Sacrifier la sécurité sur l’autel de la douceur : non !

Un outil, ça ne fait pas tout, loin de là. Dans certaines situations toutefois, un bon outil peut aider à débloquer un problème qui traînait depuis longtemps… C’est ce qui m’est arrivé hier.

Depuis quelques mois, Trifine s’est spécialisée dans le treuillage de cavaliers à pied. Elle connaît bien les cessions diverses et variées liées au licol, que j’ai soigneusement pris le temps de lui enseigner. Elle connaît notamment la flexion latérale et le chassé de postérieur si précieux en situation de crise. Pourtant, elle m’embarque quand même. J’ai toujours lutté contre cette idée reçue qui dénonce l’insensibilité du cheval de trait : ils sont parfaitement aussi sensibles que tout cheval, merci bien. En revanche, leur réactivité dépend de leur éducation, mais aussi de leur caractère.

Malgré un licol en corde que je pensais sévère, Trifine m’embarquait de temps en temps, quand elle oubliait ma présence et préférait rigoler avec le copain du coin. La situation similaire avec Monidance ou Jazon était immédiatement calmée : d’une part, ils n’ont pas la même puissance que la blonde, d’autre part, ils n’ont jamais eu l’occasion d’utiliser leur force pour dire “stop !”. Mes efforts désespérés n’ont pas empêché l’inévitable : Trifine, elle, a eu quelques occasions pour réaliser que, si je ne suis pas d’accord avec elle, elle peut toujours foncer. Au nom de la douceur et du respect du cheval, j’ai refusé d’utiliser un outil plus sévère pour la canaliser quand nécessaire, et pour lui rappeler les bases de la sécurité. C’est à cause de cela que j’ai commencé, malgré moi, à lui apprendre l’utilisation de sa force, contre moi.

En rendant visite à une amie, je me suis rendue compte que son licol en corde était beaucoup plus fin que le mien. J’ai donc effectué une commande chez Esprit-Etho. J’ai fait l’essayage hier sur ma jument, et le résultat est probant : quand miss Trifine s’échauffe un peu, la corde pince beaucoup plus durement son chanfrein. Résultat, j’obtiens ma flexion latérale et chasse le postérieur avec légèreté. Comme dirait Andy Booth, “c’est peu confortable” pour le cheval. Au fur et à mesure de la séance, je pinçais à peine la longe pour obtenir de magnifiques flexions latérales, même lorsqu’elle était très tentée de regarder de l’autre côté.

Non, mon but n’est pas de faire mal à ma jument ou bien de la blesser : il s’agit de lui rappeler qu’elle n’a pas le droit de m’embarquer ou de me bousculer comme bon lui semble. Je crois que toute relation cheval-humain n’est saine qu’avec d’excellentes bases en matière de sécurité. Face à un animal qui peut nous détruire en quelques secondes, il est tout de même primordial qu’il ne sache pas nous mettre en danger. Il ne faut pas alors hésiter à prendre les choses en main en s’aidant d’un outil plus dur, toujours en faisant bien attention à l’éducation qu’on inculque. Un outil plus dur est strictement inutile si l’on n’a pas pris le temps d’expliquer les choses à son cheval. En revanche, il peut s’avérer être indispensable en cas de crise…

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