9 conseils pour survivre à l’écurie

Allez, avouez-le : une écurie, où plusieurs propriétaires se retrouvent avec leurs chevaux chéris d’amour, c’est rarement un long fleuve tranquille. Une écurie, c’est un système d’humain : c’est donc, par définition, toujours imparfait aux yeux de quelqu’un. Ici, je ne m’attarderai pas sur la problématique des infrastructures, mais bien sur celle de l’humain : gérer une communauté équestre, quelle idée étrange et farfelue. Toute ressemblance avec des personnages réels est fortuite.

1. Admettre que vous ne serez pas toujours d’accord

Pour un même cheval, vous trouverez environ 1 000 000 000 solutions différentes pour gérer les choses du quotidien. Même lorsque l’état d’esprit du gérant de l’écurie vous convient bien, il arrivera que vous soyez en désaccord, ou même que quelqu’un d’autre soit en désaccord avec votre façon de faire.

Admettez-le dès le moment où vous décidez de mettre votre cheval en pension et lâchez prise.

2. Prendre les conseils qu’on a demandé, et éviter soigneusement les autres

Qui n’a jamais vécu cette scène bien familière : un cheval a un problème de santé x, c’est la panique, on attend en ronde le véto autour du cheval en souffrance / blessé. Chacun y va de son petit commentaire, “moi j’aurais plutôt fait ci“, “moi j’aurais plutôt appelé Mr untel“, “moi j’aurais plutôt appelé un ostéo“, moi je, moi ci, moi là…

Le propriétaire, désemparé, bouleversé devant la souffrance de Caramel, se retrouve en proie à des tonnes de pressions dont il n’avait vraiment pas besoin. Il écoute le premier, puis le second, puis le troisième, se retrouve à s’appuyer complètement sur chacun d’entre eux sans jamais que son problème ne se résolve.

Un bon professionnel de qualité, ça vaudra toutes les mères Michu ayant un remède miracle qui ne marche jamais.

3. Se mêler de son propre cheval, une bonne idée pour détendre les autres

Vu dans toutes les écuries du monde : Lolita, propriétaire de Petit Tonnerre, a vu que Aurore avait tondu son cheval Caramel. Choquée, Lolita n’a pas tardé à lui faire remarquer combien les chevaux avaient besoin de leur poil pour réguler leur température l’hiver, que ça n’était pas respectueux etc etc etc. Ou bien, Aurore, observant Lolita monter Petit Tonnerre, et choquée de constater que Petit Tonnerre travaillait systématiquement l’encolure en Norvège et les abdos au Kazakhstan, n’a pas pu s’empêcher de suggérer une bonne paire de rênes allemandes pour redresser tout ce désordre.

Alors, on respire un grand coup, et on évite de se mêler des affaires des autres. On commence par balayer devant chez soi, on a déjà suffisamment de travail pour gérer correctement son propre cheval avant de commencer à se préoccuper de ce que font les autres.

4. La boîte à idée pour garder ses pensionnaires calmes et heureux

Quand on gère une écurie, c’est un sacré boulot que de gérer les exigences des uns et des autres. Afin d’éviter de passer son temps à écouter les plaintes de chacun, il y a une solution qui marche pas mal : la boîte à idées / remarques / suggestions.

Votre client note sur un papier une remarque, ou bien une idée concernant l’écurie, et la place dans la boîte à idée à la disposition de tous. Une fois par semaine, vous ouvrez la boîte et prenez le temps de réfléchir à chaque idée / remarque, dans le calme.

5. Le fitness émotionnel, ça n’est pas que pour les chevaux

Quand ça part en live, dans une écurie, c’est souvent qu’à un moment, un humain n’a pas géré ses émotions avec sagesse et a réagi avec un peu trop d’impulsivité.

La bonne idée, pour éviter de devenir le fardeau qui plombe l’ambiance, c’est d’apprendre à gérer ses émotions. Il existe plein de techniques qui marchent très bien : la méditation, le yoga, la respiration en carrée, parmi tant d’autres.

6. Exprimez-vous, avec politesse et diplomatie

Si, par hasard, quelque chose devient vraiment pesant dans votre écurie : un management qui bat de l’aile, une surpopulation des prairies, un mauvais entretien des boxes ou des clôtures… Il devient urgent de le dire pour le bien-être des chevaux.

Bien sûr, d’un gérant à l’autre, il ne sera pas aussi simple de discuter et d’exprimer un problème. Il est vrai, je l’admets, que rares sont les gérantes d’écurie disposés à être critiqués ou même prêts à entendre une remarque. Cependant, il vaut mieux exprimer tout de suite un problème plutôt que de le laisser mariner et qu’il explose 5 mois plus tard en une folle dispute telle que les gens de chevaux savent bien les faire.

Exprimez votre problème à un moment opportun, voire même, prenez rendez-vous. Prenez le temps d’exprimer en douceur votre problème, en expliquant pourquoi ça ne vous convient pas et en proposant des solutions faisables. Écoutez l’autre, et j’ai envie de dire, Inch’allah.

7. Si les choses ne changeront pas : partez

Parfois, discussions, négociations, arrangements ne permettent pas d’améliorer la situation. Si vous constatez que le gérant n’est pas disposé à s’adapter, ne cherchez pas à tout prix à forcer. Après tout, c’est chez lui… Il faudra peut-être envisager de trouver un endroit qui vous conviendra le mieux. (et je sais que c’est une vraie galère, mais parfois on n’a pas le choix)

8. En piste, faites preuve de respect de l’autre

Étant une praticienne fondamentalement orienté Horsemanship, il m’est arrivé très souvent d’être face à un clash des cultures en arrivant en piste au milieu de cavaliers de dressage peu prompts à tolérer mes cercles en lasso (je comprends, je comprends).

La bonne idée, c’est déjà de demander la permission avant d’entrer. Ensuite, si quelqu’un est à cheval, demander si l’on peut travailler au sol (en longe ou en liberté – surtout en liberté), si ça ne gêne pas. Ensuite, la seconde bonne idée, c’est d’expliquer ce que vous allez faire pour que l’autre pige votre tracé (surtout si vous débutez des patterns farfelus). Enfin, respecter les priorités c’est quand même pas mal, et si vous vous trompez, s’excuser c’est aussi une super idée.

En dernier, je dirai que la piste devrait être un endroit de calme et de concentration, faites-en un peu une Église où chacun fait ce qu’il veut (dans les limites du bien-être animal of course).

9. Gérer les boulets, ce dilemme équestre par définition

Même si vous faites tous les efforts du monde, il y aura toujours une mère Michu pour venir vous les briser alors que vous n’avez rien demandé.

Alors, on fait quoi : un uppercut dans la tronche ou bien on la joue faux-cul finaude ?

Si quelqu’un vient rabâcher des conseils non-demandés… Si ce quelqu’un commente tout ce que vous faites et pas toujours gentiment… Si ce quelqu’un juge à tout va sans discrétion… Parfois, simplement dire que vous n’êtes pas d’accord et que vous n’avez pas besoin de ces commentaires peut suffire. Avec un sourire et de la gentillesse, parfois, ça passe. Parfois pas. Je croise les doigts pour vous.

Dites-moi, vous qui êtes probablement aussi en écurie… Je suis sûre que vous avez une histoire complètement dingue avec des gens fous qui ont fait des choses invraisemblables à raconter. C’est le moment de vous libérer en commentaire !

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2 thoughts on “9 conseils pour survivre à l’écurie

  1. Tu as raison. Mon plus gros défaut était de donner des conseils non sollicités. A chaque fois, je me faisais rembarrer. Du coup, maintenant je les donne sur YouTube et les écoute qui veut. C’est bien mieux comme ça.
    Laurent – Progresser avec son cheval.

  2. La limite est souvent très fine entre l envie de partager ses expériences et l intrusion ou l égocentrisme : pas facile à gérer surtout aux écuries

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