Le “bon” propriétaire. Qui est-il ?

Pour faire écho à un précédent article publié sur ce blog, à propos de la grande rareté des “bonnes” écuries, j’aimerais réfléchir sur ce qu’est être un “bon” propriétaire de chevaux.

Les propriétaires d’écurie, eux aussi, sont trop souvent confrontés à des propriétaires irresponsables, qui rejettent la faute sur le gérant de l’écurie quand lui-même fait son maximum.

Moi-même, en transmettant mon approche équestre à des cavaliers extrêmement différents, j’ai été témoin de situations parfois perturbantes.

L’objectif n’est pas de dire que les bons proprios sont ceux qui sont d’accord avec ma vision des choses (pieds nus, dressage bien fait, Parelli) . Je ne suis pas là pour discuter guerres de chapelle, mais seulement de bon sens, de bienveillance, et de rapport à l’autre.

Je ne pense pas être la seule à constater que nombreux sont les propriétaires de chevaux ayant un problème dans leur rapport à l’autre humain, ou plus généralement à la société humaine. Certains viennent auprès des chevaux pour combler un manque, souvent un manque de compréhension de l’autre. Certains parviendront à régler ce problème grâce à leurs chevaux, en apprenant l’humilité et les leçons de vie que nos amis ont à nous transmettre ; d’autres s’enfonceront dans une spirale de coercition, de combats frontaux, et souvent, d’échecs.

Et les chevaux, là-dedans ?

Être un bon propriétaire, ça n’est pas apporter les “bonnes” réponses. Qu’est-ce qu’une bonne réponse, après tout ? Là, on entrerait dans les guerres de chapelles.

Être un bon propriétaire, c’est se poser les bonnes questions, au bon moment.

Je pense qu’on a tous connu autour de nous des situations contradictoires qui nous ont beaucoup agacé. Ce propriétaire, dont le cheval ne grossit pas, qui s’en plaint, mais qui refuse de changer d’aliment ou de faire vérifier les dents de son cheval. Celui qui s’obstine à mettre des rênes allemandes en s’agaçant des récents problèmes de dos de son cheval. Celui qui s’énerve de l’absence de calme de son cheval au montoir, mais qui ne fera ni vérifier la selle, ni l’ostéo, et qui ne travaillera jamais le montoir. Ceux qui enchaînent les galères comportementales, mais qui n’appelleront pas de praticien compétent pour les aider.

Globalement, de mon point de vue tout à fait personnel, un “mauvais” propriétaire est celui qui ne se pose aucune question. Les choses ont toujours fonctionné comme ça, que cela marche ou pas : changer demande trop, trop d’efforts, trop de recherche, trop.

Un bon propriétaire se sent concerné pour de vrai par son cheval. Il est ouvert d’esprit, et n’arrête pas ses conclusions à ce qu’il connaît déjà. Il est ouvert à d’autres façons de faire, si les siennes ne suffisent plus. Qu’il s’agisse d’alimentation, de santé, d’équitation, de comportement…

Nous avons tous fait des erreurs. Nous aussi, nous sommes parfois ce propriétaire qui fait preuve de dissonance cognitive, de mauvaise foi, qui refuse de voir qu’il a littéralement sauté à pieds joints dans une situation tout à fait oxymoresque, et qui ne fait pas ce qu’il faut pour en sortir, parce que c’est tout simplement plus confortable. Soyons tolérants, faisons preuve d’empathie. Essayons surtout de limiter au maximum ces situations, en faisant appel au bon sens.

Le problème de notre bon vieux pote le bon sens, c’est que tout le monde en parle, tout le monde pense l’avoir, sa définition n’est pas très claire, mais dans les faits, une petite minorité l’utilise vraiment.

S’il fallait écrire un guide de bonnes pratiques, ça pourrait ressembler à cela :

  • Quand on est confronté à un problème, quelle que soit sa nature (comportement, santé, performance), d’abord se demander pourquoi il surgit.
  • En fonction de la réponse que l’on apporte personnellement, agir en conséquence, en essayant de rectifier le tir. Par exemple, avec un cheval sujet aux fourbures, pour lequel on a un protocole qui marche, répéter ce protocole.
  • Dans le cas où cela ne marche exceptionnellement pas (et c’est dans ce cas que l’on reconnaît un “bon” propriétaire), se demander pourquoi ça ne marche pas, en discuter avec des personnes confrontées au problème, ou des personnes compétentes en la matière.
  • Si l’on rencontre des explications différentes, voire même surprenantes, ne pas se fermer ! Creuser dans cette direction-là… Demander quelles solutions sont envisagées.
  • Face à cet angle de réflexion nouveau, on obtient des solutions nouvelles, différentes. Parfois, ça fait un peu peur. Ça demande à notre cerveau de s’adapter, c’est un processus assez difficile.
  • Essayer des solutions inconnues… Qui ont marché sur d’autres.

Maintenant, j’en appelle à vous : quel est votre avis sur le sujet ? Quelles sont les qualités du “bon” propriétaire ?

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3 thoughts on “Le “bon” propriétaire. Qui est-il ?

  1. Je n’ai pas grand chose à ajouter, ta description est très juste je trouve: garder les yeux et l’esprit ouvert, c’est déjà un bon départ! J’ajouterais (enfin tu l’as évoqué, mais j’ai envie d’insister dessus) que même avec la meilleure volonté du monde, on est rarement un “bon” propriétaire 100% du temps: on a l’impression de rester ouvert, et on ne voit pas la poutre qui nous aveugle. C’est du vécu, j’ai mis 6 mois à “admettre” que ma belle selle toute neuve n’allait pas… alors que j’avais déjà eu des problèmes de selle mal adaptée dans le passé! Et qu’au fond je le savais, mais… elle était tellement confortable, je l’avais payée tellement cher… que je me suis aveuglée un bon moment. Bref, nobody’s perfect!

  2. A mon sens savoir se remettre en question avec les chevaux est primordial. Une chose peut fonctionner avec l’un mais avec le second. Il n’y a en fait pas vraiment de règle, il faut s’avoir s’adapter à nos chers compagnons.

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