L’exercice délicat du transport : le matériel

Le week-end dernier, j’ai participé avec Jazon à un stage d’une élève de Philippe Karl, dans une écurie nantaise… Située à 1h30 de chez moi.

Depuis que j’ai mes propres chevaux, le transport a toujours été source de malaise, d’inquiétudes et de stress. Qui n’a jamais entendu parler de terribles accidents à faire frissonner le plus placide des cavaliers ? J’ai beaucoup de choses à dire sur ce sujet, je parlerai donc ici du matériel, comment le choisir et pourquoi ; dans un autre article, je me consacrerai globalement à l’éducation du cheval et à son comportement face au transport.

Bien choisir son moyen de transport

Le traditionnel van n’est pas toujours l’option à prendre ! Même si l’on se tourne vers les meilleurs fabricants (Böckmann fait généralement l’unanimité du côté des professionnels du transport), quelque soit la position du cheval, un van c’est extrêmement instable et sensible à l’environnement. Outre la prise au vent et la réaction démultipliée aux défauts de la route, un complexe voiture + van n’est pas très pratique en termes de maniabilité. J’ai déjà fait un court trajet en van pour accompagner un poulain : je peux vous assurer qu’on est totalement instable là-dedans, d’autant plus que contrairement à moi, le cheval ne peut pas se tenir !

Si, comme moi, vous disposez d’un simple permis B, vous n’êtes pas formé à manœuvrer, et pour avoir tenté l’expérience, ce n’est pas du tout facile au premier abord, surtout avec un cheval dans le van… Si, comme moi, vous disposez d’un simple permis B, vous êtes soumis à de multiples contraintes légales et mécaniques : capacité de traction de la voiture, attelage, poids de la voiture, PTAC du van, PTRA,- et compagnie, je vous renvoie ici pour des informations détaillées.

Si l’on penche pour un van, il faut absolument qu’il ait son propre système de freinage – ce qui est le cas de la plupart des vans modernes aujourd’hui. Je préfère préciser, car j’en ai déjà vu à la location qui n’avaient absolument rien… Donc le risque que le van dévie lors d’un freinage intense est très grand.

Il s'agit d'un freinage à inertie : lorsque la voiture ralentit, le coulisseau le détecte par le biais de la rotule et déclenche un processus de freinage du van.
Système de freinage des vans

Dans l’idéal et surtout pour un trajet long, mieux vaut se tourner vers un camion… Avec un simple permis B, on peut manœuvrer sans souci et souvent transporter deux chevaux dans des conditions optimales. Attention, là, il faut aussi se méfier car beaucoup de camions VL ont un PTAC inférieur à 3,5 tonnes ! Et ça fait très juste pour transporter deux chevaux de selle.

L’idéal, c’est de faire la formation B96 permettant de conduire jusqu’à 4,2 tonnes ; le top du top, c’est de passer le permis E/B

Mon expérience nantaise…

J’ai loué un van Böckmann Uno chez SV Trans, un transporteur sarthois qui jouit d’une excellente réputation dans la région, en charge notamment des chevaux de l’Elevage Massa. Pourquoi louer chez un transporteur ? En l’occurrence, Samuel Verda possède des véhicules hyper entretenus, très surveillés et suivis. Je sais donc à quoi m’attendre, c’est-à-dire à un matériel hyper fiable, habilité au transport d’animaux ; ce qui n’est pas toujours le cas lors de location chez un particulier (et parfois chez un pro !) qu’on ne connaît pas. Mon choix s’est tourné vers ce van en particulier, car j’ai une nette préférence pour Böckmann, dont les vans sont pour moi le nec plus ultra du marché. Enfin, il est hors de question de transporter dans un van 1 place, vraiment trop étroit et inconfortable. Ma Peugeot 307 ne me permet pas de tracter un van 2 place ; le point d’équilibre entre ces deux limites est donc un van 1 place et demi.

Le Böckmann Uno de la gamme Champion est particulièrement spacieux et confortable : mon poney a vraiment très bien voyagé, malgré les conditions climatiques délicates (pluies diluviennes). Il faut savoir que, même s’il embarque plutôt bien, Jazon a déjà vécu de très mauvais voyages en van et par conséquence, il est terriblement anxieux une fois à l’intérieur. A mon arrivée à la Pièce d’Hyppocrène, Jazon était relativement calme. Le soir, j’ai voulu le nourrir dans le van : il est monté hyper facilement, et mine de rien, ça donne un bon aperçu de la qualité du transport du cheval.

Jazon près de son van...
Jazon près de son van…

Le salaire de la peur : conduisez comme si vous tractiez des explosifs

C’est mon leitmotiv en matière de transport. Peu importe le cheval, même s’il voyage bien, il faut s’imaginer qu’on a un paquet d’explosif dans le van et qu’il faut les secouer le moins possible. Même si cela paraît évident, il faut une conduite plus souple que souple : l’idéal est de ne jamais freiner. Évidemment, nous ne sommes pas seuls sur la route et c’est plus difficile en pratique. On limite cependant grandement les risques en étant très précautionneux. Autre chose, les accélérations doivent être assez douces pour qu’on ne sente pas la poussée du moteur.

Entraînez vous d’abord à vide, une voiture attelée n’a pas du tout le même comportement : abaissée à l’arrière, on se retrouve avec un engin qui s’apparente plutôt à de la propulsion qu’à de la traction ! Ensuite, le poids du van limite freinages et accélérations ; enfin, le van tourne plus serré que votre voiture : attention aux bordures et trottoirs…

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