Les abcès des enfers, ou l’histoire de deux ans d’énigme

L’histoire que je vais vous conter n’a rien d’un récit épique à succès. Cette histoire n’est pas passionnante, elle ne va pas vous transcender, vous faire rêver, vous inspirer… Non. Je pense cependant qu’il est important que je la raconte. Pour vous, peut-être, pour vos chevaux, sûrement, pour changer les mentalités et faire évoluer les choses, certainement.

Je ne sais pas aujourd’hui si cette histoire est finie. Je ne sais pas si elle finira un jour. Je ne sais même pas si j’y ai trouvé une solution, une fin qui fait sens, qui expliquerait tout logiquement. Je l’espère, de tout mon cœur. Car l’histoire que je vais vous raconter fut un douloureux périple pour ma jument et pour moi. Je n’ai pas honte de choisir ce mot, “douloureux”, même si vous allez le voir, beaucoup de couples cavalier-cheval vivent des épisodes bien pires, j’en ai conscience.

Entre mars 2014 et mars 2016, ma jument a eu 12 abcès, sur trois pieds différents.

Trifine est arrivée dans ma vie à 2 ans et demi. Cette jument de trait bretonne choisie par mes parents – qui rêvaient d’un cheval de trait blond – vient d’un petit élevage de La Guerche de Bretagne, en Ille-et-Vilaine. Une bretonne puisée à la source, sommes toutes. Je passe sur les détails d’éducation zéro : passons aux pieds, ces immenses pieds qui m’ont causé tant de surchauffe cérébrale dernièrement.

Trifine a toujours vécu pieds-nus, dans un pré, avec des congénères. Une vie de cheval, quoi. Elle n’a jamais eu de problèmes de pieds. De temps en temps, elle était légèrement boiteuse, et le passage du maréchal suffisait à régler le problème : je mettais ça sur le compte de ses mauvais aplombs qu’une pousse trop longue du pied devait amplifier. Une ostéopathe est venue un jour, me disant que ma jument avait des abcès dans les deux antérieurs. Je n’avais jamais pris sa remarque en compte, puisque le lendemain, une fois le maréchal passé, ma jument marchait à nouveau parfaitement – celui-ci d’ailleurs confirmait une absence d’abcès.

J’aurais du l’écouter, je le sais maintenant, et je paye mon erreur.

En 3 ans, nous avons changé 3 fois de pension, pour des raisons complexes et qui n’ont aucun intérêt ici. Elle est passé d’un grand pré maigre de quelques hectares avec copains à des prairies plus petites maigres aussi, avec copains. Puis nous sommes arrivés dans une pension avec des parcelles de même taille, d’anciennes prairies à vache… Beaucoup plus grasses. Un an plus tard, nous quittions la région angevine pour emménager à Bruxelles, dans 7 splendides hectares, variés, vallonnés, avec tout un troupeau de chevaux.

Abcès numéro 1, violent, et percé en 12 jours.
Abcès numéro 1, violent, et percé en 12 jours.
Le calendrier des 12 abcès
  1. Mars 2014 : En France (région angevine), Trifine fait son premier abcès au postérieur droit. Il sort en 11 jours au glome grâce à de l’homéopathie (PVB Abcès) et des cataplasme d’Animalintex. Gros stress, je n’ai jamais vu un cheval boiter aussi violemment !
  2. Octobre 2014 : nous sommes depuis un mois en Belgique, deuxième abcès au postérieur droit, même protocole, même sortie. Je suis un peu agacée, mais je me dis qu’il devait peut-être encore rester des choses.
  3. Novembre 2014 : troisième abcès, cette fois rien n’est donné, le pansement ne tient pas dans la boue, l’abcès sort en 12 jours… Sous le paturon. Très haut, donc. Ça commence à me faire râler gentiment, et en plus la sortie de l’abcès est vraiment très mal située.
  4. Janvier 2015 : le dernier abcès s’est infecté avec l’accumulation de crottins autour du râtelier. Après un mois de box, des radios qui n’ont rien montré, nous allons en clinique. Un hiver magique à jongler entre faire le box tous les jours moi-même et réviser pour les examens. Gé-nial.
  5. Février 2015 : arrivée en clinique, surprise – Trifine boite de l’antérieur gauche. 4ème abcès, radios faites, échographies faites. Les vétérinaires découvrent un 5ème abcès au postérieur droit aussi. L’hécatombe.
  6. Mars 2015 : Trifine passe un mois au box pour se réparer. Je pense arriver au bout. Que nenni !
  7. Mai 2015 : après une cure de Sédochol, Trifine fait deux abcès. Le 6ème sur l’antérieur gauche et le 7ème sur le postérieur droit. La pauvre marche comme une handicapée, je suis désespérée de la voir dans cet état.
  8. Septembre 2015 : le 8ème abcès apparaît à l’antérieur gauche. Désespoir total, j’en pleure à chaudes larmes. Je tente de soigner à l’Animalintex, qui ne tient pas bien à cause de la boue. Il perce en 13 jours.
  9. Octobre 2015 : le 9ème abcès se forme à l’antérieur droit. Cette fois, je ne fais rien, il perce aussi en 13 jours environ. On va voir un homéo/rebouteux, je suis pleine d’espoir…
  10. Décembre 2015 : le 10ème abcès se forme à l’antérieur gauche. Re-descente aux enfers.
  11. Février 2016 : un 11ème apparaît toujours à l’antérieur gauche. Là, en fait, je réfléchis même plus.
  12. Mars 2016 : après quelques raideurs, sans boiterie, je découvre un immense trou d’abcès à l’antérieur gauche.
Elle avait si mal qu'elle se couchait super fréquemment, parfois même ne suivait pas le troupeau... Un poil déprimant.
Elle avait si mal qu’elle se couchait super fréquemment, parfois même ne suivait pas le troupeau… Un poil déprimant.
Les intervenants

Petite typologie des intervenants qui ont vu Trifine (en dehors des ostéos réguliers) :

Séjour en clinique n°1 de ma vie de cavalière, je n'avais jamais eu à gérer ça.
Séjour en clinique n°1 de ma vie de cavalière, je n’avais jamais eu à gérer ça.
  • septembre 2014 : premier parage par une vraie pareuse-podologue équine. Beaucoup de rattrapage à faire.
  • octobre 2014 : une vétérinaire pour vérifier qu’il s’agissait d’un abcès. Elle a prescrit des anti-inflammatoires… Erreur, je l’ai su plus tard.
  • novembre 2014 : un second vétérinaire est venu le jour où l’abcès a percé. Il a prescrit antibiotiques, anti-inflammatoires et du box. Il dit qu’il faut ferrer.
  • La pareuse vient quelques temps après, les pieds sont mieux.
  • janvier 2015 : suite à l’infection, un troisième vétérinaire vient et donne des antibiotiques pour 3 semaines. Il revient pour faire des radios, puisque la plaie ne se soigne pas.
  • février 2015 : un quatrième vétérinaire – odieux -, celui de la clinique s’offusque qu’on laisse un cheval au pré l’hiver, elle a plein de boue, ses pieds sont horribles, etc. Il effectue des radios sur le pied boiteux et une échographie sur le pied infecté. Il perce les abcès. Il dit qu’il faut ferrer.
  • avril 2015 : la pareuse revient et fait peu de corrections, j’ai bien entretenu les pieds.
  • juin 2015 : une nouvelle vétérinaire (la 5e), homéopathe, rend visite à Trifine. Elle est super, elle est la seule à proposer de faire un bilan sanguin, on passe en revue la santé de Trifine. Elle apprécierait des hipposandales voire des fers. Trifine reçoit son premier shiatsu.
  • automne 2015 : elle découvre son premier soin énergétique avec Aurélia Boulineau, puis un shiatsu. Je fais faire la première CA (communication animale) de ma vie à Trifine.
  • novembre 2015 : je vais voir un “rebouteux”, un homéopathe assez obscur qui semble combiner énergétique et homéopathie, qui me parle de foie et de reins…
  • février 2016 : l’ostéopathe Laure Souquet me propose une séance d’étiothérapie, pour débloquer l’émotionnel.
On a bouffé de la sortie en main à 2 km/h, car marcher encourage l'abcès à sortir par pression répétée du pied. C'est vraiment efficace et l'idéal est de mettre un pad pour soulager la douleur du cheval et l'aider à marcher au maximum.
On a bouffé de la sortie en main à 2 km/h, car marcher encourage l’abcès à sortir par pression répétée du pied. C’est vraiment efficace et l’idéal est de mettre un pad pour soulager la douleur du cheval et l’aider à marcher au maximum.
Solutions proposées

Ces deux années ont été assez violentes psychologiquement : j’ai été complètement tiraillée, personne ne trouvant d’explication claire, donc pas de solution claire non plus. Les vétérinaires et leurs convictions d’un côté, les pareurs et praticiens alternatifs de l’autre, mon raisonnement et mes convictions au milieu… Pendant ce temps, Trifine avait juste mal.

Court séjour en box, pas forcément utile en théorie, mais vu que l'on avait forcé les abcès en les perçant, alors il y a risque d'infiltration de saletés et d'infection. SI et seulement SI l'abcès perce tout seul, ce risque est vraiment faible, hormis cas de râtelier entouré d'une vase immonde faite de crottins, urine, et que sais-je d'autre encore... Ce qui a été notre cas.
Court séjour en box, pas forcément utile en théorie, mais vu que l’on avait forcé les abcès en les perçant, alors il y a risque d’infiltration de saletés et d’infection. SI et seulement SI l’abcès perce tout seul, ce risque est vraiment faible, hormis cas de râtelier entouré d’une vase immonde faite de crottins, urine, et que sais-je d’autre encore… Ce qui a été notre cas.
  • d’abord, on m’a beaucoup, beaucoup répété qu’il fallait ferrer. Solution non envisagée pour d’abord des raisons pragmatiques, soyons honnêtes (vie de troupeau, vie au pré dans la boue avec les fers non merci, ferrer Trifine = faire venir quelqu’un avec un travail = pas pratique, sans parler du coût, etc.), puis également parce que le pied-nu a le vent en poupe et que j’étais quand même convaincue par ça.
  • On m’a systématiquement (au début) conseillé de donner des anti inflammatoires et des antibiotiques. Or, j‘avais lu chez Guillaume Parisot que c’était exactement contraire au processus de maturation des abcès… Ma pareuse me disait la même chose. J’en ai d’abord donné, puis j’ai arrêté.
  • On m’a conseillé de creuser pour trouver les abcès, chose que je me suis refusée à faire jusqu’à son séjour en clinique où, désespérée, je me suis dit qu’il ne fallait pas être dogmatique et rester ouverte à d’autres perspectives. J’ai dit oui donc à percer manuellement. Avant, et après cet épisode, j’ai suivi les conseils de Guillaume Parisot (homéopathie PVB Abcès, Animalintex), en attendant que l’abcès mature seul, sans forcer (=> et je peux dire qu’il a plutôt raison…).
  • Après un passage en clinique qui m’a littéralement plombée tellement l’absence de solution était aussi brutale que le nombre d’euros sur la facture (pour 5 jours de pansements… 800 € !), j’ai décidé de m’y mettre. De comprendre de A à Z comment un pied fonctionnait, le pourquoi du comment du fer et du pied-nu. J’ai acheté un livre de Ramey et j’ai lu tout ce que je trouvais de fiable sur Internet. Cela confirme clairement que je ne veux pas ferrer.
Je me suis beaucoup sentie comme ça. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup.
Je me suis beaucoup sentie comme ça. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup.
  • Après les solutions cache-misère, je suis passée du côté alternatif, centré sur l’interne :
  • On m’a conseillé de drainer. J’ai drainé le foie avec du Sédochol, ce qui était une erreur, car ça a été trop violent pour le foie qui était surchargé (ça, je l’ai su après la prise de sang).
  • On m’a conseillé de donner des minéraux. J’en ai acheté chez Ohm Alternatives (Eric Ancelet), et de faire une cure de Vitabiol. De donner des EMA, également.
  • On m’a dit d’arrêter les céréales, mal digérées par les chevaux. J’ai arrêté de donner du pain aussi, à cause de l’amidon qu’il contient.
  • La vétérinaire homéopathe (qui nous suit désormais aujourd’hui) a écarté l’hypothèse de Cushing. Elle parle aussi de ferrer, je lui explique que je m’y refuse. Elle accepte, et nous passons à un traitement homéopathique : Sépia. Je l’utilise dès qu’il y a une rechute, quelqu’elle soit, puisque ce traitement est adapté à son profil homéopathique.
  • Sa prise de sang révèle une anémie et une surcharge du foie. On combine l’homéopathie à de la phytothérapie, avec un apport en orties que je découpe moi-même et des probiotiques.
  • La praticienne en énergétique me parle de trouver l’équilibre entre blocage ostéopathiques, apports internes (minéraux, etc.) et énergétique.
  • La seconde prise de sang montre à nouveau un foie ainsi que des reins surchargés. Le vétérinaire homéo rebouteux/magicien/obscur nous donne sa potion maison (je ne saurais jamais ce qu’il y a dedans) et du Traumeel… Il me dit qu’il a déjà eu le cas, et qu’une fois le foie déchargé, problème réglé. Bon. Débloquons tout ça, alors.
  • La vérité, c’est que Trifine a continué à boiter. J’ai continué avec Sépia après avoir fini le traitement précédent. Elle a toujours ses minéraux et probiotiques. Ma véto vient, et en enlevant une double sole, on perce sans le vouloir un abcès juste sous la double sole. Il est énorme…
  • Ma vétérinaire aidera un autre abcès à se drainer en découpant un peu le glome. Finalement, c’est tout le talon entier qui était un abcès… Ca mettra des semaines à drainer. Bien dégueu, mais n’empêche qu’elle avait des choses à sortir, ma jument.
  • On tentera aussi de mettre du Bithiol autour de la couronne pour aider à sortir l’abcès.
  • La dernière prise de sang (printemps 2016) montre que tout va bien !!! La piste du foie et des reins était a priori probablement la plus juste…
J'ai tenté de lutter pour faire tenir les pansements dans la boue, sans vraiment de gros succès, admettons-le :P
J’ai tenté de lutter pour faire tenir les pansements dans la boue, sans vraiment de gros succès, admettons-le 😛 (oui oui, c’est un sac de carotte avec un fil de ballot à foin haha)
Et donc, c’est quoi le bilan aujourd’hui ?

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Le foie étant surchargé, il n’arrivait plus à remplir son rôle normalement et le corps se met en alerte en sortant autrement les toxines accumulées. Chez l’homme, en médecine chinoise, on dit souvent que l’acné est une manifestation courante d’un foie surchargé. Dans notre cas, l’hécatombe d’abcès était probablement la manifestation du foie fatigué de Trifine.

La question est : comment le foie s’est-il surchargé à ce point-là ? Au point de faire sortir des toxines sur deux ans ? Certains vous diront (à juste titre) : oui, mais ne vaut-il pas mieux que le métabolisme se mette en alerte et sorte les toxines, plutôt que de les garder en lui en formant un ulcère, ou une tumeur, qui sait ?

En fait, je n’ai pas de réponse affirmative toute prête. Pour moi, c’est un ensemble de facteur qui est responsable de ça :

  1. une alimentation non-adaptée et 10 fois trop riche pendant  5 ans consécutifs : d’abord des litres de granulés, ensuite de l’herbe type ray-grass qui l’a rendue obèse… Je rappelle que le foie stocke le glycogène, la réserve de sucre de l’organisme. Le foie gras c’est une maladie, souvent enclenchée par une mauvaise alimentation => donc un cheval obèse a forcément un foie surchargé et violenté !!! Un cheval trop gras, ça n’est pas qu’une question d’esthétisme… Mais de santé ! Sans parler du rôle de l’intestin qu’on considère de plus en plus même en médecine classique, qui face à des céréales lutte comme il peut.
  2. Un mauvais parage de ses 0 à ses 7 ans : évasements, lignes de stress ignorées, fourchettes pourries, paroi bien trop longue, aucune concavité, sole faible… Rien n’allait.
  3. De très gros troubles émotionnels entre ses 5 et 7 ans : or, le lien entre la santé émotionnelle/mentale et physique existe bel et bien…

En bref, les abcès sont révélateurs d’un état interne défaillant, pour des raisons parfois trop multiples et variées pour parler de généralités. Bien entendu, dans notre cas, le parage catastrophique jusqu’en 2014 n’a pas arrangé les choses… Aujourd’hui, Trifine sort des toxines essentiellement par la peau : ça n’est pas grave, il FAUT que ça sorte ! Ça se manifeste par des petites pellicules, des petites croûtes, qui disparaissent assez vite. Le tout, c’est de surveiller l’interne, et l’externe par un parage structuré, qui met en adéquation structures internes et externes ! Si vous n’y connaissez rien, passez ici voir mon compte-rendu du stage de podologie avec Guillaume Parisot 🙂

En plus de ça, j’ai découvert que Trifine était atteinte par la PSSM1 (une myopathie génétique, en gros une maladie qui atteint les muscles surtout à l’effort), malheureusement, pas de lien à établir entre les deux.

Ses pieds ont considérablement changé depuis les apports en interne adéquats ainsi que le parage très régulier que j’effectue moi-même, avec vérification par une pareuse de temps en temps. Aujourd’hui encore, je trouve des trous d’abcès parfois quand je coupe les barres, et il lui reste tout un pan de talon d’un antérieur qui va totalement se renouveler. Je pense que ses pieds étaient truffés d’abcès, et que l’organisme en surcharge a ouvert les vannes soudainement… Je n’ai pas encore bien identifié pourquoi à ce moment-là, si ce n’est qu’elle marchait beaucoup plus vu qu’elle avait bien plus d’espace dans son nouveau pré.

Je découvre des trous, des bouts de sabot entiers s'arrachent, et en-dessous, une nouvelle sole, bien plus belle.
Je découvre des trous, des bouts de sabot entiers s’arrachent, et en-dessous, une nouvelle sole, bien plus belle.

Maintenant, tout ce que j’espère, c’est qu’on n’aura pas trop de nouveaux abcès… Sinon, je n’ai pas fait assez de photos de suivi. Cependant, ce que je peux dire : maintenant, il y a une absence d’hématomes sur ses pieds, il n’y a plus d’évasements, les pieds ont gagné en concavité, la ligne blanche se resserre, mais j’ai toujours une présence de lignes de stress.

Une évolution de ma conception des soins

Avant, j’étais assez classique dans mon approche des soins, hormis le parage. Après cette aventure, j’ai été déçue à un point inattendu de la médecine vétérinaire allopathique classique, j’ai constaté qu’on proposait souvent de mettre des pansements sans régler le fond du problème. J’ai vraiment traversé des périodes difficiles émotionnellement, je me sentais franchement perdue et un peu toute seule, les vétos rencontrés se bornaient à vouloir ferrer sans expliquer l’origine du problème. Puis, comme il s’agit d’un problème finalement “pas grave”, ils n’ont jamais trop cherché plus loin que la solution de facilité…

Bien entendu, je ne veux pas trop généraliser. J’ai quand même fini par tomber sur une vétérinaire extra, assez ouverte pour accepter mes choix (et les comprendre !), moi-même je suis passée un peu d’un extrême à l’autre, pour finalement me trouver un juste milieu qui me convient bien, en limitant au maximum la médecine allopathique (qui reste, pour moi, la plus efficace en cas d’urgence). J’ai appris énormément de choses sur les pieds des chevaux, sur la podologie équine, mais aussi sur le système digestif du cheval, sur les liens entre les organes… Et je me renseigne beaucoup aujourd’hui sur la même chose côté humain.

J’ai également fait appel à des praticiens énergétiques, moi qui les considérait un peu comme des marabouts ! Eh bien, j’ai observé les séances en constatant les changements, un peu abasourdie et en même temps ravie d’avoir trouvé une solution ailleurs, en me remerciant moi-même de ne pas m’être fermée.

Alors je dis : merci, messieurs les abcès, de m’avoir appris plein de choses sur les chevaux encore et encore, sur la santé, la médecine, sur moi-même, sur ma jument, et d’avoir considérablement amélioré la relation avec ma jument !

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12 thoughts on “Les abcès des enfers, ou l’histoire de deux ans d’énigme

  1. bonjour,
    en lisant votre témoignage, je revis ces derniers mois avec mon compagnon équin, hormis le nombre (5 abcès “seulement” entre novembre 15 et mai 16), je suis passée par les mêmes états émotionnels, les mêmes déceptions et erreurs vétérinaires, la même solitude face aux pro fers, les mêmes bons résultats de la médecine alternative ; ostéo, shiatsu, praticiens énergétiques/magicien(nes) ont contribué à son rétablissement. les mêmes causes incriminées : méga surcharge émotionnelle, alimentation trop riche, émonctoires saturés. je ne sais pas non plus si cette (més)aventure est finie, mais elle m’a également beaucoup apportée, niveau relation, connaissances, approche holistique, sans oublier le(s) stage(s) de parage et la PEL en général 😉
    je n’aurais pas narré mieux cet épisode, votre article est aussi mon histoire, fort intéressant à lire et tellement bien écrit…
    S & V

  2. oui et non … le dernier abcès date de fin mai, RAS depuis.
    mais le 3è, sorti début janvier, lui avait arraché les 3/4 de la couronne, le sabot ne tenait plus que par les quartiers. son sabot n’est pas encore complètement renouvelé et il est toujours au repos avec une forte sensibilité sur ce pied (il lui manque 3 cm de paroi env. en pince). hipposandales en attente de livraison, en espérant que ça le soulagera un peu…

    1. Lyme n’a pas était testée non.

      La plupart des vétos m’ont dit que c’était sans lien, mais non je ne pense pas non plus que ca n’ait pas d’influence je t’avoue. Puis je crois que la plupart des vétos sont pas assez formés là dessus. De toutes façons je travaille sur les deux fronts dans tous les cas…

  3. Bonjour, je rencontre les mêmes difficultés que vous malheureusement ! j’ai fais l’acquisition d’Ulotte il y a 9 ans, c’est une jument de trait Ardennais. Depuis son arrivée, je suis dans les soins, elle sort des abcès à tous les pieds, en moyenne tous les 6 mois. J’ai consulté bien sur ! veto, maréchal, Ostéo, etc… j’ai eu droit à tous les conseils que j’ai mis en pratique, jusqu’au plus farfelu !( ingestion d’huile de foie de morue, application de formol sur la sole, ingestion de biotine, ferrage,…) mais rien n’y fait. elle est encore aujourd’hui crampée de douleur, au vue de l’évolution de l’inflammation, je pense que l’abcès devrait percé cette nuit !! j’aimerai des conseils concrets pour soigner ma grosse correctement ? vous parlez d’apport de minéraux, de sépia, etc … quels sont les dosages que vous préconisez ? est ce que je doit demander à mon veto de faire une prise de sang ? mais pour chercher quoi ? comment soigne t’on un pied qui n’a plus de paroi suite à un ancien abcès ? est ce que je peux vous faire parvenir des photos de ses pieds ? où se déroule les stages pour apprendre à parer soi même ? aidez-moi, je ne sais plus quoi faire ?
    et en plus elle fait de la gale de trait, elle a régulièrement des pellicules et des poux malgré les traitements, sa crinière est grasse et sa queue ne pousse pas !!! elle ne mange que de l’herbe ou du foin, elle n’est plus travaillée, autant dire qu’elle a juste été débourré !
    Merci
    Christine

    1. Christine, il semblerait qu’il y ait énormément de choses à régler en interne chez votre jument… Les poux, les pellicules, les crins gras, tout ça, ce sont des signes qui révèlent un désordre interne, qu’il soit viscéral, énergétique, ou simplement une carence minérale.
      Je commencerai d’abord par demander absolument une prise de sang à votre vétérinaire. Il faut absolument vérifier l’état de son foie, faire un bilan global, voire si elle est en anémie, s’il n’y a pas de carence quelconque. Essayez de trouver un vétérinaire qui pratique l’homéopathie sérieusement ou la phytothérapie.
      La biotine ne servira à rien sur le long terme.
      N’hésitez pas à m’envoyer des photos de ses pieds. Je peux vous donner mon avis…
      Comment soignez-vous les abcès habituellement ? Si vous avez lu l’article, vous avez vu comment je procède : Animalintex sur le pied, et idéalement, PVB abcès en interne, jusqu’à que ça perce.
      Pour Sépia, il ne s’agit pas d’un traitement universel. L’homéopathie se traite véritablement au cas par cas, en fonction du mental du cheval.
      Iù vit-elle ? Donnez-vous un complément en minéraux et vitamines ? L’herbe et le foin ne suffisent malheureusement plus vu la pauvreté des sols aujourd’hui. Elle doit avoir un complément minéral, que ça soit celui de Cevalino ou d’Ohm Alternatives (Algohm).
      Essayez de contacter aussi un praticien shiatsu… C’est bien plus efficace qu’on ne le croit.

      Les stages pour apprendre à parer se déroulent un peu partout… J’en entends parler via Facebook. De quelle région êtes-vous ? Vous pouvez en organiser un vous-même avec Guillaume Parisot, par exemple 🙂
      Bon courage, je comprends votre désarroi et n’hésitez pas à me dire d’où vous êtes, si je peux vous transmettre des noms de praticiens.

  4. bonjour, je suis eleveuse de brebis et cavalière de club. Je suis également bien décue de la medecine allopathique (veterinaire ou humaine).
    Il y a 2 ans j’ai pu suivre une formation avec Gilles Gromont du comptoir des plantes médicinales sur les médecines alternatives. Il nous a expliqué l’importance des apports en minéraux et vitamines pour un bon fonctionnement du systeme immunitaire.
    Depuis je complémente beaucoup plus fort mon troupeau en minéraux , et il ne s’en porte que mieux. j’ai arreté tout traitement allopathique aussi et utilise des HE si besoin.
    Vous etes sur la bonne piste…
    Apports en minéraux de qualité régulièrement, vitamines et drainage si nécessaire.
    Vous pouvez leur téléphoner, ils sont trés à l’écoute et sauront vous aider.

  5. ouala evidemment que la pssm 1 agit sur le foie ! c’est meme surement en grande partie la cause de cette surcharge, et qu’aucun veto n’est pensé a faire ne serai-ce qu’une prise de sang en clinique , ça fait peur …
    la pssm1 fait que les muscles n’arrive pas a utiliser le glycogène stocké dans le muscle, les fibres musculaires se dégradent sous l’éffet de l’acide lactique produit lors de l’effort, donc le foin + les reins doivent eliminer tout les dechets produit par ce soucis de dysfonctionnement donc double boulot surtout si il y a des sucres dans son alimentation , ce qui était ton cas. Tu as eu de la chance de ne pas avoir de grosse crise genre myosite. Niveau alimentaire pour un pssm1, il faut eviter tout amidon, herbe haute deja épié (moins riche en sucre), et en complément vit E + sélenium (+ le reste qui est important) . et avec ça tu devrai avoir beaucoup moins de soucis !

    1. Merci pour ces informations que j’avais déjà cherché bien sûr 😉 mais ça peut aider tout lecteur.

      Le lien est à discuter en effet, de toutes façons je m’occupe des deux problèmes qui finalement nécessitent les mêmes solutions.
      En espérant que ça marche !

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