Comment attraper son cheval au pré

attraper son cheval

Attraper son cheval en prairie, c’est tout un poème – surtout quand ça se passe mal.

Vous arrivez en prairie, tout content de voir votre cheval et de faire probablement une super séance aujourd’hui. Vous attrapez votre licol, vous ouvrez la barrière, et vous vous dirigez droit vers Caramel.

Caramel, lui, à l’instant où il vous voit arriver, fait demi-tour. Ou alors vous évite. Enfin bref, il se fait désirer et vous peinez plus ou moins à l’attraper.

Dans votre tête, que se passe-t-il ? Déjà, avouons-le : vous êtes très vexé ! Mais enfin, Caramel, on s’amuse tellement ensemble, pourquoi tu me fais le coup à chaque fois ?

Face aux autres cavaliers, vous essayez d’en rire, embarrassé : oh, il aime bien se faire désirer…! Il fait sa petite crise, mais ça va passer ! Mais au fond, vous êtes triste, déçu et plutôt énervé. Après plusieurs quarts d’heure à le pourchasser, Caramel capitule, et vous commencez votre séance d’une sale humeur. Et vous vous dites que ça serait quand même plus simple s’il était en boxe.

Soyons honnête, c’est déjà arrivé à tout le monde.

Attraper son cheval : l’objectif principal

  • faire comprendre à votre cheval que se faire attraper = moment agréable et confortable, suivi d’une séance (de travail/de soins/de rien) la plus agréable et la plus confortable possible.

Serena au galop

Comment régler ce problème ?

Tout d’abord, il est nécessaire de comprendre pourquoi Caramel vous tourne le dos.

Il y a deux versants à analyser :

  • 1-Caramel n’aime tout simplement pas ce que vous lui proposez lorsque vous allez le chercher.

a) Soit Caramel n’aime pas vraiment vos séances, purement et simplement : elles le stressent, l’inquiètent, ne lui procurent aucun bénéfice, ou alors, lui procurent trop d’inconvénients par rapport aux bénéfices. Ou alors, il va falloir encore construire la relation en le sortant “pour rien”, pour des promenades en main, ou seulement un bon pansage.

Si vous hésitez, posez-vous les questions suivantes (pour de vrai).

  • est-ce que mon cheval est calme ?
  • est-ce que mon cheval est connecté ?
  • est-ce que mon cheval est réactif ?

Si vous répondez oui à toutes ces questions, répondez aux questions suivantes :

  • est-ce qu’il regarde ailleurs quand on travaille ensemble ?
  • a-t-il plutôt l’encolure haute ?
  • est-il distrait  ?
  • ai-je besoin de répéter beaucoup fois les choses avant qu’il n’y réponde ?
  • est-il lourd dans ses réponses ?
  • court-il dans tous les sens ou bien au contraire, est-il particulièrement mou ?

Si vous avez répondez “oui” à l’une de ces questions, il y a fort à parier qu’il y a un travail à faire.

b) Soit Caramel n’aime pas la façon dont vous le manipulez. Cela commence dès le moment où vous posez le licol sur sa tête et que vous l’amenez à l’aire de pansage. J’ai connu de nombreux élèves qui ne se rendaient tout simplement pas compte qu’ils étaient trop brusques avec leurs chevaux dans les gestes du quotidien : en tenant la longe trop courte, avec de la tension dans la main ; en passant les clôtures sans délicatesse ; en parlant fort, avec une teinte d’agacement dans la voix ; en tirant sur la longe car le cheval refuse d’avancer, sans offrir de confort quand finalement le cheval avance ; bref, tous ces gestes sont primordiaux pour faire de vous un bon propriétaire. Certains chevaux sont plus tolérants que d’autres.

Jazon qui apprécie franchement les grattouilles pendant le pansage.
Jazon qui apprécie franchement les grattouilles pendant le pansage.

Si vous rentrez dans ce dernier cas, il y a fort à parier que vous cumuliez également avec le premier cas.

Malheureusement, pour vérifier cela, vous allez avoir besoin d’un regard extérieur et surtout, compétent. Cette question touche profondément l’affect et l’égo : autant dire que vous allez avoir besoin de quelqu’un pour faire le tri dans vos émotions et vous aider à porter un regard objectif sur la situation.

Rassurez-vous, ça se guérit très bien.

Pour régler le problème, il va falloir vous faire accompagner, ne serait-ce que pour faire un bilan de votre travail avec votre cheval. Appelez un instructeur Parelli, La Cense, ou n’importe quel professeur spécialisé en comportement que l’on vous recommande (attention, il y a vraiment à boire et à manger dans le milieu tristement nommé de “l’étho”… Certains sont très mauvais, et risquent de vous donner des conseils à ne surtout pas appliquer. La meilleure façon, c’est de s’adresser à des instructeurs Parelli, ou au moins des profs Level 4, ou de bons élèves qui vous donneront de bons contacts – pas de stress sur le diplôme, si vous êtes en Belgique, ce n’est pas obligatoire pour enseigner).

Observez également des gens de bon niveau, et regardez comment ils manipulent leurs chevaux : souvent, ils sont calmes, lents, leurs gestes sont francs mais fluides, ils n’ont pas d’émotion négative dans la voix, leur énergie corporelle est douce, basse, sauf s’il faut bouger fermement le cheval.

  • 2-Vous n’abordez pas Caramel correctement dans sa prairie.

Comment abordez-vous votre cheval en prairie, dès l’entrée dans la prairie ?

Cachez-vous votre licol ? Regardez-vous fixement votre cheval en allant droit vers sa tête ? Allez-vous tendre la main en caressant d’abord son chanfrein un peu trop vite ? Mettez-vous le licol face à lui ?

Etre furtif ou sournois ne rassurera pas votre cheval 😉

Dans les premiers Level, Pat Parelli explique bien que la meilleure zone à aborder, c’est la fameuse zone 3, au niveau du garrot. Pas de doutes, vous verrez que l’expérience confirmera cela. C’est la zone la moins risquée à aborder. Celle où la plupart des chevaux sont le plus confortable.

Les zones de Parelli.

Votre cheval possède une zone aveugle droit devant lui – autant dire que c’est la pire des zones à aborder. Il ne va pas bien vous voir, et ne pourra pas comprendre exactement vos intentions – la pire des choses à faire pour un animal (et qui plus est : de proie !).

Zone aveugle cheval
Crédits : le Sens du cheval.

En plus, s’il y a bien un truc que les chevaux n’aiment pas trop, c’est un abord frontal.

Ce que le cheval aime

  • que vous soyez honnête et clair dans vos intentions : déjà, cessez de cacher ce licol ! Pensez-vous vraiment que votre cheval ne se rend pas compte qu’il est derrière votre dos ? Prenez-le sur votre épaule sans vous poser de questions. Au contraire, essayez d’associer le licol avec un moment agréable. Ne marchez pas droit sur lui, mais abordez-le plutôt légèrement de côté, en allant plutôt viser son épaule que sa tête. Arrêtez-vous assez loin de lui, pour lui laissez le temps de vous observer, et même éventuellement pour le laisser faire le premier pas.

 

  • que vous apportiez du confort : ne cherchez pas immédiatement à l’attraper. Garder votre licol bien en vue, et caressez votre cheval en lui donnant des carottes. Et partez. Puis répétez l’opération. Vous ne l’attraperez qu’au bout de plusieurs fois. Votre cheval ne doit pas se dire : “quand elle vient au pré avec le licol, elle se jette sur moi de façon désagréable et cela me stresse“. Mais plutôt : “quand elle vient au pré avec le licol, j’ai plein de grattouilles et de carottes, et j’apprécie ce moment.”

 

  • que vous lui laissiez le temps : mettez et enlevez plusieurs fois le licol, pour banaliser ce moment. Et n’hésitez pas à le récompenser chaleureusement à coup de carottes. Et à partir pour revenir quelques minutes plus tard. L’instant même où le licol est mis doit être agréable, et le rester. Ensuite, c’est votre job de faire en sorte que ce qui va suivre soit tout autant agréable (cf. point A.).

Des problèmes persistent

  • malgré tout, mon cheval s’enfuit ! Que faire ?

Déjà, ne lui courrez pas après. N’essayez pas de le bloquer. Ne le faites pas courir jusqu’à qu’il s’épuise en pensant au “join-up” de Monty Roberts. Marchez en le suivant doucement, en essayant de conserver une distance similaire tant qu’il marche. La distance doit être assez grande pour ne pas le mettre dans le rouge, ça doit être juste assez pour qu’il conserve la même allure.

L’objectif ? Lorsque votre cheval part, il se rend compte que vous, vous êtes toujours là, même plus loin. La fuite ne doit pas être un moyen facile de se débarrasser de vous. Alors attention, je ne parle pas de faire du join-up et de chasser votre cheval jusqu’à le crever de stress et le résigner. Juste de marcher, à distance large, suffisamment grande pour conserver votre cheval au pas (ça peut être plusieurs dizaines de mètres !), suffisamment petite pour que votre cheval constate bien que vous n’avez pas miraculeusement disparu. Vous devez être dans sa “zone orange“. Assez inconfortable pour que votre cheval se demande que faire, mais suffisamment confortable pour ne pas le stresser.

Dès que votre cheval s’arrête, arrêtez-vous immédiatement, éventuellement récompensez de la voix et même reculez un peu pour offrir le maximum de confort. Et répétez l’opération jusqu’à que la distance se réduise entre vous et votre cheval.

S’il fuit vraiment loin, tant pis ! Gardez votre intention. Suivez-le, tant qu’il fuit. Et récompensez très chaleureusement les moments où il s’arrête, offrez-lui du confort en vous éloignant un peu. Je recommande, surtout dans de très grandes zones, de se focaliser sur le fait d’apporter du confort quand il vient.

Jazon en prairie

  • mon cheval ne supporte pas que je le touche avec le licol, il s’enfuit immédiatement !

Vous avez probablement été un peu trop vite ! Si votre cheval est effrayé à la vue du licol, ou bien s’il sait qu’il va se faire attraper et qu’il fuit très fort, passez beaucoup plus de temps à le caresser, lui donner des carottes, et le grattouiller, tout en passant la longe, puis le licol, sur tout son corps.

Une autre solution efficace, qui fait appelle au conditionnement classique, est de le nourrir en présence du licol. Par exemple, entrez dans la prairie avec votre licol naturellement sur votre épaule, un seau dans la main. Laissez votre cheval manger sans essayer de l’attraper, puis partez. Et répétez l’opération plusieurs jours – l’idée étant qu’il associe le licol à du positif, c’est-à-dire, l’heure de manger.

Si vous avez encore des questions : n’hésitez pas à me les poser en commentaire ! Et bonne chance 😉

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3 thoughts on “Comment attraper son cheval au pré

  1. bonjour ,
    j’ai un peux se genre de problème. des que j’aborde mon cheval il me montre les fesse et une foi il a carrément essayer de me botter ! pourtant a des moment il se laisse attraper sans problème ! j’ai aussi un petit rituel qui consiste a ne jamais l’attraper sans être venu le voir pour lui faire une caresse et lui dire bonjour .je ne c’est pas si c’est bien?

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