L’engagement : points de vue croisés

Aaaaah… L’engagement. C’est un peu comme le contact, ou la position des mains : c’est un sujet lourd. Moteur de la doctrine fédérale actuelle, il ne met jamais personne d’accord, même du côté de l’équitation “classique” (ça serait trop facile).

Biguine du Lattay au trot, avec un postérieur interne fort actif !
Biguine du Lattay au trot, avec un postérieur interne fort actif !

Le but fondamental de l’engagement (des postérieurs) est bel et bien de tendre le dos du cheval, par l’abaissement des hanches, par le soutien des abdominaux et la tension de la ligne du dessus, permettant au cheval de porter un cavalier durablement et sans détérioration. En fonction des auteurs, on lui attribue un rôle plus ou moins fondamental dans l’éducation du cheval. On trouve aussi toutes sortes de moyens pour l’obtenir…

Un exemple célébrissime d'équitation "tire-pousse", donc musclée... Et pourtant très largement valorisée, la réputation de ce couple (Totilas et Edward Gal) étant élevée au rang de modèle à suivre... Aïe.
Un exemple célébrissime d’équitation “tire-pousse”, donc musclée… Et pourtant très largement valorisée, la réputation de ce couple (Totilas et Edward Gal) étant élevée au rang de modèle à suivre… Bride à l’horizontal, reins ouverts, cheval sur les épaules, à voir en vidéo mais j’ai l’impression que le dos est relâché. Aïe.

Pour situer, ce que l’on entend/voit/apprend très fréquemment dans le monde du dressage “moderne” ou disons “fédéral”, c’est l’équivalent du “tire-pousse” : on comprime le cheval entre l’action des jambes et des mains, pour obtenir un plus fort engagement horizontal, ce qui est une aberration d’un point de vue locomoteur et psychologique, puisque deux aides contradictoires agissent au même moment ; et puisque d’un point de vue mécanique, l’encolure a besoin de se relever et la nuque de s’ouvrir pour reporter du poids sur les hanches ; en outre, les postérieurs ne peuvent pas s’approcher à outrance des antérieurs dans le mouvement en avant (je parle ici du fameux “jette-papatte” très courant sur les carrés – piaffé exclus, mais qui n’est pas une figure dans la propulsion horizontale, mais verticale !)… Gardons en tête qu’au trot, les canons des membres postérieurs doivent rester parallèles à l’avant-bras des antérieurs (c’est ainsi que la mécanique fonctionne 90% du temps). Des postérieurs engagés, actifs, d’accord, dans la limite du mécaniquement raisonnable.

Passons en revue quelques points de vue.

Isa Danne

La raison de mon intérêt actuel pour l’engagement, c’est cet article écrit par Isa Danne, une des personnalités les plus recommandables dans le monde du dressage dit “classique”. J’aime beaucoup ses principes, sa méthode, ce que l’on voit d’elle en vidéo et son ouverture d’esprit.

Photographies à l’appui, Isa Danne avance l’idée qu’une nuque plus basse que le garrot, sur le plan horizontal, s’allie souvent à l’ouverture du rein – ou charnière lombo-sacrée, ce qui éloigne les postérieurs. Elle rejette par conséquent ce qui fait la renommée de Pierre Pradier, c’est-à-dire l’extension d’encolure, comme moyen vers l’engagement. Isa Danne promeut, au contraire, un travail nuque plus haute que le garrot (même légèrement) et le travail de deux pistes comme voie vers l’engagement et la poussé verticale, et non pas horizontale !

Le point primordial souligné par Isa Danne me semble être le suivant : un bon engagement arrive lorsqu’un bon travail de gymnastique a été préalablement effectué. Il ne s’agit donc pas d’un moyen pour avoir de belles épaules en dedans ou de beaux gestes ! L’amélioration de l’engagement est indissociable de tout le reste…

Pierre Pradier

De grands hommes ont longuement théorisé sur le lien entre extension d’encolure et engagement des postérieurs. Je pense au docteur Pierre Pradier, défenseur de “l’extension d’encolure paroxystique” (décriée chez Karl notamment), pour qui le déséquilibre de l’extension paroxystique (maximale) nécessite le travail de certains muscles profonds, qui se forgeront ainsi en vue d’un équilibre sur les hanches, donc d’un fort engagement.

Pour résumer : on prépare un cheval au rassembler en passant par le nez par terre. Cette théorie prône notamment que le blocage de la charnière lombaire provoquée par la mise en tension du ligament nucal, oblige le cheval à un surcroît d’engagement et à développer fortement les muscles ilio-psoas, qui ne sont autres que les muscles principaux du rassembler.

Les ligaments

Pour le citer, ” […] les muscles abdominaux vont grandement participer à cette réduction de la longueur des dessus. Auxilliaires indispensables du voussement du dos, ils seront ensuite les artisans du léger basculement du bassin nécessaire pour parfaire l’engagement.”

Or pour Isa Danne : “[…] une technique couramment utilisée et plébiscitée : l’extension d’encolure (qu’il est nécessaire de différencier de la descente d’encolure visant le relâchement musculaire). L’extension d’encolure agirait sur les abdominaux, et serait en conséquence bénéfique pour le dos. Le problème, c’est qu’elle reporte indéniablement du poids vers l’avant et qu’elle ouvre le rein (conséquence : les postérieurs sont en arrière de la verticale). Or, poids sur les épaules et rein ouvert sont deux choses s’opposant totalement à l’équilibre et au rassembler. Par ailleurs, obtenue par appui de la main, elle est incohérente vis-à-vis de l’éducation correcte de la main puisqu’on refuse de tolérer l’appui. Pour le cheval, la compréhension et la clarté des aides est brouillée. Il faut avoir en tête que l’équilibre du cheval tient dans sa sangle abdominale. Par le biais de la contraction de ses abdominaux, le cheval peut alléger son avant-main, et donc reporter du poids vers son arrière-main. Il est donc tout à fait possible de se passer d’extension d’encolure dans le dressage d’un cheval (même pour des cas pathologiques type kissing spine), puisque tous les travaux de gymnastique sont bénéfiques aux abdominaux, et donc au maintien du dos, dans toute sa longueur. […]

Philippe Karl

Le créateur de l’Ecole de Légèreté estime qu’on ne doit se tourner vers “l’avancée des postérieurs sous la masse” que lorsque l’on parle de rassembler. Pour Philippe Karl, l’obsession de l’engagement des postérieurs et donc de la “suractivité” (comprendre augmenter l’énergie des postérieurs à une vitesse stable sur un cheval décontracté) n’est que la conséquence d’un mélange entre rassembler, et compression (le fameux tire-pousse) – néfaste à la locomotion et à la psychologie du cheval, comme je le disais en introduction, ce qui n’est pas le cas du rassembler bien sûr. Il estime donc qu’aujourd’hui, on essaye d’augmenter l’énergie des postérieurs (et donc l’engagement) à vitesse égale (jusque là, tout va bien ? 🙂 )… Alors qu’en vérité, l’étude du rassembler s’exécute par le maintien de l’énergie des postérieurs en baissant la vitesse ! Vous me suivez ? Tous les détails sont ici.

Pour lui emprunter un de ses schémas que les karlistes reconnaissent bien, Philippe Karl insiste sur un fait : le postérieur pousse la masse par effet de propulsion, par retrait en arrière de la ligne d’aplomb, donc en se désengageant.

Image de Philippe Karl. Le rouge correspond à la phase de soutien, le bleu à la phase d'appui, et de propulsion.
Image de Philippe Karl.
Le rouge correspond à la phase de soutien, le bleu à la phase d’appui, et de propulsion.

Pour le citer, “le dogme contre-nature de l’engagement des postérieurs, sensé tendre le dos du cheval dans le mouvement en avant, conduit le cavalier à une poussée continuelle et inutile des jambes (pour accroître le-dit engagement), contre une main qui résiste (pour contenir toute accélération).”

Philippe Karl propose alors deux solutions à la tension du dos : l’extension d’encolure vers l’avant, à l’horizontal, donc absolument pas de type Pradier (ces extensions d’encolure paroxystiques étant, selon la nomenclature karliste, des “descentes” d’encolure – vrai dans le classique aussi, dans un but de relâchement et de décontraction) mais plutôt dans cette idée-là :

Ouh les jolis bras en entonnoir...
On ignore ma position absolument risible et les bras qui font n’importe quoi !! C’était notre premier cours Karl donc j’ai des excuses 😉

Soit… Par l’abaissement des hanches, donc par le raccourcissement des bases de sustentation (il s’agit des piliers de soutien de la masse – donc les quatre membres du cheval qui forment en fonction des aplombs un rectangle) par l’arrière, ce qui est vrai uniquement lors du… Piaffer ! Puisque le cheval est sur place, il doit donc fortement engager ses postérieurs sous la masse pour pousser vers le haut, non pas vers l’avant.

***

Je m’arrête à des auteurs dont on entend beaucoup parler et dont je connais le point de vue. Toutefois, si vous connaissez des auteurs dont l’opinion sur le sujet sortirait des discours communs, et qui mériterait le détour, je serais ravie d’en entendre parler.

Pour conclure : on fait quoi, maintenant ??

On utilise ce que tout humain lambda possède : du bon sens. Être strictement fidèle à une seule méthode est un choix : après tout, une recette de cuisine a été faite dans un certain ordre avec un certain nombre d’ingrédient pour une bonne raison, on ne prend aucun risque en l’appliquant rigoureusement de A à Z, et on pourra d’autant plus facilement avoir un avis critique sur la recette. Ce n’est malheureusement pas toujours possible (enseignants non-disponibles, finances)… Toutefois, je conseille vivement une chose : éviter le travail en mono-attitude. N’importe quel sportif digne de ce nom travaille sur plusieurs aspects, et plusieurs muscles, même s’il en privilégie certains en fonction de son sport ou de ses objectifs. Chaque cheval possède sa morphologie et ses propres allures : un travail de gymnastique correctement effectué entraîne forcément la tension de la ligne du dessus, que l’on parle d’extension d’encolure ou de travail de deux pistes ! Pensez donc variation, psychologie, soyez rigoureux dans votre entraînement et les allures s’amélioreront d’elles-mêmes, les postérieurs se renforceront, et le rassembler arrivera naturellement.

PS : à tous ceux/celles qui n’ont rien compris, ou qui veulent plus de détails, n’hésitez pas à commenter… Je me ferais un plaisir de tenter une vulgarisation de l’affaire !

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12 thoughts on “L’engagement : points de vue croisés

  1. Que j’aime la conclusion 🙂
    Mon cœur va vers Karl mais mon cheval demande du Pradier.
    L’article est très clair, même si la partie sur Karl, faut s’accrocher!

      1. On abordera Karl plus tard, ce n’est que ce week end qu’il a proposé ce qu’on fait au sol quand j’étais dessus. Donc je vais explorer la descente d’encolure pour le moment, vu qu’il débloque toujours une nouvelle étape comme ça et je reviendrais au Karl plus tard!

        D’ailleurs, une question m’est venue: un petit mot sur le sans-mors? La descente d’encolure se fait facilement en licol mais le reste? 🙂

  2. Hmm il faudrait un article entier là-dessus ! J’avoue n’y voir aucun problème. Ça m’arrive de travailler en licol quand j’ai la flemme de seller et ça fonctionne (presque) pareil.

    Éventuellement, je vois quelques suppléments intéressants avec le mors (pour cela que je l’utilise quand je travaille en dressage) : action directe sur la maxillaire inférieure (indirectement reliée au muscle sterno-hyoïdien qui permet un lien direct vers le sternum), précision extrême, et obligation d’avoir une main impeccable si l’on veut faire un bon boulot ! Et j’aime bien différencier l’outil “contact” de l’outil “freestyle” aussi 🙂 mais ça reste très personnel, très relatif au cheval, à la personne, aux compétences du couple…

  3. Je suis une cavalière lambda totale. Je lis, j’écoute, j’observe beaucoup, mais … avant tout j’écoute et essaie de sentir mon cheval, de sentir quand il est en équilibre et le reste que j’accélère ou ralentisse l’allure. Je ne me fixe pas sur la position de son chanfrein. Je n’ai pas un cheval standard, port de tête haut, encolure renversée (c’est un Akhal Téké). J’ai même un peu de mal à comprendre pourquoi il y a tant de discussions (de polémiques) sur la position du chanfrein, l’extension d’encolure, l’engagement des postérieurs, le mouvement en avant … J’essaie juste d’avoir un cheval décontracté et en équilibre et ainsi, le reste ne devrait pas poser de problème. Mais bon, je ne fais pas non plus de compétition de dressage. Il y a une fameux auteur dont vous ne parlez pas, d’Orgeix, il a pourtant dit pas mal de choses sur l’extension d’encolure, la tenue des rênes, l’action des jambes etc…

    1. Si je ne parle pas d’Orgeix, c’est tout simplement parce que je n’ai pas lu beaucoup de choses sur sa doctrine et je voudrais pas parler de chose que je ne connais pas… D’autant plus qu’Isa Danne était son élève, et son équitation en reste profondément marquée ;)à

      Concernant les discussions sur l’engagement, le port de tête.. Il y a certes beaucoup de bruit parfois pour rien, mais il existe bien une raison à cela : le but ultime, tendre le dos pour que le cheval nous porte sans se blesser. L’équilibre y est lié, indubitablement, mais certains chevaux avec un bon équilibre ne tendent pas toujours le dos lorsque l’on est dessus ! Ce qui peut entraîner des dommages plus ou moins rapidement, plus ou moins importants, en fonction du cheval, de l’âge, du cavalier, de son équitation, de son mode de vie, etc etc… 🙂

  4. Eh oui, un postérieur qui engage n’est pas forcément un postérieur qui pousse … Rien qu’au niveau podologie c’est une évidence : un cheval qui a des douleurs en pince engagera fort dessous pour aller se poser sur son talon, mais ne se propulsera pas pour éviter l’appui en pince lors du désengagement.
    Et puis il y a aussi le mythe du cheval qui se juge/méjuge/déjuge. C’est intéressant, mais à prendre avec les pincettes : un cheval court avec des grandes jambes se posera dans ses propres traces plus facilement qu’un poney limousine et court sur pattes, qui devra faire un effort d’extension dingue pour se juger.

    Moi je dis : l’épaule en dedans c’est la vie, pour travailler engagement ET poussée du postérieur sous la masse.

  5. Bonsoir,
    j’arrive très très tardivement dans l’affaire, je vais tout de même tenter une proposition/question :
    En laissant ma jument tranquillement en liberté (l’après séance clicker, elle fait ce qu’elle veut) elle s’est mise à trotter… En mettant seule le nez en bas. C’est quelque chose qu’elle recherche beaucoup lors du travail, monté notamment, mettre son nez en bas (chez elle, c’est un étirement je pense, elle est sur les épaules et le dos contracté, donc c’est mon indicateur de dos contracté, si elle commence à demander et insister c’est qu’il faut laisser faire et que j’ai fais une connerie quelque part. Bref). Donc, puisque, en engageant, le nez en bas, le cheval travaille ses abdos, si on le laisse décider de la hauteur de son bout du nez (vraiment, sans lui donner une longueur de rêne, mais sans forcément perdre le contact pour ceux qui le souhaitent absolument, ce n’est pas une critique mais perso’ travailler sur rênes longues ne me gêne pas tant que le reste est bon), tout en demandant tout de même engagement, équilibre, etc. est-ce si mauvais que le nez soit en bas ? Ne vaut-il pas mieux laisser le cheval choisir sa hauteur ? Quoique, ceci s’appliquerait plus à la descente d’encolure qu’à l’extension. Mais encore une fois, partant de sa locomotion à elle en liberté, elle place sa nuque un peu sous son garrot (morphologie sur les épaules je précise) et préfère étendre son encolure horizontalement (pas et trot), relever la tête n’est pas ce qu’elle préfère, la travailler, par extensions selon ce qu’elle souhaite devant, tout en s’assurant que derrière tout soit bien, en tout cas pas dans une attitude néfaste, ne doit pas être si mauvais non ? Je rejoins ce que tu écris sur la fin, pas d’enfermement dans une méthode, de mono-méthode, etc. Surtout qu’un cheval qui veut mettre son nez par terre est signe d’une arrière-main pas assez musclée, d’une faiblesse du dos et des abdominaux. (je synthétise beaucoup). Ce serait (si l’équidé le veut) une manière de renforcer avant de monter ou même chercher une quelconque posture d’encolure, si elle en a besoin pour se muscler un temps… Je ne vois pas le souci. Surtout qu’il suffit d’observer un groupe de cavaliers, même lors de la descente d’encolure, la mienne a le nez en bas, certains en haut, certains au milieu (pour ceux à qui on laisse la liberté de choisir parce que parfois le cavalier n’a pas compris le concept et tire encore bien sur ses rênes). Donc, là je critique les pro’ dire “c’est comme cela et c’est tout” alors qu’ils prônent l’adaptation à la morphologie du cheval… C’est un peu incohérent, chacun a sa place de bout du nez… Et j’ai envie de dire qu’ils savent ce qui va les soulager, ou bien les tenir. Si je demande à l’arrière-main de bien fonctionner, elle va adapter seule son encolure selon son niveau de musculature/souplesse à ce moment donné et ce qui lui permettra d’être bien. Ceci me paraît plus logique… Enfin, c’est une supposition/question que je pose ici. Et si on respectait simplement, après leur observation, ce que eux préfèrent ? (sans bien sûr abandonner tout travail, laisser un gros déséquilibre, un désengagement ou autre posture inadéquate pour bien porter/se porter sans soucis de santé). Suivre tout logiquement cette idée que c’est d’abord derrière que tout s’opère puis on règle devant… Selon l’animal. je trouve que c’est ce qui manque parfois dans certaines méthodes, sur certains exercices (alors que chez la même personne sur d’autres exercices, ce sera respecté), l’adaptation à l’animal.

    Cordialement et bonne soirée 🙂

    1. C’est très marrant car j’ai écrit cet article il y a fort longtemps, 3 ans maintenant !
      Et j’ai beaucoup changé, notamment dans mon point de vue sur le nez par terre/nez en hauteur, engagement version Karl, version équitation allemande, ou peu importe…
      Et je rejoins entièrement ce que tu dis. Aujourd’hui, j’aurais même tendance à apprécier un peu d’extension d’encolure basse et ronde, donc on évolue sans arrêt !
      Merci pour ton commentaire 😉

      1. Merci à vous d’avoir répondu même si longtemps après !
        J’ai tendance à penser que tant que l’évolution est là, même si on peut faire des erreurs, même si on peut régresser ou se tromper dans un nouveau truc, ce n’est pas pour moi négatif. Le mouvement constant de remise en question permettant de ne jamais rester bien longtemps dans un souci !

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