La culpabilisation, une mode dépassée…?

En ces temps où l’Internet règne en maître, l’humain excelle en expertise auto-déclarée. Le cavalier travaillant autrefois dans l’ombre d’un manège en essayant de copier de grands maîtres est maintenant devenu le juge moral suprême des Internets.

L’humilité est une qualité qui se perd.

Tout le monde fait culpabiliser tout le monde.

Prendre conscience d’erreurs dans notre gestion des chevaux peut être un processus très sain. J’avais déjà discuté de cette problématique de la culpabilité dans cet article. Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de nous inviter à plus de tolérance, à plus d’ouverture d’esprit et de bienveillance envers les cavaliers que l’on côtoie, dans la vie réelle ou sur le web équestre.

Je vais à nouveau partir de mon expérience personnelle. Parce que c’est celle que je connais le mieux, parce qu’elle est réelle, pleine de défauts et d’évènements heureux, aussi. Parmi les défauts, il y a eu celui de faire culpabiliser, sans le vouloir, les autres. De leur dire que c’était mieux de faire comme ci, comme ça. Et pas toujours de la manière la plus plaisante. De n’accepter qu’une vision assez dogmatique, voire même manichéenne des choses. D’oublier qu’il n’y a pas qu’une seule vérité, et que chaque individu a une perception unique du monde et des autres.

Doit-on toujours humilier ceux qui font le choix de tondre et couvrir son cheval l’hiver…? De le ferrer ? De monter en mors ? De mettre des éperons ? De ne pas vivre en Paddock Paradise…?

Les gens ne font pas toujours des choix par égoïsme, mais souvent parce qu’ils estiment que c’est le mieux à faire.

C’est beaucoup plus facile de se borner à n’accepter qu’une vérité absolue, qu’une seule façon JUSTE de faire les choses. C’est rassurant. Cela offre un repère, un pilier, dans un monde où, finalement, tout est possible. Ça peut même devenir notre mission de vie. En conséquence, on considère que tous les autres ne comprennent pas, ne voient pas la vérité, que nous, êtres probablement supérieurs ou peut-être même, spéciaux, élus, parvenons à observer. Alors on commente sur Facebook, sur forums, partout, pour répandre le mot juste.

De l’évangélisation équestre, sommes toutes.

L’humain se complait pas mal dans une certaine forme de sectarisme, tout simplement parce que c’est confortable et rassurant de se sentir comme faisant partie d’une communauté. On est ensemble. On avance ensemble, les autres pensent aussi comme moi. Je ne suis pas seul, je fais partie d’un tout.

Encore mieux : on avance ensemble, contre un ennemi puissant, aveugle et… Méchant. Ben oui, parce que s’il était seulement gentil et bien attentionné, lui aussi, on aurait beaucoup plus de mal à se battre contre lui ! On serait obligé de le faire dans le calme, la gentillesse, l’échange, et il faudrait en plus accepter d’être dans un dialogue, prêt à entendre l’autre, plutôt que d’être dans un monologue professoral !

Le monde est bondé de nuances.

Ces nuances ont un nom : ça s’appelle les humains. La magie des humains, c’est que chacun d’entre eux est un être unique. Il voit les choses dans sa propre subjectivité. Rajoutez à cela leur cheval, et ça fait beaucoup d’êtres uniques ensemble.

Quelque soit ce que l’on fait avec nos chevaux, je pense que nombreux sont les propriétaires qui font de leur mieux – qui essaient, en tout cas. Oui, la plupart d’entre eux feront mille erreurs. J’en fais partie. Je ferai encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d’autres erreurs.

Qui ne fait jamais d’erreur ? Réponse simple : celui qui ne vit pas =)

Cela n’empêche pas de promouvoir une certaine vision du cheval, de la gestion du cheval athlète ou de loisir. Moi-même, je le fais via ce blog, et je ne le regrette pas. Je suis passionnée par ce que je raconte, et je suis très heureuse de parler d’une façon de gérer les chevaux qui me semble proche de leur bien-être et de leurs besoins, en corrélation avec ce que l’humain en fait. Ça n’empêche pas non plus d’être parfois critique.

Mais je pense qu’on pourrait un peu se calmer sur la fâcheuse tendance à culpabiliser tout le monde, pour tout.

L’autre jour, sur Facebook, j’ai honnêtement halluciné quand j’ai lu un commentaire d’une personne qui incendiait une cavalière en photo sur le post, parce qu’elle montait avec guêtres et cloches. Franchement ? N’y a-t-il pas des combats plus graves ?

Je reste intimement convaincue que faire culpabiliser les autres est une preuve d’un déséquilibre intérieur, que l’on projette sur les pratiques des autres. Si l’on est soi-même en paix avec ce que l’on fait avec nos chevaux, normalement, on ne ressent pas le besoin de faire en sorte que les autres se sentent mal. On vit notre propre vie, sur le terrain, et on est capables d’avoir des conversations normales avec des gens qui ne partagent pas notre vision des choses.

Soyons un peu plus gentils entre nous… Le désaccord c’est la base même de l’enrichissement mutuel, tant que l’on reste ouvert au point de vue de l’autre =)

 

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