Le speed-dating du cheval n’est pas ce que vous croyez…

Hey ! L’autre jour, j’étais dans ma cuisine en train de me faire un thé (Paul & Virginie de chez Damman Frères si vous voulez tout savoir) et je pensais toute seule au fait qu’il était très difficile de se faire un avis sur un professionnel du cheval via Internet. C’est vrai, Internet met en avant des personnes qui n’ont parfois pas du tout les compétences qu’ils valorisent, et on peut tomber de très haut en les rencontrant dans la vraie vie (dois-je me sentir concernée ? lol). D’ailleurs, j’ai un brouillon en préparation là-dessus et j’espère lui coller un titre bien racoleur pour illustrer mon propos.

Facebook te conditionne à survoler les choses

Tu scrolles, tu scrolles, tu scrolles… Tu t’arrêtes vite fait sur un ou deux commentaires, mais avoue : c’est très rare que tu lises quelque chose, même en entier. En bref, les réseaux sociaux, si on les utilise assidument, conditionnent notre cerveau à picorer de partout et à ne jamais approfondir 1 domaine de connaissance.

Puis, toujours dans ma cuisine, j’en suis venue à une conclusion qui me semble de plus en plus évidente : si on veut juger la qualité d’un pro, il ne faut pas s’arrêter à l’emballage, mais comprendre en profondeur ses valeurs, ses principes, pourquoi il en est arrivé à tel chemin pédagogique, à tel enseignement, à telle approche.

Crédits : Laureline van Overmeir

 

Or, je crois qu’aujourd’hui, une partie des cavaliers zappe très vite, sans toujours chercher à comprendre ou à discuter avec le prof en question… Et c’est valable aussi pour les autres pros du domaine équestre.

Un bon pro prend son temps : le travail d’une vie

Dans le vivant, dans la Nature, il y a une règle à laquelle rien n’échappe : s’il faut des milliers d’années pour construire un paysage ou une faune fabuleuse, il suffit de 2 minutes, d’une clope et d’un con d’humain pour détruire une forêt d’arbres centenaires.

Quelque soit le domaine d’activité, je crois qu’il y a une chose sous laquelle on peut regrouper tous les professionnels équestres compétents : ils connaissent la valeur du temps, et tels des artisans, ils savent qu’il en faut pas mal pour créer une pépite.

Alors oui, la première impression compte, on va pas se mentir : quelqu’un de désagréable, qui ne vous pose pas de questions, qui affirme des vérités sans s’être intéressé à votre cas… Ça craint, et c’est mauvais signe. Toutefois, peut-être que vous serez confrontés à des personnalités surprenantes, que vous cernez difficilement, qui semblent travailler d’une façon à laquelle vous n’êtes pas habitués. Et si vous laissiez à ce pro le temps de faire ses preuves ?

Jazon au lasso

Je prends mon exemple, prof/cavalière pro. En qualité de spécialiste en comportement, je me récolte souvent des cas compliqués qui ont souvent vu pas mal de bêtises avec d’autres pros dont ça n’est pas le métier. Si mes clients, ne constatant aucune résolution immédiate de leur problème en une séance, passaient direct à quelqu’un d’autre, comment dire… Je ferais faillite avant même d’avoir commencé. Il faut du temps, et j’ai de la chance, mes clients le savent.

En dressage : c’est pareil. Oui, vous constaterez d’office une amélioration en une séance, mais ça sera sûrement plus lent avec un prof qui sait créer une base solide qu’avec un autre qui vous apprend à piaffer parce que ça rapporte du client en stage à 24 par cours (#rentabilitémaximale).

Pareil dans les métiers du soin ou de l’équipement : si on vous vend une selle “sur mesure” en 5 minutes, fuyez ! Si l’on vous règle un blocage articulaire complexe à coup de manipulations dignes d’un judoka, fuyez !

Stop au speed-dating…?

Sauf cas d’extrême incompétence et d’absence flagrante de professionnalisme, et Dieu sait que ça court les rues dans le milieu du cheval, je vous invite à essayer de comprendre le parcours du pro que vous appelez. A comprendre ses valeurs, son évolution, et la direction qu’il prend. A lui laisser le temps de réfléchir à votre cas, et à ne pas attendre qu’il règle tous vos problèmes en une demi-heure.

J’ai vite compris que les cavaliers qui zappaient et butinaient à droite à gauche sans réellement s’engager pleinement avec une personne réglaient très rarement leurs problèmes. Ils maintiennent alors leur insatisfaction chronique et cela les encourage encore plus à butiner, donc à ne pas aller au fond des choses, donc… Bref, le chien se mord bien la queue.

Trouver le bon pro : une bonne galère

Je sais, je sais. Il arrive qu’on fasse tout ce que je recommande et que ça matche pas. J’ai jamais dit que laisser une chance au pro garantissait votre bonne entente ! Je pose juste une question rhétorique : et si on mettait un peu de valeurs humaines dans nos interactions dans le milieu équestre ? Si on laissait une chance aux autres, tout comme on aurait apprécié qu’on le fasse pour nous ?

A bientôt !

 

 

One thought on “Le speed-dating du cheval n’est pas ce que vous croyez…

  1. Je suis bien d’accord avec cet article ! D’ailleurs, ça se vérifie très bien… Mes kinés m’ont remis d’aplomb mais il a fallu presque un an, et beaucoup de moments où j’avais l’impression que rien n’avançait. Pourtant je suis réparée de manière durable.

    Un prof d’équitation m’a fait passé ma peur de l’obstacle et m’a donné confiance en moi mais il aura pris le temps ‘d’écouter mes doutes pour les surmonter…

    Toutefois, difficile de trouver un professionnel prenant vraiment cette relation maître/élève à cœur et prenant le temps de vraiment observer et écouter…

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