Dressage : mon cheval est-il léger aux jambes ?

J’ai écrit récemment un article où je parle de la différence entre la réponse aux jambes et la réponse à l’énergie. Du coup, viennent des questions logiques, du type : à quel point la réponse aux jambes doit-être légère ?

La réponse aux jambes, c’est du Level basique

Parmi les soucis typiques qu’on rencontre chez beaucoup de cavaliers : l’absence de réponse aux jambes. A noter pour plus tard : une réponse correcte aux jambes est une base indispensable pour avancer en équitation. Vous avez besoin de mouvement en avant pour tendre votre cheval. On commence donc par la porte d’entrée : mettre de l’énergie. Puis seulement en suite on se préoccupera de réguler et canaliser cette énergie avec d’autres aides.

Quand vous pressez vos jambes, de la hanches jusqu’à la cheville : il doit se passer quelque chose. Votre cheval doit avoir une réponse instantanée, quasi comme un réflexe.

Attention : ceci peut se faire sans les jambes, on est carrément d’accord et d’ailleurs, en horsemanship, on débourre généralement très bien aux 3 allures sans mettre de jambes, en travaillant uniquement à l’énergie.

MAIS… Si on veut parler de flexion du bassin, et d’engagement des postérieurs, là les jambes deviennent indispensables.

Ok, merci Pauline mais… On parle de quel degré de légèreté ?

J’aime bien utiliser l’analogie du billet de 5 €. Imaginez que vous devez simplement mettre assez de pression pour maintenir un billet de 5 € entre vos mollets et les flancs de votre cheval, pas plus, pas moins. Vous ne devez pas avoir la sensation de “forcer”, simplement de poser vos jambes et d’envelopper le cheval avec vos jambes, comme si vous vouliez que vos jambes passent sous son ventre.

En porc-épic, on parlerait plutôt de…

  • poil
  • peau
  • muscle
  • os

Bien sûr, on aimerait idéalement que le cheval réponde minimum à poil.

S’il ne répond pas, je fais quoi ?

On part sur des phases 2, 3 et 4.

Elles dépendront du niveau du cheval, du niveau du cavalier, de la personnalité du cheval.

Sans donner de recette prête à l’emploi (ça n’existe pas), il y a plein de techniques :

  • tapoter de façon rythmique et croissante avec le stick sur l’épaule, cesser dès que le cheval répond
  • tapoter de façon rythmique et croissante avec le stick sur le haut de la croupe
  • idem derrière la jambe
  • utiliser une cordelette ou le flot des rênes, pour toucher alternativement le côté droit et gauche des épaules, idem, en pression rythmique et croissante
  • et pareil derrière la selle…

Dans tous les cas, on parle d’être lent, et progressif.

L’art de ne pas micro manager, mais un peu quand même…

Ça c’est le genre de truc qui fait hurler les Parellistes (sorry les gars je vous aime quand même) : en dressage, y’a pas mal de micro management, surtout au tout début.

Pourquoi ? Parce que vous allez devoir gérer énormément de paramètres en même temps rien que pour obtenir une mise en main basique, un garrot sorti des scapula, un bassin engagé et un dos relâché. Il va falloir dire à l’épaule externe de se tenir, puis immédiatement rappeler au postérieur interne de rester sous la masse, venir au secours des hanches qui dérapent, redonner de l’espace à l’épaule externe qui était coincée, ainsi de suite… Jusqu’au moment magique où tout sera aligné, et vous pourrez chaudement féliciter, et terminer là-dessus pour aujourd’hui.

Pour en arriver là, pensez que ça ne coûte que 5 € de légèreté 😉

Photos : la fameuse Zoé Cormerais Photography !

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3 thoughts on “Dressage : mon cheval est-il léger aux jambes ?

  1. Est-ce qu’il ne faudrait pas se décider à reconnaître qu’il y a une contradiction entre le micro-management du travail “classique” et les principes type Parelli ? (J’ai l’impression que tu y arrives doucement …)
    En tant que cavalier je me sens ballotée d’un discours à l’autre, et je crains que mon cheval ait le même ressenti.
    On pourrait expliquer clairement la différence au cavalier moyen, on ferait un choix en connaissance de cause, en fonction de ses objectifs et du profil de son cheval (je soupçonne qu’entre les élégants Quarters des vidéos Parelli et le trotteur réformé de base la problématique est sensiblement différente).

    1. Bonjour Nathalie,
      En fait il n’y a pas de contradiction, c’est juste que le discours Parelli n’est pas bien retransmis : à l’origine, et toujours maintenant, on est censés amener son cheval jusqu’au Level 4 (+-) puis le spécialiser (endurance, disciplines olympiques, randonnée, western, etc).
      C’est ainsi que l’approche Parelli fait les choses.
      Linda Parelli, cavalière de dressage, dit elle-même que lorsqu’on arrive à ce stade, qu’on démarre le dressage, on entre dans une étape plus complexe et il faut que le cheval soit prêt.
      Si le cheval n’est pas 100% au clair avec le pack éducatif de base, il ne faut pas aller plus loin.
      Les chevaux qui sont allés jusqu’au L4 (ou équivalent) sont largement capables de comprendre lorsqu’on rend l’approche de + en + complexe et subtile.
      Donc lorsque je parle de dressage : je pars du principe que le cheval et son cavalier ont déjà en commun un bon chemin et une bonne communication 🙂
      J’espère que ça répond à peu près à ta question !

      1. Merci de ta réponse.
        Ce n’est toujours pas clair pour moi.
        Je veux bien croire qu’à haut niveau tout se passe super bien.

        Je me place dans la perspective du cavalier moyen, qui n’a pas les moyens (disponibilité, énergie, aptitudes….) d’aller jusqu’au level 4 (quand je lis le descriptif du level2 je trouve que c’est déjà bien compliqué..).
        Dans ce cas, ce que je comprends de ta réponse est qu’il ne faut même pas essayer d’avoir “une mise en main basique” ?
        On peut concentrer ses efforts sur le level suivant et laisser tomber tout le micromanagement que tu décris ?

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