Le ciel est la limite…

Il existe des maximes et des citations forgées pour nous encourager à atteindre le maximum de notre potentiel, à ne jamais laisser tomber, à ne jamais dire jamais, et à ne jamais accepter la défaite. Je crois en effet que l’on devrait tous veiller à atteindre le meilleur de nous-même, et accompagner notre cheval pour qu’il puisse devenir aussi bon qu’il puisse.

J’ai déjà parlé du fait qu’il ne fallait pas laisser l’égo nous barrer le chemin, et qu’il était nécessaire d’apprendre à ignorer les influences environnantes pour prendre la décision la plus juste pour soi et son cheval.

Cela veut souvent dire que vous serez peut-être critiqué, dénoncé, voire même radié par d’autres qui penseront que vous avez échoué, cédé à la peur, ou au doute, quelque soit le reproche qui peut être fait. La meilleure façon de surmonter ses détracteurs, c’est de revenir plus fort et plus déterminé, avec un cheval qui reste sain, heureux, bien plus longtemps que ceux desquels on a arraché par la force un succès précipité.

Cette idée commence au plus petit niveau et se cultive à tous les niveaux, dans tous les scénarios de l’entraînement de dressage ou en compétition, ou même lors d’une séance à la maison pour le plaisir. Il s’agit de la capacité à comprendre et reconnaître nos propres limites et celles de notre cheval ! Cela paraît bien simple, mais trouver la délicate limite entre aller trop loin et aller assez loin pour révéler le potentiel du couple est loin d’être facile… Cela requiert d’avoir confiance en son cheval, de se comprendre soi-même et de comprendre sa monture, et du courage pour ignorer les opinions des autres et suivre son cœur.

On a tous vu des chevaux devenir fous pendant une épreuve ou lors de la détente, et nous avons tous vu des cavaliers perdre leur sang froid en selle. Est-ce parce qu’ils sont frustrés par leur propre incapacité, ou par celle du cheval ? Ou peut-être ne voient-ils pas, ne sentent-ils pas ou n’acceptent-ils pas leurs limites ?

Ce concept incarne un aspect fondamental de l’entraînement, et les meilleurs cavaliers –  ceux qui font preuve de bon sens et d’humilié – savent quand demander, combien demander, et quand dire : “je ne suis pas assez bon techniquement pour l’instant pour pouvoir demander plus”, ou “mon cheval n’est pas encore capable physiquement ou mentalement d’accepter plus pour l’instant”.

Un bon cavalier apprendra au cheval à piaffer, et ne demandera que quelques pas. Lorsqu’il les obtiendra, il demandera quelques pas de plus. Il récompensera chaudement le cheval, et demandera plus seulement si le cheval est prêt. “Demandez beaucoup, contentez-vous de peu, et récompensez beaucoup“, disait mon idole Nuno Oliveira. Si un cavalier demande le piaffer et que le cheval se cabre, se tend, se jette dans le reculer, ou pire, un cavalier possédant une vraie conscience de soi dira : “j’ai besoin d’aide pour demander le piaffer, puisque mon cheval ne me comprend clairement pas.” Un cavalier qui ne sait rien de ses propres limites ou de celle de son cheval continuera à ajouter de la pression et à demander, jusqu’à que les yeux du cheval lui sortent des orbites et qu’il devienne fou de confusion.

Cette idée m’a percutée, encore et encore, et la vérité, c’est que personne d’autre ne peut juger vos décisions concernant votre cheval, et personne d’autre ne sait ce que vous ressentez ou ce que vous êtes capable de faire. Nous devons tous être capable d’accepter un challenge, mais nous devons aussi accepter de demander de l’aide lorsque nous en avons besoin.

Si votre cheval a tendance à chauffer, que vous arrivez à une compétition, et qu’il semble prêt à exploser, vous avez deux options : soit vous pouvez le garder connecté physiquement et mentalement, soit vous ne pouvez pas. Alors vous pouvez le longer ou demander de l’aide. Peut-être que les gens diront que vous êtes faible, lâche, et que vous auriez du vous accrocher. Qu’est-ce que cela prouve ? Un cheval, s’il a du caractère et de l’enthousiasme, voudra toujours découvrir de nouvelles choses, quel est donc le but d’extorquer par la force cette qualité ?

Si vous aimez votre cheval, et que vous devez prendre une décision comme par exemple la castration ou prendre une demi-pension, il est bon de vous connaître, et de choisir la solution qui vous aidera, vous et votre cheval, à apprécier les moments où vous êtes ensemble. Je ne dis pas que vous devez tous les deux vous enfermer dans une bulle et ne jamais sortir de votre carrière. Je dis juste qu’il faut apprendre à accepter ce que votre cheval cherche à vous dire. Si vous ne comprenez pas, arrêtez tout et posez-vous cette simple mais complexe question : vais-je au-delà de mes propres limites ? Ce que je demande à mon cheval le pousse-t-il au-delà de ses propres limites ? La réponse est peut-être oui pour l’instant. Cherchez de l’aide afin que la prochaine fois, la réponse soit : “absolument pas, nous avons surpassé cette limite et je suis prête pour attaquer la suivante !”

Sarah Warne.

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