Jambes versus énergie : les transitions montantes

Comment demandez-vous à votre cheval d’effectuer une transition montante (arrêt -> pas, pas -> trot, etc.) ? Prenez deux minutes avant de répondre. Utilisez-vous les jambes ? Les mollets ? Les cuisses ? Les genoux ? Les fesses ? Le dos ? L’énergie corporelle seulement ?

Sinon y’a la version gros barbare aussi ?

Les jambes, c’est mal ?

C’est vraiment un sujet sur lequel j’ai envie d’écrire depuis plusieurs mois, car je constate que beaucoup, beaucoup de professionnels du horsemanship n’aiment pas trop que leurs élèves utilisent les jambes. Il y a une sorte d’idée rampante qu’obtenir une transition montante rien qu’à “l’énergie”, c’est mieux. C’est mieux pour le cheval, c’est signe d’une meilleure équitation, d’une plus grande subtilité, etc… Je suis pas trop d’accord, voici pourquoi.

Photo Zoé Cormerais.

La leçon de jambe, une technique de barbare ?

J’ai lu tout et n’importe quoi sur la leçon de jambe, tant et bien que j’aimerais clarifier son processus. La leçon de jambe, c’est un exercice de porc-épic, qui consiste à utiliser 4 phases pour enseigner à son cheval à enclencher la marche avant à l’instant où l’on presse délicatement nos jambes contre ses flancs.

De la sensibilisation niveau débutant, en gros. Un renforcement négatif ultra simple.

Si le cheval ne répond pas, il y a alors environ beaucoup de phases 2-3-4 utilisables selon le niveau du cavalier et la personnalité du cheval. L’idée, c’est de trouver la combinaison la plus clair et la plus simple pour que le cheval trouve vite et soit chaudement félicité.

L’énergie ne suffit-elle pas ?

En théorie, si, bien sûr. Avec n’importe quel cheval, du mérens en passant par le breton en arrivant au cheval de sport, tous peuvent répondre uniquement à “l’énergie“. L’énergie, ce concept sombre perturbant les cavaliers classiques (à juste titre), ça consiste à changer le langage du corps. Concrètement, si vous gonflez la poitrine, gainez le dos et les abdos en inspirant profondément, on considère que vous “montez” votre énergie (énergie haute). Si au contraire, vous expirez, dégonflez la poitrine et ramollissez votre corps, vous “descendez” votre énergie (énergie basse, voire mode off).

Photo Zoé Cormerais.

Elle suffit à éduquer votre cheval à répondre au plus subtil signal de votre corps. C’est un affinement normal de la communication à cheval, qui fait partie du horsemanship dès le tout début du débourrage. En bref, c’est très basique, et en général, on l’utilise même avant d’enseigner la réponse aux jambes (qui viendra plus tard…).

Tu veux gymnastiquer : il te faut des jambes.

Photo Zoé Cormerais.

Venons-en au cœur du problème. Je me répète, mais monter à cheval = il faut gymnastiquer votre cheval. Il n’est pas fait pour vous porter, d’où la nécessité (oui, je dis bien nécessité…) d’entreprendre au moins un travail physique de base. Pas besoin de piaffer ni rien, juste d’apprendre les rudiments de base pour monter à cheval – et ça ne se limite absolument pas aux principes du horsemanship, qui ont de grosses lacunes côté dimension physique du cheval.

C’est là que je rencontre tout le temps des cavaliers très avancés en horsemanship, mais dont la réponse aux jambes de leur cheval est proche du néant. Parfois même, on leur a mis en tête que c’était “mal” de demander la transition aux jambes. 

C’est là que je passe de la casquette horsemanship à la casquette dressage. En dressage, on aimerait arriver au stade où vos jambes, voire vos fesses peuvent carrément directement parler aux postérieurs, voire même à chaque postérieur de façon isolée. Votre “énergie” ne sera jamais assez claire au début de l’apprentissage. En outre, l’action directe sur les flancs permet de s’adresser directement aux abdominaux, ce qui est excessivement utile pour enseigner aux chevaux que jambes = abdos = postérieurs, puis plus il avancera, jambes = postérieurs.

Si en plus de ça, vous avez de l’ambition, il vous faudra des jambes. Des jambes pour bouger les hanches, incurver, propulser, engager, monter le garrot, rassembler, allonger… Même si cela peut-être extrêmement subtil, et même si le dos et les abdominaux (les vôtres, hein) prendront peu à peu de plus en plus le rôle principal. Mais là, on arrive à un stade bien plus avancé 😉

Et les handisports, alors ?

Ben ouais, y’en a qui montent sans jambes, et ils font comment, eux ? Ben ils utilisent deux sticks, un de chaque côté des épaules, qui font office de remplacement des jambes à l’entraînement. Plus ils affinent, plus le dos se substitue aux sticks… Tout comme vous, avec vos JAMBES 😀

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3 thoughts on “Jambes versus énergie : les transitions montantes

  1. Salut.
    J’apprécie énormément ton article. J’ai lu, on m’a enseigné à propos des jambes et de l’énergie. Mais là tu viens de poser des mots qui viennent de me faire comprendre ce que j’essayais de mettre en application.
    Je n’ai rien d’autre à dire à part un grand merci.

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