Faut-il s’excuser d’aimer faire du sport avec son cheval ?

En ces temps où l’on s’intéresse énormément à la cause animale et au bien-être équin, doit-on refouler notre désir de sport équestre ?

Comme beaucoup de cavaliers, j’ai été prise du virus du cheval très tôt, en rencontrant simplement le premier équidé de ma vie : Chequito, grand PS anglais à la retraite, faisant alors environ 5 fois ma taille (j’avais 4 ans). Ce qui m’a motivée avant tout, c’était l’amour du cheval en tant qu’animal, rien d’autre.

En développant ma passion pour les chevaux, j’ai également développé une grande passion pour la beauté du mouvement, la gymnastique du cheval, l’art équestre ; bref, tout ce que contient le dressage.

Depuis, j’ai énormément évolué dans ma gestion de mes chevaux : la gestion de leurs pieds, les questionnements sur leur habitat, leur nourriture, leurs soins, leur psychologie… Sans jamais, toutefois, perdre cette passion dévorante pour le dressage, car cette discipline n’a jamais cessé d’améliorer ma relation avec mes chevaux en parallèle de tout ce qu’elle peut apporter (pour le mental, le physique, et le relationnel).

Je suis entourée de beaucoup de cavaliers dans une même démarche de respect du naturel du cheval, qui n’ont toutefois pas cet amour du dressage, voire même qui ont beaucoup d’a priori sur cette discipline qui a connu quelques heures sombres. Parfois, les discussions avec certains cavaliers mènent à une forte culpabilisation du fait même de pratiquer un sport avec son cheval : le dressage en fait partie, c’est même le sport de base chez tous les chevaux athlètes. La question de l’antispécisme et la pratique du véganisme qui se répand de plus en plus amènent quelques cavaliers à mettre pied à terre définitivement.

C’est tout à leur honneur, et je respecte ce choix.

Ça n’est pas le mien.

Certes, un cheval n’est pas fait pour porter un cavalier naturellement… Il faut garder en tête que l’équitation reste la manifestation d’un désir humain égoïste : le cheval, lui, il serait aussi bien dans son pré avec ses potes à se goinfrer d’herbe fraîche (et on le comprend). Mais comme les chevaux vivent dans un monde d’humain, on a créé une gymnastique extrêmement aboutie pour ne pas les abîmer en monter sur leur dos. C’est précisément pour CELA que le dressage existe. Pour apprendre au cheval à nous porter sans se faire mal.

En dehors de l’absence réelle de preuves concrètes faites par des scientifiques sérieux que monter sur cheval lui fait mal (si et seulement si il est correctement monté => autrement dit, vous pouvez déjà éliminer 70% des cas… Car oui, je pense qu’on peut dire que la plupart des chevaux ont mal au dos quand on les monte, car on les monte mal), il existe des milliers de preuves qu’un entraînement correctement pensé par des experts qui connaissent parfaitement le fonctionnement anatomique du cheval permet justement de ne plus lui faire mal.

A mes yeux, cette montée de la culpabilisation de faire du sport avec son cheval provient d’abord et avant tout d’un manque d’expérience d’un véritable entraînement de dressage sur une longue durée.

Ok, je l’admets : il y a eu de sacrés gros scandales qui m’ont, moi aussi, dégoutée et fendu le coeur. Il y a énormément de choses affreuses à regarder sur les paddocks de détente de n’importe quel discipline de nos jours. Impossible de nier cela. Cependant, cela ne signifie pas qu’il faut généraliser à TOUS les cavaliers pratiquant une discipline sportive de nos jours : ils sont de plus en plus nombreux à s’entourer de pros qui ont une démarche de respect du cheval importante.

Vivre l’expérience d’un entraînement de dressage ne biaise certainement pas le cavalier, au contraire : cela lui ouvre les yeux sur ce que peut faire et apporter le dressage au cheval, au cavalier, et à la relation qu’ils entretiennent ensemble. Personnellement, je ne vois pas de retour en arrière possible, tant le dressage m’a transformée, a transformé mes chevaux, hyper positivement, sur tous les plans.

Faire du sport en respectant son cheval, voire même en lui apportant quelque chose, c’est complètement possible. Il suffit de s’entourer de pros qui ont de grands principes qu’ils appliquent et une haute considération de l’animal. Ceux-ci existent, et je ferai en sorte de partager leur travail autant que possible sur ce blog.

En attendant, ne serait-ce que parce que monter sur un cheval reste un geste avant tout autocentré, je pense que la moindre des choses que l’on doit à nos chevaux, c’est d’apprendre à les monter bien. En respectant leur psychologie et leurs besoins naturels. Suffisamment pour ne pas leur faire mal, et même en allant plus loin : en leur apportant quelque chose de part le travail de leur corps et de leur mental. Le mental et le corps sont reliés, chez tous les animaux du monde.

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