller vite

C’est une règle d’or avec le cheval, qu’il faut évidemment appliquer au transport. Votre cheval doit être désensibilisé à l’objet-même : s’il a peur des voitures, évitons tout de suite de tenter un embarquement… Ensuite, il est idéal de l’initier à marcher sur des matières diverses et peu stables : planche en bois, bâche, ponts, etc. Ce genre d’apprentissage est à faire dans le calme et avec patience. J’ai, pour ma part, utilisé directement le pont du van dans l’idée de désensibiliser une pouliche pur-sang à marcher sur des sols particuliers. Nous montions sur le pont de côté, et non pas de face comme pour entrer dans le van. Avec beaucoup de répétitions, des pauses et des récompenses, l’exercice était très bien exécuté en quelques minutes. Enfin, on peut alors entamer la phase délicate de l’entrée du van, toujours en suivant le rythme du cheval, sans lui imposer notre volonté – devrais-je dire, sans qu’il ne s’en rende compte. Je serais toujours une férue de la méthode du repas dans le van. Si l’on nourrit quotidiennement en entrant dans le van, même à moitié, on facilite grandement l’approche psychologique du cheval face à cette boîte de métal.

Quel type de transport ?

J’en parlais déjà un peu ici, mais le transport le plus confortable est probablement le camion. Toutefois, avec une bonne éducation, n’importe quel cheval peut apprendre le transport à l’aide d’un van ! Se pose ensuite la question du pont, ou de la marche : pour ma part, j’ai toujours préféré le pont. Je trouve qu’il nécessite un apprentissage plus simple, et surtout, je le trouve bien moins dangereux. Quelques mauvaises expériences me font fuir devant un van à marche. Certains chevaux ont tendance à prendre un élan non-désirable en y entrant. Toutefois, si la marche est bien abaissée, certains chevaux semblent plus à l’aise avec cette façon de procéder.

Image tirée du site des Lusitaniens de Saint Eloy – éducation du poulain au van sans pont.

Bien que cela semble évident, les premiers transports doivent être très courts et s’allonger progressivement, en fonction des réactions du cheval. Voilà : c’est tout simplement et avec bon sens qu’on évite de nombreux traumatismes, et qu’on augmente le capital confiance de notre compagnon équestre.

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