A fond Parelli : un cours avec Aurélie de Mévius, instructrice 2*

Je n’avais jamais pris cours avec un Parelli Professional. C’est chose faite ! Aurélie de Mévius est instructrice Parelli 2*, se forme chez Linda, et par chance… Elle est belge ! J’ai bien fait de venir à Bruxelles, on dirait.

Il faut savoir que je n’ai jamais pris cours avec un “vrai” instructeur Parelli. J’attendais donc sa venue avec beaucoup de curiosité, d’autant plus que j’avais assisté à plusieurs de ses cours.
J’attendais sa venue avec un peu d’inquiétude aussi : qu’allait-il en ressortir ? Qu’allait-elle voir sur Jazon, sur Trifine que je n’avais pas vu ? Est-ce que j’allais stresser de me sentir “jugée” ? Après 8 mois sans un seul cours, j’ai probablement fait des bêtises à pied… Je voulais faire mes deux cours Online (le savvy qui correspond à du travail uniquement en longe) pour commencer.

En tout cas, s’il y a bien une chose qui est sûre : je n’ai pas du tout été déçue. J’ai vécu mes deux cours à 200%.

Nous avons essentiellement parlé stratégies psychologiques : c’était absolument ce que j’attendais d’un cours Parelli. Je ne dis pas que ma technique est bonne (elle a dit “plutôt bonne” haha). Ma marge de progression est importante, et c’est tant mieux. J’ai cependant bien conscience qu’il me manque des outils de gestion mentale, je dirais. Ce qui ressort de ces cours est très positif : déjà, je ne me plante pas du tout sur la lecture de mes deux poilus. Elle voit comme moi (ou je vois comme elle plutôt). L’analyse qui en ressort est similaire, même plus détaillée, plus fine. Là où elle est d’une très grande aide, c’est que je bute sur les solutions : elle en a plus d’une dans son sac.

Jazon

Aurélie commence par me demander l’histoire de Jazon. Chose faite, elle me suggère de commencer ma séance comme d’habitude, pour tâter le terrain. Jazon n’est pas tout à fait motivé aujourd’hui ! Je passe en STM, et elle note une première chose : Jazon fait le grincheux. Rien de nouveau, il a très souvent les oreilles en arrière en STM ou quand on joue, ainsi que le nez froncé ; bref, sale tête. Il a toujours cette tête quand il joue, même avec les chevaux… Donc je ne me suis jamais trop inquiétée. Même si j’avais conscience qu’un jour, il faudrait que je m’occupe de ça. On évoque ce grand débat autour de la tête du cheval et des oreilles en arrière pendant le jeu. Avec bon sens, elle me demande quels seraient MES sentiments si je faisais la même tête que Jazon. L’évidence s’impose : c’est que le confort ne serait clairement pas là…

On peut forcer un cheval en phase 1“, me dit Aurélie.
Bon, nous n’en sommes pas non plus à ce point, mais c’est bon de le savoir, “surtout avec des chevaux très sensibles” comme Jazon, qui, pour elle, ressent absolument tout avec beaucoup de finesse. Elle note les points positifs : on a une top relation, (“il y a beaucoup d’amour entre vous deux” => ouiiiiii ça c’est vrai ), on se comprend bien, on communique. Mais Jazon, il râle. Pourquoi il râle ? Il fait tout comme je veux, parce qu’il est gentil, obéissant, mignon. Mais il s’exprime quand même (heureusement !!!), et il me dit qu’il a pas forcément envie, lui, de faire ça, ou alors pas comme ça.
Elle trouve aussi qu’il est beaucoup dans l’exécution, ce qui est bien sûr une bonne chose : on n’est pas dans la confrontation, on accepte tous les deux notre position. Il serait toutefois sûrement plus agréable pour lui d’être plus impliqué dans la séance ; bref, qu’il participe autant que moi, en proposant des choses… Et pour cela : il faut que je sois intéressante.
Là, elle met le doigt sur un truc qui m’a clairement piquée : j’en ai fait des montagnes avec Trifine pour trouver ce qu’elle aimait. Jazon… Ben j’avoue que je me suis pas autant démenée pour savoir. Si, il aime le pas espagnol, il aime le cabré… Mais souvent avec sa tête de grognon. Enfin c’est moins clair, moins global que pour Trifine, je crois. Puis, il était bien LBI ce jour-là, c’est pas dans mes habitudes. Le slogan des LBI, chez Parelli, ça serait “What’s in it for me” : qu’est-ce que ça m’apporte, qu’est-ce que j’ai à en tirer, de ta séance, de ton exo.On commence alors à le mettre en liberté (il est souvent plus motivé qu’en longe), mais la déconnexion arrive rudement vite ! Je ne m’y attendais pas. Alors elle me suggère d’essayer quelque chose : je le laisse décider de ce qu’on fait. Dès qu’il bouge, je le suis comme si de rien n’était, dans l’esprit de s’approprier SON idée pour qu’au final, MON idée soit SON idée, puisque MON idée c’est de prendre SON idée (vous suivez Razz ?)… S’il s’arrête, j’attends assez longtemps pour lui laisser le temps de réfléchir et de prendre une décision. Si ça ne vient vraiment pas, je tente de provoquer le jeu en “attaquant” son arrière-main doucement avec l’énergie, et en montant vite en phase s’il reste à brouter ou à dormir. Je ne demande strictement rien, même un rappel, ni rien : je stimule pour qu’il cherche à faire quelque chose, pour qu’il propose n’importe quoi. Au début, il s’inquiète un peu, ne comprend pas du tout ce qu’il se passe… Mais il y a une chose super positive : il n’est jamais totalement déconnecté. Il nous surveille toujours d’un œil, et même à distance, il ne part jamais bien loin. Il est toujours proche de la limite cerveau droit, mais petit à petit on gagne son intérêt, il nous regarde avec attention, expression du visage bien positive, ça vient, tranquillement. Bon en revanche, il n’a pas proposé grand chose.
Le premier objectif était d’obtenir une expression positive : ça on l’a eu. Le deuxième est d’initier une participation active : on n’y est pas encore tout à fait Razz il a passé plus de temps dans la fuite, ou à attendre que je demande quelque chose. A travailler, donc
Elle finit en me disant que le boulot a été bien fait sur Jazon, car il est très centré. Il est toujours à la frontière RB, mais ne la traverse pas.
Trifine
Bon, évidemment, je me doutais que ça serait très différent avec la grosse. Non seulement on n’a plus vraiment bossé depuis des mois, donc les repères ne sont pas encore tout à fait réinstallés, mais en plus, elle a quand même un autre caractère et il est sûr que je ne la traite pas comme Jazon. On est restées dans l’idée de stratégie psychologique. Je commence doucement à mettre Trifine en route, j’étais pas à l’aise, hésitante, c’est vrai ça… Comment je fais avec elle d’habitude ? On n’a presque pas bossé ces derniers temps. Trif en a rien à faire, elle exécute mais sans aucune motivation. C’est la journée LBI on dirait Razz J’essaye d’arrêter-reculer entre les barres au sol, on galère, réactivité zéro, bref ça va pas top. Puis on tente un reculer au-dessus des barres, de même : je m’emmêle, je ne suis pas claire, Trif évite l’exercice.
Premier constat : ok, je suis très “polie” dans mes demandes, mais peut-être que passer au niveau d’exigence supérieur serait une bonne chose. En fait, je suis un peu trop polie : du coup, je manque de clarté. Il faudrait que mes demandes soient plus décisives, voire incisives. Aurélie remarque que je récompense dans l’exercice, quand elle va dans la bonne direction j’encourage. C’est bien et il faut surtout que je continue à le faire.
Pendant ce temps, les chevaux du pré longeant la carrière font les zouaves. Trifine finit par regarder, et par m’oublier au passage. Ok, elle peut regarder, me dit Aurélie, mais elle doit surtout ne PAS m’oublier. Quitte à monter fort et vite en phase, à rendre mes demandes encore plus claires, elle doit quand même reculer : que se passe-t-il le jour où j’ai besoin de beaucoup de contrôle en cas d’urgence si je n’existe plus ? J’ai rien, zéro. D’ailleurs j’en ai fait les frais à plusieurs reprises avec Trif. On en revient à l’idée du référent, et du leadership : là clairement, je n’en ai juste pas du tout. Je m’incline quand je sens que l’orage arrive.
Trif commence à bouger un peu quand elle voit les deux galoper. Aurélie était à côté de moi, donc pas très pratique pour la remettre droite, je m’écarte, Aurélie gère. Ou pas Razz Trifine la bourrine est en marche : pourquoi ? Parce qu’Aurélie a essayé de récupérer son attention en phase 1-4. La phase 4 étant un coup de stick sur le nez (la zone qu’utilisent les cerveaux gauches pour s’imposer) que Trifine n’a pas du tout apprécié. Donc Trif fait demi-tour, et embarque Aurélie (qui finit par lâcher, évidemment, face à un tel poids…).
Là, j’ai prié très fort pour ma longe Razz Trifine était complètement déconnectée/satellitée : même pas à cause des chevaux d’à côté, mais parce qu’Aurélie a monté la pression et qu’elle n’a pas supporté.
Fitness émotionnel : zéro !“…

A nouveau, Aurélie appuie là où ça fait mal : “en fait, c’est un peu comme un enfant trop gâté qu’on n’ose pas contrarier et qui n’a jamais été frustré“. Rolling Eyes le pire, c’est qu’elle a bien raison… Dès que ça gronde, je “calme” le jeu, alors qu’en vérité, c’est une bonne cerveau gauche, et qu’elle ne se contient pas du tout, tout simplement. Là, elle aurait besoin d’apprendre à se contenir, d’apprendre à rester sous contrôle. L’idéal, c’est de vivre des situations de stress (même petits), et qu’elle essaye d’aller contre moi. Alors, je reste focus sur mon exercice, je ne me laisse pas faire, je la laisse regarder et stresser, pas de soucis, mais le tout c’est qu’elle fasse un effort pour se contenir. Qu’elle fasse preuve de maturité. Qu’elle ne prenne pas la décision la plus facile pour l’instant : se tirer. Mais que la meilleur décision soit rester avec moi. En fait, il ne semble même pas lui venir à l’esprit que je puisse apporter de l’aide dans la situation de stress : elle ne pense qu’à une chose, courir (c’est un cheval, quoi). Renforcer le leadership semble donc la voie à prendre.

Donc Trifine est en liberté avec la longe qui traîne. Aurélie procède de la même manière qu’avec Jazon : dès qu’elle se calme, qu’elle regarde ailleurs, on met de la pression jusqu’à qu’elle la regarde, s’intéresse à elle. Elle finit par récupérer la morue qui est fatiguée d’avoir trop galopé (ben oui elle est plus au top de sa forme physique). A nouveau, Trif essaye d’écraser Aurélie pour je ne sais quelle raison (les chevaux ? une demande de reculer d’Aurélie un peu exigeante ? ou tout simplement le jeu de l’amitié qui l’a énervée ?), Aurélie réplique fort. Une fois, deux fois, puis ça finit par venir : Trif la regarde toute interloquée. C’est donc ça, un enfant qui se fait engueuler (avec succès) pour la première fois de sa vie Razz ?

Elle tente un jeu de l’amitié hyper facile (zone 1 quoi), Trif s’énerve. Le bouton “off” n’est pas là. Encore une fois, elle tente une fuite en avant, Aurélie la reprend fermement avec le stick sur le nez dès qu’elle amorce une tentative. Et reprend en jeu de l’amitié dès qu’elle cède. Tranquillement, ça vient.

=> C’est ici que c’est vraiment intéressant : c’est typiquement le genre de situation qu’il faut que j’amorce dans un milieu sécurisé, en piste, pour instaurer mon leadership. Trouver un truc qui la titille, qui l’énerve, pas trop fortement pour que je garde un minimum de contrôle, mais assez pour qu’elle tente d’esquiver : là, je m’impose, on fait l’exercice, on calme le jeu. Il faut qu’elle vive une situation de stress qui ait une issue positive : c’est comme ça que je deviendrais synonyme de sécurité.

Aurélie m’a aussi parlé d’une échelle Parelli de la relation avec le cheval, qui commence avec Rapport (relation), puis Respect, Impulsion (contient ses émotions), Flexion (rassembler physique).
Avec Trif, on en est à la phase Respect. Razz (sans blague haha). Bref, moi qui pensait passer 1h sur du porc-épic, en fait c’est ça là que ça casse !

Globalement : j’ai adoré mes cours. On a parlé exactement de ce dont j’avais besoin, elle m’a confirmé que je voyais bien la situation telle qu’elle était, mais qu’il me manquait des outils ! Elle est très bonne pédagogue, très claire. Tout est imagé, elle a toujours une comparaison efficace pour souligner son propos. Je n’hésiterais pas une seconde à la faire revenir ! Et si vous êtes en Belgique… Faites-la venir au plus vite 🙂 !

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